La saison 2025-2026 de l’Olympique de Marseille prend un tournant compliqué, et pas seulement sur le terrain. L’élimination dès la phase de groupes de Ligue des Champions, après une lourde défaite face au Club Brugge (0-3), coûte cher au club phocéen, dans tous les sens du terme. Au-delà du camouflet sportif, c’est tout l’équilibre financier de l’OM qui vacille. Une situation critique, qui pourrait forcer l’actionnaire majoritaire Frank McCourt à remettre la main à la poche. Zoom sur une situation explosive, à l’aube d’un mercato crucial pour l’avenir du club.
Une élimination en Ligue des champions au lourd tribut économique
Le revers face à Bruges n’a pas seulement mis fin aux espoirs européens de l’OM, il a également vidé les caisses. Comme le rapporte L’Équipe, l’OM a perdu entre 6,68 et 8,89 millions d’euros de primes liées à une éventuelle qualification pour les huitièmes de finale et aux bonus de performances. Une manne qui aurait pu financer les dernières recrues du club, comme Quinten Timber, arrivé cet été, ou couvrir une partie du prêt du prometteur Ethan Nwaneri.
Au total, malgré les droits TV et l’historique européen favorable, la campagne de Ligue des champions permettra à l’OM d’empocher environ 53 millions d’euros – loin des objectifs initiaux basés sur un parcours au moins jusqu’en huitièmes. Ce manque à gagner tombe au pire moment, alors que le club cherchait à consolider sa place dans le top 20 européen, sur fond de rivalité économique et sportive avec le Paris Saint-Germain.
Un modèle économique mis à mal et un déficit estimé à 37 millions d’euros
Depuis l’arrivée de Pablo Longoria à la présidence, le modèle marseillais repose en grande partie sur les revenus générés par la Ligue des champions. Cette stratégie ambitieuse, mais risquée, se retourne aujourd’hui contre le club. D’après toujours L’Équipe, un déficit de 37 millions d’euros est attendu pour l’exercice en cours. Un gouffre que les ventes de Robinio Vaz pour 25 millions à la Roma, ainsi que le dégraissage de plusieurs joueurs aux salaires élevés, ne suffisent pas à combler.
La situation oblige la direction à revoir ses plans pour le mercato d’hiver : certaines recrues ciblées pourraient être retardées, voire annulées. Des options d’achats prévues sur des prêts pourraient ne pas être activées, dans l’attente de ressources financières plus stables. À titre de comparaison, un PSG structurellement plus solide et financé par le Qatar, reste à l’abri de tels risques économiques, creusant encore l’écart en termes de compétitivité.
Frank McCourt, ultime bouée de sauvetage ?
Tous les regards se tournent désormais vers Frank McCourt. Le propriétaire américain, arrivé en 2016, a déjà injecté plus de 750 millions de dollars dans le projet marseillais, alternant entre ambitions sportives et restructurations économiques. Il a souvent répondu présent en période de turbulence. Mais après plusieurs années de pertes récurrentes, est-il encore prêt à investir ?
Dans une saison où l’OM est aussi engagé dans la Coupe de France et se bat pour rester sur le podium de Ligue 1, toute instabilité financière résonne sur le groupe sportif dirigé par l’entraîneur Marcelino. Le risque est clair : sans nouvelle injection de McCourt, Marseille pourrait devoir sacrifier ses ambitions à court terme pour retrouver de l’équilibre à moyen terme. De quoi compromettre encore plus son image face à son éternel rival parisien, dont la constance sportive et financière paraît de plus en plus éloignée.
Quel avenir pour l’OM dans cette saison 2025-2026 ?
Avec une Europe qui s’est envolée, un budget déséquilibré et un effectif désormais en question, l’OM entre dans une phase délicate. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si McCourt acceptera de miser à nouveau sur son club, ou s’il exigera une restructuration drastique. Une chose est sûre : à Marseille, l’équilibre sportif est indissociable de la stabilité financière. Sans cash-flow, pas de rekindling d’espoir. Sans C1, l’OM n’est plus en mesure de rivaliser avec le PSG sur aucun plan.
Alors que les Phocéens pourraient devoir dire adieu à certains de leurs talents les plus prometteurs pour survivre économiquement, Paris, lui, continue d’étoffer son effectif sans contrainte majeure. La rivalité historique entre les deux clubs n’en est que plus marquée : l’un lutte pour exister, l’autre continue de dominer.