Frank McCourt n’a pas traversé l’Atlantique pour admirer le Vieux-Port. Le propriétaire de l’Olympique de Marseille sera bien présent ce samedi au Stade Vélodrome pour OM – Strasbourg dans un climat électrique. En pleine tempête sportive, cette visite pourrait être bien plus stratégique qu’elle n’en a l’air.
McCourt au Vélodrome : une présence symbolique à un moment crucial
Ce samedi 15 février 2025, pour la 22e journée de Ligue 1, l’OM accueille Strasbourg dans une ambiance plus que tendue. Moins d’une semaine après le cinglant revers face au PSG (0-5 au Parc des Princes) et seulement trois jours après l’annonce officielle du départ de Roberto De Zerbi, Frank McCourt a décidé de répondre présent. Officiellement, ce déplacement découle d’un agenda établi de longue date, lié à sa présence en Europe pour la Conférence de Munich sur la sécurité. Mais difficile, voire impossible, de prendre cette visite comme une simple coïncidence tant le timing est chargé de sens.
Marseille est actuellement 4e de Ligue 1, à trois points d’un Olympique Lyonnais revigoré et toujours engagé dans plusieurs compétitions. L’échec en phase de groupes de la Ligue des Champions a déjà plombé les finances et l’ambition européenne de l’OM. Résultat : le risque de voir l’Olympique de Marseille exclu des places qualificatives pour la Ligue des Champions 2026 est réel. Et contre toute attente, c’est bien face à Strasbourg — équipe réputée difficile à manœuvrer — que le club phocéen devra se relancer.
Entre crise sportive et choix d’un nouveau coach, McCourt face à ses responsabilités
Si sportivement la dynamique est mauvaise, elle l’est tout autant en coulisse. Le départ précipité de De Zerbi a laissé un vide sidéral sur le banc olympien. Le duo Pablo Longoria – Mehdi Benatia est désormais sous pression maximale. D’après L’Équipe, Benatia aurait même proposé sa démission, refusée par la direction, preuve d’un climat interne houleux.
Frank McCourt devrait profiter de sa présence à Marseille pour rencontrer ses deux hommes forts et faire un point global. Et la question du successeur de De Zerbi sera évidemment au centre des discussions. Selon des sources concordantes, plusieurs noms sont à l’étude, parmi lesquels celui d’Habib Beye, figure marquante du club et actuel entraîneur du Red Star. Son profil séduit par son ADN marseillais, mais la direction hésite à lui confier les rênes d’un vestiaire en rupture de confiance.
En attendant, c’est Jacques Abardonado, figure de l’organigramme depuis plusieurs saisons, qui assurera l’intérim face à Strasbourg. Une solution de dépannage qui ne peut s’inscrire dans la durée.
Des décisions à prendre rapidement pour recoller au PSG et sauver la saison
Derrière le dossier de l’entraîneur se cache un enjeu bien plus large pour McCourt et son projet marseillais : redonner de l’élan à un club en manque de constance, à fortiori dans une saison où le PSG écrase la Ligue 1 et semble déjà promis à un nouveau titre.
La gifle subie au Parc (0-5) n’a pas seulement laissé des traces sportives, elle a aussi réveillé les douleurs chroniques de cette rivalité nationale. Chaque saison, les supporters attendent ce fameux Classique comme une occasion de reprendre la main sur la scène médiatique. Cette année, c’est un nouveau camouflet.
Si l’OM veut réduire l’écart et conserver sa stature face à Paris, il lui faut rapidement prendre des décisions fortes : installer un nouvel entraîneur capable d’imposer une identité claire, stabiliser la gestion interne et retrouver de la régularité sur le terrain. Et cela passe immanquablement par des actes concrets dès cette semaine.
McCourt peut-il endosser à distance le rôle du redresseur ? Sa venue, hautement symbolique, laisse penser qu’un tournant est à venir.
Conclusion : vers une accélération des décisions
Alors que le classement commence sérieusement à se resserrer, l’heure n’est plus à la temporisation. Avec un mois de mars particulièrement chargé — déplacement à Rennes, réception de Lille, puis le retour de la Ligue Europa — l’OM se doit de clarifier sa situation en urgence.
Le temps presse. Et McCourt le sait. Sa visite ne sera pas seulement scrutée par les supporters de l’OM, mais aussi par les observateurs du football français — et bien sûr par les rivaux du PSG, eux toujours avides de voir Marseille échouer un peu plus. Une chose est sûre : le futur de l’OM est en train de se jouer, ici et maintenant.