« Le pouvoir » aura eu raison de De Zerbi : une aventure décevante à l’OM

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Roberto De Zerbi n’est plus l’entraîneur de l’Olympique de Marseille. À l’aube de cette saison 2025-2026, la page s’est tournée de manière abrupte. Un an et demi après son arrivée sur la Canebière, l’entraîneur italien tire sa révérence, abandonné par les résultats, usé par l’environnement, et, surtout, rattrapé par ce qu’il appelait lui-même : le pouvoir qu’il disait mépriser. Retour sur une aventure aussi passionnée que frustrante pour celui qui rêvait de redonner à l’OM son rang, face à un PSG de plus en plus impérial.

Un projet ambitieux, vite rattrapé par la réalité

En rejoignant l’OM à l’été 2024, Roberto De Zerbi incarnait l’espoir. Technicien adulé pour sa philosophie de jeu proactive, son arrivée avait suscité l’enthousiasme. « Je ne suis pas venu pour jouer la deuxième place », déclarait-il après un succès contre Monaco (source : conférence de presse d’après-match, décembre 2024). Ses propos résonnaient fort dans un club qui rêve encore de tutoyer les sommets, notamment ceux tenus par le Paris Saint-Germain.

L’été 2024 a vu les recrutement offensifs s’enchaîner du côté phocéen. Avec un PSG privé de Mbappé — parti vers de nouveaux horizons — les supporters marseillais y voyaient une opportunité pour combler l’écart. Pourtant, malgré un effectif séduisant et un style alléchant, le fossé avec Paris est resté béant : l’OM a terminé la saison 2024-2025 à 19 points des Parisiens.

De Zerbi et le PSG : un duel idéologique… perdu sur le terrain

Le torse bombé après la victoire 1-0 au Vélodrome face au PSG en septembre dernier, De Zerbi n’avait pas caché sa satisfaction : « Ils représentent le pouvoir et moi, je n’aime pas ça » (source : conférence de presse d’après-match, septembre 2025). Une déclaration forte contre l’institution parisienne, symbole de domination sans partage en Ligue 1 et désormais en Europe.

Cependant, cette victoire restera un exploit isolé. Lors du Trophée des Champions, Paris a remis les pendules à l’heure (2-2, 4-1 aux penaltys). Et lors de l’humiliation de janvier 2025 – un cinglant 5-0 infligé au Parc des Princes – toute illusion s’est envolée. Ce fut probablement le coup de grâce pour l’Italien, dont la relation avec la direction s’est progressivement tendue.

La cassure semble avoir aussi été technique. Malgré des séquences de jeu séduisantes par moments, l’OM affichait des lacunes structurelles en défense et un manque d’efficacité dans les zones décisives. Les ambitions de De Zerbi étaient claires, mais ses moyens n’ont pas suivi. L’élimination dès les phases de groupes en Ligue des champions, conjugée à un classement décevant (4e à 10 points de Lens), ont entraîné une perte de confiance irréversible.

Un départ symptomatique d’un OM en crise structurelle ?

Le bilan comptable et émotionnel laisse un goût amer. De Zerbi voulait construire, fédérer, faire vibrer. Il repart sans trophée et sans avoir jamais véritablement inquiété le PSG. Son départ symbolise plus largement les limites du projet marseillais face à un club parisien devenu intouchable en France et dominateur en Europe.

Pour la saison 2025-2026, l’OM devra tourner une nouvelle page. Rumeurs, tensions internes, direction pointée du doigt : ce limogeage pourrait bien être le signal d’un tournant plus profond dans la stratégie phocéenne. Alors que Paris poursuit sa construction galactique, Marseille, lui, semble toujours chercher la recette pour retrouver les sommets.

Reste à savoir si le successeur – potentiellement Habib Beye selon les dernières rumeurs (source : Onzemondial, janvier 2025) – pourra enfin mettre fin à la domination sans partage du PSG sur le football français.

En tout état de cause, l’aventure de De Zerbi à l’OM restera comme le symbole d’un idéal brisé : celui d’un homme en guerre contre le pouvoir… mais battu par ce dernier.

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