La parenthèse Roberto De Zerbi à l’Olympique de Marseille s’est refermée aussi vite qu’elle s’était ouverte, laissant un vide que Jacques « Pancho » Abardonado tente provisoirement de combler. À la veille d’un match crucial face à Strasbourg, l’entraîneur intérimaire a livré une conférence de presse riche en émotions où il a salué le travail de De Zerbi tout en appelant à une réaction immédiate. Analyse d’un moment charnière dans la saison 2025-2026 de l’OM, alors que la rivalité avec le PSG, toujours en embuscade, pèse lourd sur le moral phocéen.
De Zerbi, un coach déjà regretté par l’OM
Roberto De Zerbi n’aura pas eu le temps d’imprimer pleinement sa philosophie à l’OM. Arrivé en juin 2025, l’Italien a vu son aventure marseillaise brutalement interrompue après une série de résultats décevants, notamment une lourde défaite face au PSG (3-0) au Parc des Princes. De Zerbi laisse derrière lui un vestiaire déboussolé, mais aussi un staff profondément touché, comme en témoignent les mots de Jacques Abardonado : « C’est un coach merveilleux, avec un grand cœur, il m’a accepté dans son cercle très fermé d’adjoints » (propos rapportés par RMC Sport).
Cette déclaration d’amour contraste avec le réalisme brutal du football de haut niveau. De Zerbi, reconnu pour son jeu de possession ambitieux mais risqué, n’a pas convaincu sur les rives du Vieux-Port. Face à un PSG dont l’assise défensive fait aujourd’hui figure de modèle en Ligue 1, l’échec de l’Italien interroge : à vouloir trop jouer, l’OM a-t-il oublié que l’efficacité prime dans un championnat toujours dominé par Paris ?
Jacques Abardonado : entre passion et mission commando
Abardonado, enfant du club, connaît la maison comme personne. Deux ans après un premier intérim mouvementé, le voilà de nouveau propulsé en première ligne. Mais cette fois, il a eu une semaine de préparation. Et entre les lignes pointent des messages forts : « On a essayé d’apporter du positif toute la semaine, en faisant des choses simples », confie-t-il, toujours à RMC Sport. Une volonté claire de revenir aux fondamentaux.
Derrière la logorrhée sincère de « Pancho », un plan se dessine : jouer avec cœur et intensité. Il veut des joueurs revanchards, ambitieux, déterminés. L’objectif est clair : relancer l’OM en Ligue 1 et viser la Coupe de France, un titre qui échappe aux Phocéens depuis 1989. Reste à transformer les intentions en acte, dans un environnement hyper-exigeant où la patience est souvent absente – surtout après une humiliation subie face au PSG, éternel rival qui trace sa route sans turbulence en tête du classement.
Le Vélodrome, théâtre d’un possible (ou énième) tournant
C’est un Orange Vélodrome bouillant qui attend les Marseillais. Et Abardonado ne se fait aucune illusion. « On s’attend à une ambiance particulière, ce qui est logique », annonce-t-il, lucide. Le public marseillais, passionné jusqu’à l’extrême, pourrait réserver un accueil glacial à son équipe, coupable d’avoir perdu son âme contre Paris et relégué à cinq points du podium. Cette pression immense fait de Marseille un club à part – et un enfer pour ceux qui ne supportent pas le feu.
La comparaison avec le Parc des Princes est ici pertinente. Là où les Parisiens ont su créer un environnement plus contrôlé et discipliné autour de Luis Enrique, l’OM vit souvent dans l’émotion. Une force quand il y a victoire, un poison en cas de crise.
Quel avenir pour le banc marseillais ?
Quant à la question de la succession de De Zerbi, Abardonado botte en touche avec franchise : « C’est une question difficile. […] Marseille est un club extraordinaire, dans les deux sens. » L’OM cherche aujourd’hui un coach capable d’accepter la pression, d’imposer son style sans se perdre dans le tumulte. Un entraîneur qui, à l’image d’un Luis Enrique à Paris, saura exploiter la richesse d’un effectif inégal mais talentueux.
En attendant, c’est bien Jacques Abardonado qui a les clés, au moins temporairement. Et face à Strasbourg, l’heure est à la reconquête : celle du Vélodrome, du vestiaire et d’un standing qui ne peut tolérer une saison blanche, surtout lorsque le PSG continue de flamber en Europe comme en championnat.