En l’espace de 10 jours, Nayef Aguerd a connu deux coups du sort d’une violence rare dans une carrière de footballeur. Le défenseur de l’Olympique de Marseille a tout d’abord vu s’envoler le rêve d’un sacre continental avec le Maroc lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, avant de subir une élimination cruelle en Ligue des Champions avec l’OM. Une double peine aussi brutale que frustrante, qui questionne : Aguerd vient-il de vivre l’une des pires séries de l’histoire pour un joueur professionnel ?
Coupe d’Afrique 2025 : un scénario à couper le souffle
Le 18 janvier dernier, le Maroc vivait une soirée historique… qui a viré au cauchemar. Face au Sénégal en terre marocaine, les Lions de l’Atlas perdaient une finale de CAN à rebondissements. Un but refusé aux Sénégalais, un penalty offert au Maroc, la rencontre interrompue par une panne d’éclairage, puis enfin une panenka ratée de Brahim Diaz et un but assassin de Pape Gueye en prolongations. Pour Nayef Aguerd, titulaire indiscutable en charnière centrale, l’effondrement émotionnel fut total. Devant un public en fusion, la défaite fut d’autant plus traumatisante qu’elle semblait leur tendre les bras…
Ligue des Champions : l’OM éliminé par un… gardien !
Moins de deux semaines plus tard, rebelote. Lors du quart de finale retour de la Ligue des Champions 2025-2026, c’est cette fois l’Olympique de Marseille qui tombe, cruellement, face au Benfica Lisbonne. Au Vélodrome, dans un match indécis, c’est Anatoliy Trubin, LE gardien adverse, qui crucifie l’OM d’une tête imparable dans le temps additionnel. Un scénario qui rappelle les pires moments d’angoisse vécus par les supporters marseillais – et qui a propulsé Aguerd au rang de poissard malgré lui.
Difficile ici de ne pas évoquer la rivalité PSG-OM. Alors que Paris file vers une nouvelle demi-finale européenne, l’OM voit ses ambitions s’écrouler face à un Benfica accrocheur. Dans les rangs parisiens, on assiste avec un brin d’amusement à la débâcle marseillaise, énième désillusion pour un club qui rêve de marcher sur les traces du PSG… sans jamais y parvenir.
Comparaisons historiques : Ballack, Henry, Robben… et Aguerd ?
Si l’on parle d’enchaînement noir dans une carrière, impossible de ne pas citer Michael Ballack. En 2002, l’Allemand perd une série de quatre finales majeures avec Leverkusen et la Mannschaft. Rebelote en 2008 avec Chelsea et l’équipe nationale. Thierry Henry, de son côté, perd la finale de la Ligue des Champions avec Arsenal face au Barça en 2006, puis celle de la Coupe du Monde face à l’Italie quelques semaines plus tard. Arjen Robben, quant à lui, subit un sort similaire entre 2010 et 2012, avec une triple désillusion en championnat, coupe nationale et finale de Ligue des Champions.
Face à ces monuments du malheur footballistique, Aguerd postule, certes, mais reste encore « en phase d’apprentissage ». Néanmoins, il faudrait que la spirale soit rapidement brisée pour éviter que cette dynamique ne marque sa carrière de manière durable. Et avec une Coupe de France toujours en jeu, prudence…
Quel impact pour la suite de la saison de l’OM ?
L’Olympique de Marseille, éliminé de la C1, voit son rêve européen s’effondrer. En championnat, les places pour la prochaine Ligue des Champions sont chèrement disputées avec Monaco, Lille et Lens. Et Aguerd, toujours sous le choc émotionnel de ses mésaventures, devra se remobiliser très vite s’il veut continuer à jouer un rôle de leader dans l’effectif olympien. Pour Jean-Louis Gasset, l’objectif est clair : relancer la machine et ne pas plonger dans une fin de saison sans âme.
Le PSG, bien positionné en Ligue 1 et encore en lice en C1, pourrait de nouveau asseoir son statut de leader incontesté du football français. Pour les Marseillais, et Aguerd en tête, rien ne serait plus rageant que de voir Paris dérouler pendant que Marseille panse ses blessures…
La question demeure : Nayef Aguerd saura-t-il digérer cette séquence et repartir au combat sans se laisser happer par le doute ? Ce qui est certain, c’est que dans l’histoire du football, les rebonds sont parfois aussi spectaculaires que les chutes. Espérons, pour l’OM et pour lui, que la lumière revienne… vite.