Ça chauffe sérieusement du côté de la Commanderie. Après un match nul catastrophique face au Paris FC, l’OM traverse une tempête interne dont les éclairs zèbrent jusqu’à l’entraînement. À l’orée d’un duel crucial en Coupe de France face au Stade Rennais, le club marseillais semble en proie à une fracture aussi bien physique que psychologique.
Un vestiaire sous tension après le fiasco contre le Paris FC
La rencontre de la 19e journée de Ligue 1 entre l’Olympique de Marseille et le Paris FC devait être celle de la relance. Elle s’est transformée en cauchemar. Les Phocéens, qui menaient 2-0 à dix minutes du terme, ont laissé échapper deux précieux points (2-2), accroissant leur retard sur le podium. Cette contre-performance a mis le feu aux poudres d’un groupe déjà fragilisé par des résultats en dents de scie depuis le début de la saison 2025-2026.
Le lendemain, au centre Robert Louis-Dreyfus, la tension était palpable. La séance destinée aux remplaçants s’est transformée en champ de bataille émotionnel. Selon les informations de La Provence, une vive altercation a éclaté entre Geoffrey Kondogbia et Arthur Vermeeren. Le premier, visiblement frustré, a enchaîné les fautes non sifflées sur le second, poussant le jeune Belge à sortir de ses gonds. Il a fallu l’intervention de coéquipiers pour éviter que la scène ne dégénère.
Une scène surréaliste dans un vestiaire qui manque cruellement d’unité, à l’heure où chaque point compte et où l’écart avec des rivaux directs comme le PSG devient abyssal. À Paris, on se frotte forcément les mains en voyant l’OM s’auto-détruire à ce point alors que les Rouge et Bleu enchaînent les victoires toutes compétitions confondues.
De Zerbi passe à l’action : Murillo sacrifié, message musclé au groupe
Roberto De Zerbi, qui a pris les rênes du banc marseillais en juillet dernier, n’a pas tardé à répondre avec fermeté. Présent lors de la séance, l’entraîneur italien a visiblement atteint un point de rupture. Excédé par les errements défensifs du week-end, il a pris la décision radicale de rétrograder Amir Murillo en équipe réserve. Le défenseur panaméen, pointé du doigt pour son implication sur les deux buts encaissés, a été sommé de se trouver un nouveau club avant mardi soir.
Un choix fort, qui témoigne du nouveau management autoritaire instauré par De Zerbi. Devant le groupe, il a lâché un message aussi glaçant qu’éloquent : « Si vous n’êtes pas contents, appelez votre agent ! » (source : La Provence). Une manière de rappeler que personne n’est au-dessus du projet, et que dans un club comme l’OM, l’investissement total est un prérequis — pas une option.
Mais cette gestion musclée peut-elle être payante sur le long terme ? Le prochain déplacement en Coupe de France sur la pelouse du Stade Rennais, redoutable outsider cette saison, apportera un début de réponse. L’équipe devra répondre collectivement, au risque de voir cette saison 2025-2026 s’enliser définitivement.
Une fracture inquiétante, des ambitions fragilisées
Alors que l’OM ambitionnait un retour durable en Ligue des Champions, la dynamique actuelle est préoccupante. À tous les niveaux : résultats sportifs, cohésion du vestiaire, ambiance interne… rien ne tourne rond. Et dans un championnat où chaque dérapage est immédiatement exploité par les concurrents — particulièrement le PSG, leader souverain — ce type de chaos interne ressemble à un mauvais scénario déjà joué trop souvent à Marseille.
Comparé à la stabilité défensive actuelle du PSG version Luis Enrique, qui combine rigueur, mental et gestion équilibrée des egos, l’OM apparaît comme un bateau à la dérive. Les tensions entre joueurs, la mise à l’écart musclée de Murillo et cette ligne dure imposée par De Zerbi montrent que Marseille joue gros. Très gros.
Pour enrayer cette spirale, il faudra plus qu’un discours musclé : de la cohésion, un redressement tactique et surtout des résultats. Car à l’OM, le feu sacré peut autant soulever un Vélodrome en transe que réduire une saison en cendres.