L’OM tangue en cette saison 2025-2026, et après la gifle reçue au Parc des Princes (5-0 face au PSG), le nom de Roberto De Zerbi est sur toutes les lèvres sur la Canebière. Mais s’en séparer n’est pas une option aussi simple qu’elle en a l’air. Derrière les frustrations sportives se cache une équation économique explosive que Frank McCourt refuse de résoudre à n’importe quel prix.
Un coût astronomique qui freine toute décision
Si les supporters marseillais, encore sonnés par l’humiliation au Classique, réclament la tête de De Zerbi, la direction du club, elle, est paralysée par le montant colossal du licenciement. Selon RMC Sport, l’indemnité de départ de l’Italien et de son staff s’élèverait entre 10 et 15 millions d’euros. Une somme que l’actionnaire Frank McCourt n’est pas disposé à payer.
« McCourt n’a aucune envie de régler les lourdes indemnités d’un licenciement », rapporte RMC. Dans un contexte où l’OM cherche à rester dans les clous du fair-play financier et stabiliser ses comptes, cette dépense serait jugée trop risquée, d’autant que le club n’a pas encore assuré sa qualification européenne.
Mi-octobre déjà, la défaite à domicile contre Reims (1-2) avait soulevé les mêmes interrogations. Mais après avoir investi massivement l’été dernier pour attirer De Zerbi et renforcer l’effectif, la direction olympienne mise davantage sur la stabilisation que sur un nouveau chantier en cours de saison — une posture bien différente de celle du PSG, habitué à trancher rapidement quand un entraîneur n’est plus aligné avec les objectifs du club.
Un possible départ volontaire ? Scénario incertain
Roberto De Zerbi, sous contrat avec l’OM jusqu’en juin 2027, dispose ainsi d’un véritable bouclier économique. Mais certaines sources internes évoquent un autre scénario : celui d’une démission volontaire. L’ancien coach de Brighton, décrit comme « démoralisé » par plusieurs témoins d’après les informations de Onze Mondial, pourrait envisager de rendre son tablier si la situation sportive devenait intenable.
Néanmoins, même une démission mettrait un caillou dans la chaussure olympienne, car De Zerbi exigerait que son staff technique soit indemnisé. Ce qui ramènerait à une facture élevée, bien que moins lourde qu’en cas de rupture contractuelle complète.
Sur le plan sportif, l’OM est encore en quête du top 4 en Ligue 1, et toujours en lice en Coupe de France. Ces objectifs maintiennent De Zerbi sur le banc, à défaut d’un choix plus audacieux ou mieux soutenu financièrement. Le moindre faux pas pourrait néanmoins relancer la pression, surtout si l’OM venait à perdre des points face à des concurrents directs comme Monaco ou Lille.
Et le Classique dans tout ça ? Une humiliation qui laisse des traces
Le 5-0 infligé par le PSG a exacerbé la fracture entre De Zerbi et les supporters marseillais. Avec une rivalité aussi ancrée, une telle débâcle contre l’ennemi juré est perçue comme un affront. À titre de comparaison, les dirigeants parisiens n’auraient sans doute pas hésité à changer d’entraîneur après une telle déconvenue dans le contexte inverse — comme ce fut le cas après certains revers européens cuisants les années précédentes.
Mais l’OM, malgré sa grandeur historique, reste enserré par sa réalité budgétaire. L’actionnaire McCourt, propriétaire pragmatique, ne veut pas hypothéquer le projet à moyen terme pour calmer les tempêtes passagères. Une posture qui divise mais qui révèle une rupture nette entre la passion populaire marseillaise et la logique de gestion américaine.
La série de matches à venir dira si cette approche est viable dans une saison où l’enjeu européen reste vital. De Zerbi, déjà fragilisé, n’a plus le droit à l’erreur. Son avenir, suspendu entre performances et finances, constitue désormais l’un des équilibres les plus instables du football français actuel.