Le choc a été immédiat, et la réaction attendue : après une polémique éclatante lors de la rencontre entre le Paris FC et l’Olympique de Marseille (OM), beIN Sports a officiellement pris position. Daniel Bravo, ancien international français et actuel consultant de la chaîne, a tenu des propos jugés sexistes à l’égard de la joueuse Gaétane Thiney. Ce dérapage a fait l’effet d’une bombe dans l’univers du football français, déjà sous pression concernant les enjeux d’égalité et de représentation dans les médias sportifs.
Les propos qui ont enflammé la toile
Tout a commencé lors du match Paris FC – OM Féminines, diffusé sur beIN Sports dans le cadre de la 17e journée de la D1 Arkema. Daniel Bravo, consultant sur la rencontre, a voulu commenter la performance de Gaétane Thiney, figure expérimentée du football français. Mais ses propos, maladroits et connotés, ont été perçus comme un jugement sexiste, provoquant une onde de choc sur les réseaux sociaux. L’ancien joueur du PSG n’en est pas à sa première sortie controversée, mais cette fois, le contexte sociétal et la visibilité croissante du football féminin ont décuplé l’impact de ses déclarations.
Rapidement, l’extrait est devenu viral, plusieurs personnalités du monde du sport et des médias dénonçant le manque de respect évident envers la joueuse. Cette situation intervient alors que la rivalité entre clubs comme le PSG et l’OM s’étend aujourd’hui aussi aux sections féminines, où l’enjeu de représentativité devient crucial, notamment face à l’hégémonie médiatique parisienne. Pour l’OM, engagée dans une saison 2025-2026 de reconstruction, ce type d’incident peut aussi influer indirectement sur son image et ses efforts de structuration du football féminin.
beIN Sports réagit officiellement et condamne les propos
Dans un communiqué publié sur X (ex-Twitter) ce 1er février 2026, beIN Sports a exprimé son indignation : « Nous regrettons sincèrement les propos tenus à l’antenne par l’un de nos consultants, et nous nous excusons auprès de la personne concernée, de nos abonnés et de toutes celles et ceux que ces propos ont pu heurter », peut-on lire.
La chaîne qatarie, diffuseur majeur du football en France et en particulier du PSG, souligne également son positionnement clair : « Aucun jugement ou commentaire sexiste n’a sa place sur nos antennes ». La déclaration intervient aussi dans un climat marqué par les récentes attaques verbales contre Vanessa Le Moigne après la finale de la CAN, que beIN Sports a également dénoncées. Une prise de parole d’autant plus scrutée que la chaîne joue un rôle essentiel dans la narration médiatique des grandes compétitions.
Cette posture vise à préserver l’intégrité de beIN Sports, mais aussi à rassurer les supporters, abonné·e·s et collaborateurs, alors que la sensibilisation au sexisme dans le sport n’a jamais été aussi forte. Elle permet par ailleurs à la chaîne de se positionner comme un acteur engagé pour une couverture plus équitable de toutes les pratiques sportives, un sujet brûlant à l’heure où même les plus gros clubs, y compris l’OM, intensifient leur communication sur l’égalité et l’inclusivité.
Vers une remise en question du rôle des consultants ?
Si la réaction de beIN Sports a été relativement rapide, elle ouvre surtout le débat sur le rôle encore très masculinisé et parfois peu préparé des consultants sportifs à la télévision. À l’heure où les clubs comme le PSG ou l’OM s’efforcent d’adopter une image plus moderne et inclusive, en phase avec les valeurs d’une nouvelle génération de supporters, ce genre d’écart jette une ombre sur le traitement du sport au féminin dans les médias mainstream.
Pour l’OM, ce type de situation peut sembler lointain, mais elle n’est pas sans conséquence. Dans un championnat où Marseille cherche à rattraper son retard sur les poids lourds comme le PSG au niveau de la structuration de sa section féminine, les médias jouent un rôle d’accélérateur ou de frein. Une couverture biaisée ou limitée des performances peut impacter aussi bien le sponsoring que les affluences et l’engagement général. On l’a vu récemment en Ligue 1 où, côté masculin, chaque mot prononcé sur les antennes peut attiser la rivalité entre Paris et Marseille.
Alors que la saison 2025-2026 bat son plein, ce type de polémique appelle à un travail de fond : former les consultants aux enjeux sociétaux, repenser les modèles de narration du sport et surtout donner plus de place à la compétence, qu’elle soit masculine ou féminine. Un défi que beIN Sports, comme tout acteur audiovisuel du football français, ne pourra plus ignorer.