Mercato raté : Trubin, le gardien buteur qui aurait pu porter le maillot de l’OM

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

En cette saison 2025-2026, l’OM poursuit sa quête de grandeur européenne. Pourtant, une photo douloureuse revient hanter les supporters marseillais : celle d’Anatoliy Trubin, le gardien qui a éliminé leurs rêves de qualification en Ligue des Champions. Et ironie tragique, l’Ukrainien aurait très bien pu être un héros phocéen, si le mercato 2023 avait tourné autrement.

Trubin, le bourreau de l’OM devenu héros de Benfica

Le 5 novembre 2025 restera une soirée gravée dans le marbre pour les fans de Benfica. Anatoliy Trubin, gardien ukrainien, égalise de la tête à la 95e minute contre le Real Madrid, propulsant le club lisboète devant l’OM au classement. Un but historique, le premier jamais inscrit par un gardien contre le géant madrilène en Ligue des Champions. Et surtout, un coup de poignard pour Marseille, qui voit ses espoirs européens s’envoler (source : Onze Mondial).

Ce n’était pourtant pas une inconnue du football marseillais. Selon un article du Quotidien du Sport, l’OM avait bien songé à recruter Trubin à l’été 2023, alors que le portier évoluait encore au Shakhtar Donetsk. Le profil était séduisant : jeune (22 ans à l’époque), expérimenté en Coupes d’Europe, physique impressionnant (1m99), et techniques déjà solides malgré son jeune âge. Il représentait une véritable solution d’avenir pour concurrencer Pau López.

Pourquoi le transfert a capoté

Malgré l’intérêt, le transfert ne s’est jamais concrétisé. La principale barrière ? Le prix. Estimé à 20 millions d’euros, Trubin représentait un investissement risqué pour un poste où Pau López était considéré comme un titulaire indiscutable. Dans une stratégie de gestion contrôlée des finances imposée par la direction olympienne — alors encore marquée par les errements passés — cette dépense semblait difficilement défendable. C’est Benfica qui a flairé le bon coup et attiré le gardien à l’été suivant. Un coup gagnant.

À cela s’ajoute une politique sportive qui a parfois manqué de flair ces dernières saisons à Marseille. Pendant que le PSG verrouillait Gianluigi Donnarumma comme son n°1, l’OM, lui, jonglait entre renouveau et urgence, sans instaurer une hiérarchie durable dans ses cages. Au final, le club de la capitale a su miser sur la stabilité dans les buts, un secteur où Marseille accumule les regrets.

Quel impact pour l’OM en 2025-2026 ?

L’histoire de Trubin n’est pas qu’une anecdote de mercato manqué. Elle illustre une fois de plus les limites structurelles de l’Olympique de Marseille dans son ambition européenne. Alors qu’en Ligue 1 l’équipe entraînée par De Zerbi alterne éclairs de génie et contre-performances frustrantes, c’est dans les confrontations continentales que ces manques se paient cash.

En ratant Trubin, Marseille a probablement manqué un leader silencieux, un joueur capable de faire la différence dans les moments clés. Son but contre le Real Madrid n’est qu’un symbole parmi d’autres de son sang-froid et de sa capacité à sortir du cadre traditionnel de son poste. Dans un football moderne où le gardien doit aussi être relanceur, chien de garde ou même buteur de dernier espoir, Trubin apparaît comme le prototype parfait. L’OM, hélas, a raté le coche.

Alors que la rivalité OM – PSG continue de rythmer le championnat, ce genre de dossier démontre pourquoi le club phocéen peine encore à rattraper son éternel rival en termes de recrutement et de constance à haut niveau. À Paris, on investit pour gagner l’Europe ; à Marseille, on mise, trop souvent, sur des paris à court terme.

Leçon à retenir pour Pablo Longoria et son staff : oser prendre des risques calculés. Trubin aurait pu être la révélation marseillaise de la saison. Il est devenu le cauchemar de l’OM, à quelques milliers de kilomètres, vêtu de rouge et blanc.

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