Après la déroute retentissante face au Club Bruges, Pablo Longoria est enfin sorti de son silence. Dans le cadre du déplacement de l’Olympique de Marseille face au Paris FC samedi dernier en Ligue 1, le président marseillais s’est exprimé sans filtre au micro de BeIN Sports. Une prise de parole attendue qui fait aussi écho à la rivalité avec le PSG, car l’OM est englué dans une saison 2025-2026 aussi paradoxale qu’instable, ! un contraste marquant avec le parcours solide du club parisien. Entre ambitions européennes, mercato incertain et soutien affirmé pour Roberto De Zerbi et Mehdi Benatia, retour sur les vérités de Longoria.
Une élimination européenne douloureuse mais assumée
La première question a logiquement porté sur la débâcle européenne. Après un début plutôt solide en phase de groupes de Ligue Europa (9 points en 6 matchs), l’OM a vu son rêve européen s’effondrer, terminant à égalité de points mais éliminé à la différence de buts. Longoria l’admet : « Avoir perdu de cette manière contre Bruges, c’est une défaite qui n’est pas acceptable ». Mais le président souhaite garder la tête froide. Plutôt que de pointer du doigt rapidement, il aborde une problématique plus globale : l’irrégularité chronique de son équipe. Capable de renverser le PSG (2-1 au Vélodrome) puis incapable de battre des clubs comme Clermont ou Nantes, l’OM version De Zerbi peine à enchaîner.
À travers cette déclaration, Longoria cible indirectement un mal récurrent à Marseille : le manque de constance dans la performance, qui contraste d’ailleurs avec la machine huilée qu’est le PSG, déjà largement en tête de la Ligue 1 Uber Eats 2025-2026. Une piqûre de rappel sur la différence de stabilité entre les deux clubs rivaux.
Mercato et instabilité : Longoria entre ambition et contraintes
Interrogé sur l’instabilité structurelle à l’OM, un point régulièrement dénoncé par Roberto De Zerbi lui-même, Longoria assume aussi une part de responsabilité. Le président souligne que son entraîneur cherche à bâtir un projet stable, mais que les contraintes financières imposent des ajustements constants. « Benfica prend 57 millions d’euros des droits TV, l’OM seulement 17 », rappelle-t-il, soulignant l’écart budgétaire qui limite sa marge de manœuvre. Cette déclaration met en perspective les défis du mercato, un domaine souvent critiqué où l’OM peine à rivaliser avec les mastodontes européens – et encore plus avec le PSG, régulièrement boosté par ses ressources colossales.
Si Longoria reconnaît les limites financières, il souligne aussi l’évolution du niveau de l’équipe en cinq ans, évoquant un groupe plus mature, mieux préparé tactiquement mais encore trop fragile mentalement. Il s’agit là d’un appel à plus de patience, mais aussi d’un signal envoyé à l’entourage du club : l’OM ne peut plus fonctionner dans l’urgence permanente.
Stabilité au sommet : De Zerbi et Benatia en confiance
Alors que les rumeurs récentes faisaient état d’un éventuel désaccord entre la direction et le coach italien, Longoria a tenu à éteindre tout début d’incendie. « À aucun moment il n’y a eu de discussion sur un départ du coach », a-t-il assuré. Il insiste sur un fonctionnement basé sur l’analyse et le dialogue au sein du trio Longoria-De Zerbi-Benatia. Cette mise au point est cruciale dans une saison où l’OM joue encore sur plusieurs tableaux : maintien d’un top 4 en Ligue 1, qualification pour la Ligue des Champions 2026-2027, et un parcours espéré en Coupe de France (compétition remportée par le PSG en 2024).
Longoria en profite aussi pour clamer haut et fort sa confiance en Mehdi Benatia, directeur sportif arrivé il y a moins d’un an. Selon lui, l’ancien international marocain incarne parfaitement les valeurs et les équilibres du club. Un soutien ferme qui vise aussi à rassurer les supporters, de plus en plus sceptiques face aux décisions sportives malgré l’aura de Benatia dans le monde du football.
Quel impact sur la suite de la saison 2025-2026 ?
L’intervention de Longoria ne relève pas du hasard : elle vise à remettre de la clarté et du cap dans un projet parfois flou. L’OM, qui affiche actuellement une bonne position dans la course aux places européennes (5e à la J25), doit profiter de cette stabilité annoncée pour faire fructifier son potentiel. Car si sur le terrain les talents comme Vitinha, Kondogbia ou Harit peuvent briller, c’est hors du terrain que se joue aussi leur avenir sportif.
Cette prise de parole marque donc un tournant. À défaut de pouvoir rivaliser financièrement avec le PSG, l’OM veut miser sur la cohérence et le long terme. Un choix risqué dans une ville aussi passionnelle que Marseille, mais qui pourrait bien, en cas de résultats concluants en fin de saison, constituer une fondation solide pour 2026-2027. Les regards sont désormais tournés vers De Zerbi et Benatia, appelés à prouver que stabilité et ambition ne sont pas incompatibles sur la Canebière.