L’Olympique de Marseille traverse décidément une saison 2025-2026 à haute tension. Après la cruelle élimination en Ligue des champions fin décembre, le club phocéen a de nouveau vécu un scénario catastrophe ce week-end face au Paris FC. Menant 2-0 à dix minutes du terme, les hommes de Roberto De Zerbi se sont effondrés en concédant deux buts, dont un penalty dans le temps additionnel. Une nouvelle désillusion qui ne passe plus auprès des supporters marseillais, exacerbant la contestation autour du coach italien.
Une gestion de match sous le feu des critiques
Les réseaux sociaux ont été le théâtre d’une explosion de colère après la rencontre. Les choix tactiques de De Zerbi, déjà décriés depuis plusieurs semaines, sont désormais frontalement mis en cause. Beaucoup ne digèrent pas ses remplacements durant le second acte : la sortie de Timber, excellent jusqu’ici, suivie des entrées de Traoré et Nwaneri jugées illisibles dans le contexte du match.
Le tweet viral d’un supporter résume cette frustration : «Tu sors Timber c’est lui qui sécurisait tout, tu prends 2 buts. Tu fais rentrer Traoré à la place de Nwaneri qui fait une entrée de merde. Tu sais pas coacher mec » (@Adammser, Twitter, 31 janvier 2026). La panique tactique affichée dans les dernières minutes devient un symbole du malaise autour du banc marseillais. Des changements jugés précipités, justifiés partiellement par la nécessité de préserver des forces avant le match contre Rennes mardi, mais qui ont profondément désorganisé l’équipe.
Un style de jeu qui ne passe plus
Au-delà de cette rencontre, c’est l’ensemble du projet mis en place par Roberto De Zerbi qui est remis en cause. Les critiques se concentrent sur son style de jeu jugé trop stérile pour la Ligue 1 : possession excessive, latéralité abusive, peu de verticalité. Un internaute résume ce sentiment : «De Zerbi est bon mais ne correspond pas à l’OM et à la Ligue 1. Un an et demi de jeu latéral et de passes en arrière » (@Honieoklm, Twitter, 31 janvier 2026).
Cette philosophie, si elle permettait à Brighton d’enchanter par instants en Premier League, semble déconnectée des exigences concrètes du football français, ultra physique et orienté vers la transition rapide. Cette dissonance pose un vrai problème identitaire à l’OM, qui cherche depuis des années à retrouver une stabilité sportive mais aussi une cohérence dans son discours de jeu.
Benatia, Longoria et la pression du court terme
Le choix de De Zerbi en provenance de Brighton, acté par la direction marseillaise à l’été 2024, semble aujourd’hui fragilisé. Mehdi Benatia, directeur sportif, et Pablo Longoria sont eux aussi pointés du doigt. Beaucoup leur reprochent d’avoir misé sur un nom prestigieux sans prendre en compte les exigences du football hexagonal et du caractère volcanique de l’environnement marseillais.
Alors que le PSG continue d’enchaîner les succès en championnat et mène une politique sportive bien huilée autour de Luis Enrique, l’OM donne l’impression de stagner. La rivalité historique entre les deux clubs semble plus que jamais déséquilibrée. Et la perspective d’un nouvel échec cette saison, avec une place européenne qui s’éloigne, serait une claque de trop pour les supporters.
Quel avenir pour De Zerbi ?
Tacticien reconnu, Roberto De Zerbi ne parvient pas à faire passer son message et surtout à imposer une dynamique conquérante. Si la direction affirme ne pas envisager de changement immédiat, il est difficile d’imaginer un statu quo en cas de nouvelle contre-performance face à Rennes, adversaire direct pour l’Europe.
Dans ce contexte d’instabilité, l’identité de jeu, la force collective et la cohérence des choix tactiques deviennent des enjeux majeurs. Un nouvel échec viendrait accentuer la fracture entre l’équipe, ses dirigeants et son public. Et face à un PSG au sommet de son art, cette désunion ne peut que creuser un fossé déjà bien profond entre les deux ennemis historiques du football français.
À l’heure actuelle, l’OM semble à la croisée des chemins. Soit trouver l’équilibre entre esthétique et efficacité, soit sombrer de nouveau dans un éternel recommencement décevant.