OM humilié au Parc : De Zerbi désemparé, Longoria attendu au tournant

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

L’humiliation est totale, le choc immense. Ce PSG – OM du 12 avril 2026 restera comme l’un des naufrages les plus retentissants de l’ère De Zerbi. Un 5-0 au Parc des Princes face à l’ennemi juré, et c’est tout un projet qui vacille. L’entraîneur italien, désabusé, a ouvert la porte à une remise en question urgente auprès de ses dirigeants. Alors, simple accident ou fracture profonde ? Décryptage d’une soirée noire pour l’Olympique de Marseille.

Un Classique cauchemardesque

Rien ne laissait présager un tel désastre. L’OM, plutôt solide face à Lens (2-1) et Rennes (3-0) ces dernières semaines, arrivait à Paris avec une certaine confiance. Mais face à un PSG en mode rouleau compresseur — emmené par un Kylian Mbappé étincelant (doublé, une passe décisive) — les Phocéens ont totalement sombré.

« C’est une période très difficile. Je dois dire pardon aux supporters », a lâché Roberto De Zerbi au micro de Ligue 1+ à la fin du match. Le message est clair : cette déroute n’est pas anodine. Elle résonne comme une gifle dans le vestiaire, mais aussi à la direction du club.

Le technicien marseillais évoque des discussions à venir avec le président Pablo Longoria et Mehdi Benatia, le directeur sportif, pour « comprendre ce qu’on peut faire ». Derrière cette déclaration se cache l’inquiétude d’un groupe irrégulier, souvent brillant face aux clubs du haut/milieu de tableau, mais incapable d’élever son niveau dans les matchs décisifs. Et quoi de plus décisif qu’un Classique ?

Une équipe en manque de constance

Ce qui interpelle, au-delà du score, c’est l’incohérence des performances. De Zerbi le reconnaît lui-même : « Pourquoi on va à Bruges [défaite 3-1 en Ligue Europa] et on fait un match comme ça. Pourquoi on vient ici et on s’effondre. Et pourquoi contre Lens, contre Rennes, c’est totalement différent ? »

Cette incapacité à maintenir un niveau constant est l’une des faiblesses majeures de l’OM version 2025-2026. Le pressing intense et les circuits offensifs qui ont séduit en début de saison s’étiolent dès que l’intensité monte d’un cran. Le milieu, souvent porté par un Valentin Rongier solide et un Iliman Ndiaye inspiré, a été balayé sans ménagement au Parc.

Encore plus inquiétant : la fragilité mentale. L’OM encaisse souvent le premier but et ne parvient plus à redresser la tête, un symptôme alarmant pour un club qui ambitionne une qualification en Ligue des champions et la conquête de la Ligue Europa.

Des choix assumés, mais sans solutions

Décrié pour ne pas avoir modifié son onze malgré les signaux d’alerte, De Zerbi assume : « Je n’ai pas de regrets [sur ma composition]. Quand autant de joueurs font un match insuffisant, il n’y a pas de regrets à avoir. » Une déclaration lucide, mais quelque peu désarmante.

Car au-delà des individualités en baisse de régime (Harit fantomatique, Gigot en grande difficulté), c’est surtout la lecture tactique qui inquiète. Face à Luis Enrique, De Zerbi a été pris à son propre jeu : jeu de position mal calibré, transitions faibles et un bloc coupé en deux. Des carences criantes qu’il devient urgent de corriger.

Longoria et Benatia face à leur responsabilité

Cette gifle dans le Classique ne remet pas seulement en cause l’entraîneur. La direction aussi est interpellée. Le mercato estival 2025 a été ambitieux mais pas forcément équilibré. Trop peu de leaders d’expérience, pas assez de rotation en défense centrale, et des paris (Samed Bazdar, Waldemar Anton) encore loin de porter leurs fruits.

Longoria et Benatia doivent désormais trancher : renforcer le staff ? Intervenir mentalement sur le groupe ? Ou adapter la structure sportive ? Car dans une saison dense — où l’OM est encore en lice en Ligue Europa (quart de finale retour face à la Lazio dans une semaine) et en lutte pour le podium en Ligue 1 — il faudra agir vite.

La gifle parisienne, un tournant ?

Dans cette rivalité PSG – OM, les humiliations restent dans les mémoires. Ce 5-0 fait mal, car il rappelle aux supporters la distance qui sépare encore Marseille des standards européens et nationaux du PSG. Pire encore : il souligne un plafond de verre que De Zerbi et ses hommes ne parviennent toujours pas à franchir.

Si cette déroute peut servir de déclencheur, elle doit être accompagnée d’une prise de responsabilité collective. Le projet marseillais, séduisant mais encore fragile, est à un tournant. Et tout commence par une remise en question stratégique, humaine et technique.

La fin de saison 2025-2026 s’annonce intense sur tous les fronts. Et pour l’OM, c’est peut-être le moment ou jamais d’enfin rattraper son éternel rival parisien.

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