Rien ne va plus du côté de la Canebière depuis le Classique du 12 octobre dernier. Battu 5-0 par un Paris Saint-Germain bien trop fort pour lui, l’Olympique de Marseille a plongé dans la tourmente. Roberto De Zerbi, arrivé à l’intersaison avec l’étiquette de « technicien visionnaire », vit sa première vraie tempête olympienne. En cause : les résultats en dents de scie, une élimination amère en Ligue des Champions et ce revers humiliant face au rival parisien. Mais au milieu de ce chaos, une voix inattendue s’est élevée pour défendre l’Italien… Celle de Luis Enrique.
Un soutien de poids malgré l’humiliation au Parc
Le score a fait mal : PSG 5 – OM 0. Dans un Parc des Princes chauffé à blanc, les Phocéens ont implosé. Totalement dépassée dans l’intensité, l’organisation et le réalisme, la formation marseillaise a subi l’une des plus dures défaites de l’ère moderne face à son ennemi juré. Le « Classique » a confirmé l’écart abyssal entre les deux rivaux cette saison et mis De Zerbi au cœur des critiques.
Dans cette spirale négative, certains attendent déjà la tête du coach italien. Pourtant, en conférence de presse post-match, Luis Enrique, dont l’équipe a brillamment dominé les débats, a surpris tout le monde. L’ancien sélectionneur de l’Espagne n’a pas hésité à afficher un soutien direct envers son homologue marseillais : « J’ai la même estime pour De Zerbi qu’avant le match… Pour moi, c’est l’un des meilleurs entraîneurs de ce championnat », a-t-il déclaré (source : conférence de presse PSG, 12 octobre 2025).
Un message fort, à contre-courant de la pression médiatique et populaire qui pèse sur De Zerbi.
De Zerbi, un style clair mais une efficacité limitée
Si Luis Enrique admire le style De Zerbi – basé sur la possession, le pressing haut et l’audace offensive – les résultats sur le terrain ne suivent pas. En Ligue 1, l’OM pointe à la 7e place après 12 journées, avec une défense parmi les plus perméables du Top 10 (18 buts concédés). En Ligue des Champions, le club a été éliminé dès la phase de groupes, un scénario que les supporters n’acceptent plus. À Marseille, la passion va de pair avec l’exigence.
La comparaison avec le PSG est douloureuse. Pendant que Paris enchaîne les victoires et se montre dominateur sur le plan européen, Marseille peine à exister face aux gros. Le fameux « choc des Olympiques » face à Lyon s’est soldé sur un triste nul 1-1. Contre Monaco et Lille, deux autres cadors nationaux, la défaite fut au rendez-vous. De Zerbi semble pris à son propre piège : celui d’un jeu ambitieux mais trop déséquilibré pour les réalités de la Ligue 1.
Le point de bascule de sa saison ?
Face à cette série noire, l’avenir de De Zerbi à l’OM est clairement en suspens… mais pas encore scellé. Le soutien public de Luis Enrique fait figure de main tendue, et pourrait inciter la direction marseillaise à temporiser avant de trancher. Car au-delà des défaites, c’est l’incapacité à réagir tactiquement qui interroge. Luis Enrique l’a dit lui-même :
« Ce n’est pas simple de trouver les solutions en cours de partie… ». Un constat lucide qui met en lumière les lacunes techniques mais aussi le besoin de laisser le temps à un entraîneur encore jeune. À 46 ans, De Zerbi peut apprendre de cette phase et rebondir – s’il en a l’occasion.
Prochain test crucial : la réception de Lens au Vélodrome, un adversaire toujours difficile à manœuvrer, puis un déplacement périlleux à Nice. Deux matches qui pourraient être décisifs dans le destin de l’entraîneur – et dans la saison olympienne.
Une chose est sûre : si les critiques s’intensifient sur la Canebière, la reconnaissance de Luis Enrique montre que De Zerbi conserve une aura importante dans le microcosme du football européen. Reste à transformer cette estime en résultats concrets. Et vite.