Habib Beye est en passe de prendre les commandes de l’Olympique de Marseille pour la fin de saison 2025-2026. Après une première partie de championnat sous pression et une fin précipitée du projet Roberto De Zerbi, l’OM jouerait la carte de l’identité et de l’urgence en installant l’ancien capitaine marseillais sur le banc olympien. Entre passion, expérience du football hexagonal et proximité avec la nouvelle direction sportive, cette nomination pourrait bien rebattre les cartes pour la fin de saison.
Une opération sauvetage sous haute tension
La saison 2025-2026 de l’OM avait démarré sous le signe de l’optimisme avec l’arrivée de Roberto De Zerbi. Mais entre des tensions en interne et des résultats en dents de scie (7e après 21 journées de Ligue 1), le technicien italien n’a pas fait long feu. Son départ, officialisé dans la nuit du 29 janvier selon Sky Sport, a déclenché une réaction éclair de la direction marseillaise, désireuse d’éviter une nouvelle saison blanche.
Habib Beye, 48 ans, apparait comme le favori pour engager cette mission « commando » jusqu’en juin. Ancien capitaine de l’OM (2003-2007), l’ex-consultant de Canal+ jouit d’une riche connaissance du football français et du contexte marseillais. Son départ du Stade Rennais début octobre, après une série de désaccords tactiques avec la direction, le rend disponible immédiatement. Mieux encore : sa proximité affichée avec le nouveau directeur sportif Mehdi Benatia facilite les négociations.
Selon le journaliste belge Sacha Tavolieri, un accord de principe aurait déjà été trouvé entre les deux parties. Le deal est limpide : un contrat jusqu’à la fin de la saison avec une option de prolongation, indexée aux résultats et à la dynamique insufflée au vestiaire.
Beye à l’OM : risques mesurés ou pari audacieux ?
Sur le papier, certains supporters pourraient y voir un coup de poker. Depuis son expérience mitigée (mais formatrice) avec le Red Star en National, Habib Beye n’a pas encore dirigé en Ligue 1. Pourtant, son profil répond à plusieurs nécessités actuelles du club :
- Identité OM : ancien joueur emblématique, leader naturel, Beye est familier de la ferveur du Vélodrome et de la pression populaire.
- Bonne communication : apprécié pour ses analyses pertinentes sur les plateaux télé, Beye sait poser un discours clair et accessible, de quoi reprendre un groupe moralement abîmé.
- Lien avec la direction : sa relation étroite avec Benatia permet une synergie rarement observée ces dernières années dans les projets marseillais.
Sur le plan tactique, l’OM devrait basculer vers un schéma plus direct et athlétique, en rupture avec le jeu de possession proposé par De Zerbi. Un style plus fonctionnel, efficace, et sans fioritures – à l’image du Beye joueur.
Reste à savoir s’il pourra prendre place sur le banc dès le déplacement à Strasbourg. Si ce n’est pas le cas, l’intérim serait, selon plusieurs sources, assuré temporairement par le duo Jacques Abardonado – Romain Ferrier.
Quelles conséquences dans la course à l’Europe… et face au PSG ?
L’arrivée de Beye survient à l’orée d’un calendrier capital pour l’OM, encore en lice en Ligue Europa et à la lutte pour le Top 5 en championnat. Une réaction immédiate est attendue face à des concurrents directs comme Nice, Lille ou Monaco. En avril, un nouveau Classique face au PSG pourrait également faire figure de test ultime, tant pour l’entraîneur que pour les joueurs.
Si l’OM espère raviver la flamme sous l’impulsion d’une légende maison, le PSG, solide leader de Ligue 1 et encore en course pour un triplé national, observera certainement cette évolution avec attention. Habib Beye, qui n’a jamais caché son attachement pour Marseille, pourrait raviver une rivalité qui perd quelque peu en intensité ces dernières saisons. Avec lui, c’est un peu l’âme combatante de l’OM qui tente de reprendre ses droits.
Un pari mesuré dans une saison à sauver
En choisissant Habib Beye, Pablo Longoria et Mehdi Benatia ne jouent pas sur la hype ou les titres passés, mais sur la cohérence et l’urgence d’une mission relevée par un homme capable d’incarner le club avec sincérité. Son contrat court, et conditionné aux résultats, envoie également un message : l’OM ne veut pas s’enfermer dans une nouvelle impasse sportive. Mais rêve d’un électrochoc salvateur.