Le départ de Roberto De Zerbi de l’Olympique de Marseille en plein cœur de la saison 2025-2026 a plongé le club dans une période d’incertitude, à quelques mois d’un printemps européen crucial. Alors que l’OM occupe une précieuse quatrième place en Ligue 1 et s’apprête à affronter Strasbourg ce week-end, le nom d’Habib Beye revient avec insistance pour occuper le rôle de coach. Mais ce choix, apparemment naturel pour certains, suscite déjà plusieurs réserves dans les sphères expertes du football français.
Habib Beye : l’atout du cœur… mais est-ce suffisant ?
Beye incarne à merveille l’identité marseillaise : ancien capitaine respecté, passé par le Vélodrome entre 2003 et 2007, il est aujourd’hui consultant reconnu, mais aussi coach depuis ses expériences à Red Star… et plus récemment à Rennes, où la collaboration s’est soldée dans une forme de discrétion. Son profil séduit une partie des supporters pour sa passion du club et sa connaissance de l’environnement bouillant du Vélodrome. Mais à l’heure où la pression se fait maximale, l’OM a-t-il besoin d’un technicien émotionnel ou d’un stratège aguerri ?
Souleymane Diawara, ancien pilier de la défense marseillaise, a d’ailleurs mis en garde lors de son passage sur RMC : « En termes de pression, il a les épaules… mais est-ce le bon timing ? Être entraîneur à l’OM, c’est deux fois plus de pression. » (source : RMC). Une analyse qui fait écho aux débats internes à la direction, surtout dans une saison où la concurrence avec le PSG est plus féroce que jamais.
Des antécédents inquiétants dans la gestion des hommes
Là où le bât blesse véritablement, c’est du côté du vestiaire. Selon le journaliste Tristan Rapaud de La Provence, également invité sur RMC, Habib Beye traîne derrière lui des épisodes tendus avec plusieurs cadres à Rennes — notamment Brice Samba, Ludovic Blas ou encore Seko Fofana. Des relations compliquées qui posent question : « L’effectif de l’OM n’est pas plus docile. Des personnalités comme Rongier, Aubameyang ou Mbemba exigent une gestion émotionnelle alignée sur les ambitions du club. »
Le PSG, rival naturel et vitrine de la rigueur tactique, semble avoir anticipé depuis bien longtemps ces enjeux. Luis Enrique a su imposer un système solide, une hiérarchie claire et une exigence constante, qui permettent aujourd’hui au club de la capitale de dominer la Ligue 1. À Marseille, où chaque décision est scrutée, la tentation de choisir un homme du sérail s’explique par l’envie de renouer avec une certaine identité. Mais cela suffira-t-il à contrer la machine parisienne et sécuriser une qualification directe en Ligue des Champions ?
Benatia, des tensions internes préoccupantes
Dans les coulisses, Mehdi Benatia, actuel conseiller sportif et figure montante dans l’organigramme marseillais, se retrouve aussi dans la tourmente. Selon plusieurs sources internes au club, il aurait reçu deux avertissements informels de la direction concernant son implication supposée dans la gestion directe du vestiaire et des tensions autour du choix du futur coach. Un point d’attention majeur, alors que le climat interne de l’OM, souvent instable, ne peut pas se permettre une désunion administrative en parallèle d’un défi sportif aussi important.
Conclusion : un OM à la croisée des chemins
La nomination d’Habib Beye comme entraîneur de l’OM ne serait pas seulement une décision sportive, mais une prise de position symbolique entre tradition et modernité, sentiment et résultat. Elle pose indirectement une question fondamentale : à force de vouloir rester fidèle à son ADN, l’OM ne risque-t-il pas de sacrifier la rigueur nécessaire à ses ambitions ? Un pari qui, s’il est mal calculé, pourrait coûter cher — financièrement, sportivement, et en termes d’image. En toile de fond, le PSG observe, sûr de ses forces, pendant que Marseille hésite entre souvenir et stratégie.