OM : Pourquoi le départ de Roberto De Zerbi illustre une instabilité chronique à Marseille

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Roberto De Zerbi n’est plus l’entraîneur de l’Olympique de Marseille. Son départ inattendu, à la mi-saison 2025/26, relance un constat glaçant pour les supporters olympiens : la stabilité sur le banc marseillais est une illusion, plus que jamais d’actualité. Retour sur les chiffres frappants derrière cet énième tournant technique.

32 coachs au 21e siècle : le chiffre qui fait trembler

Le départ de Roberto De Zerbi marque le 32e changement d’entraîneur à l’OM depuis le début des années 2000. Un record en Ligue 1. Incluant les intérims, ce chiffre illustre un ballet incessant de techniciens dont aucun, sous la présidence actuelle de Pablo Longoria, n’a su s’ancrer durablement.

Depuis 2021, les noms se sont succédé à un rythme effréné : Sampaoli, Tudor, Marcelino, Gasset… Aucun d’eux n’a bouclé deux saisons consécutives. Pire encore, il faut remonter à Giuseppe Zilizzi en 1947-1949 pour retrouver un entraîneur étranger ayant enchaîné deux exercices pleins à l’OM. Un anachronisme saisissant dans un club ambitieux.

Un ratio de victoires historique… mais un Classique fatal

Si son passage sur la Canebière a été bref, Roberto De Zerbi laisse une empreinte statistique impressionnante. 57 % de victoires en compétitions officielles, c’est tout simplement le meilleur rendement de l’OM au XXIe siècle. Il devance de peu Igor Tudor (56 %) et Jorge Sampaoli (54 %), mais aussi des références solides comme Marcelo Bielsa (51 %) et Didier Deschamps (50 %).

Mais son ultime match contre le PSG, une correction 5-0 au Parc des Princes lors de la 21e journée de Ligue 1 2025/26, a scellé son sort. C’est la plus lourde défaite marseillaise dans un Classique depuis le 8-0 infligé par l’OL en 1997. Un symbole cruel, d’autant plus que De Zerbi devient le premier coach à quitter Marseille juste après un duel face au rival parisien depuis Tomislav Ivic en 2001.

Pour les supporters phocéens comme pour les observateurs du football hexagonal, ce Classique démontre une fois de plus l’incapacité de l’OM à rivaliser durablement avec un PSG structuré, financé, et stable sportivement. Un contraste saisissant entre les deux plus gros palmarès de France.

Un OM compétitif mais institutionnellement instable

Ce départ intervient alors que l’OM, sur le plan du classement, ne sombre pas. Au moment où De Zerbi fait ses valises, le club pointe à la 4e place de la Ligue 1, une position qui laisse encore entrevoir une qualification européenne. Un scénario déjà vécu par Élie Baup (17e journée, 2013-2014) et Marcelino (5e journée, 2023-2024), eux aussi partis alors que l’équipe restait compétitive.

Alors, pourquoi ce turnover incessant sur le banc ? Des tensions internes, des choix de direction parfois illisibles, mais aussi une pression populaire omniprésente font de Marseille un environnement volcanique. Le contraste avec des clubs comme le PSG, où la stabilité de l’organigramme technique reste davantage maîtrisée (malgré quelques secousses, notamment avant l’arrivée de Luis Enrique), est flagrant.

Pour les fans de football et les rivaux parisiens, cet énième départ montre que malgré ses ambitions, l’Olympique de Marseille est encore loin de retrouver la solidité nécessaire pour exister durablement au sommet du football français et européen.

Quels enjeux pour la suite de la saison 2025/26 ?

Ce changement, en cours de saison, laisse une équipe en chantier alors que l’OM est encore engagé en Ligue Europa et lutte pour un podium en championnat. Le timing interroge : peut-on espérer une dynamique sous un nouveau coach, ou faudra-t-il encore une fois revoir les objectifs à la baisse ?

À moyen terme, cette instabilité chronique mine les perspectives sportives. Comment attirer des joueurs ou bâtir un projet cohérent quand l’entraîneur change tous les six mois ? L’OM est pris en étau entre sa passion dévorante et une gestion parfois trop réactive.

Une chose est sûre : ce nouveau départ alimente encore un peu plus la rivalité PSG-OM. Pendant que Paris s’installe dans une relative constance depuis l’après-QSI, Marseille peine à trouver une ligne directrice durable. Pour redevenir un adversaire viablement dangereux sur la scène nationale, l’OM devra affronter ses propres démons en interne… et choisir, peut-être, de miser sur la continuité plutôt que le changement perpétuel.

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