Après une aventure marseillaise aussi passionnée que tumultueuse, Roberto De Zerbi quitte l’Olympique de Marseille à l’aube de la deuxième moitié de la saison 2025-2026. L’entraîneur italien, souvent en feu dans ses prises de parole, aura marqué son passage autant par ses mots que par certaines fulgurances sportives. Retour analytique – et sans détour – sur dix déclarations marquantes, qui en disent long sur l’homme, le tacticien et la relation fusionnelle avec l’OM.
1. Le rêve d’un projet sur dix ans… envolé en quelques mois
En juillet 2024, fraîchement nommé à la tête de l’OM, De Zerbi pose les bases d’une ambition démesurée : « Je veux faire un projet sur le long terme, remettre l’OM à la place qu’il mérite ». Ce mélange de passion et de vision séduit d’emblée les supporters. L’Italien s’imagine alors construire dans la durée, à l’image d’un Ferguson des temps modernes. Quelques mois plus tard, la réalité du club marseillais, entre pression populaire, exigences immédiates et instabilité chronique, le rattrape violemment.
2. Prise de responsabilité après la claque contre Auxerre
Après une défaite humiliante 1-3 contre Auxerre en novembre 2024, il claque : « Si je suis le problème, je suis prêt à partir ». Une déclaration lucide et courageuse, symptomatique de ses difficultés à faire passer son discours dans un vestiaire jugé fragile par certains observateurs. À Marseille, cette sincérité a touché, mais a aussi interrogé sur sa solidité mentale dans la tempête.
3. Une obsession de ne pas finir deuxième
En février 2025, au cœur de la lutte dans les compétitions européennes et nationales, De Zerbi s’emporte : « Je ne suis pas là pour finir deuxième ». L’ambition est affichée. À ce moment de la saison, l’OM espère encore perturber la domination du PSG, notamment en Coupe de France. Mais l’écart de niveau – et de moyens – reste immense avec l’éternel rival.
4. Guerre ouverte avec les médias
Printemps 2025, le coach entre dans une guerre larvée avec certaines voix médiatiques. Les rumeurs de tensions internes fusent. De Zerbi contre-attaque : « J’adore les polémiques […] Je sais qui vous informe ». Une paranoïa ? Peut-être. Un lien fragilisé avec la presse ? Clairement. Il perd alors en crédibilité auprès d’une partie de l’opinion.
5. Une déclaration d’amour à l’OM
Juillet 2025, dans un entretien à L’Équipe, il dévoile la profondeur de son attachement : « L’OM, je l’ai voulu très fort […] Marseille me ressemble ». Une clé de compréhension de son personnage : viscéralement attaché au football vécu et à l’émotion, De Zerbi entre en résonance avec l’ADN volcanique du club. Mais cette passion fondatrice deviendra peut-être aussi l’un des poisons de sa mission.
6. OM 1-0 PSG : la déclaration anti-pouvoir qui fait mouche
Après une rare et précieuse victoire contre Paris en septembre 2025, De Zerbi place une estocade politique : « Le PSG, c’est le pouvoir, je n’aime pas le pouvoir ». Une punchline ciselée qui reste gravée dans les mémoires. Cette sortie fait vibrer le Vélodrome, mais elle souligne aussi l’écart structurel entre les deux mastodontes et l’envie de l’Italien de renverser une dynastie.
7. L’intensité du rythme marseillais
Décembre 2025, après un succès en Coupe de France : « À Marseille, quatre mois c’est quatre ans ailleurs ». Cette fatigue mentale et physique illustre la pression constante dans un club où les émotions et les attentes s’emballent chaque semaine. L’intensité y brûle vite… parfois trop vite.
8. Larmes dans le vestiaire après une défaite contre Paris
Le 4 janvier 2026, après une cruelle défaite face au PSG lors du Trophée des Champions disputé au Koweït, l’Italien craque : « J’ai pleuré en rentrant au vestiaire ». Un moment rare, un aveu d’émotion brute qui illustre sa passion et la douleur ressentie. Paris l’a encore empêché de soulever un titre…
9. « Les critiques ne me feront pas fuir »… jusqu’à ce qu’elles le fassent ?
Quelques jours plus tard, il défie ses détracteurs : « Les critiques ne me feront pas fuir ». Pourtant, c’est bien dans une ambiance pesante qu’il choisira finalement de quitter le navire. Symbolique d’un homme écartelé entre ses convictions et la réalité impitoyable du foot de haut niveau.
10. Identité bafouée ? Vexé par le traitement médiatique
Dans une ultime sortie musclée, De Zerbi s’emporte : « Si j’avais le passeport français, ce serait différent ». Un ressentiment palpable qui illustre sa frustration face à une hostilité perçue. S’il n’a jamais manqué de charisme, cette défiance envers l’environnement français pose aussi question sur son intégration durable dans un contexte aussi particulier que l’OM.
Conclusion : Un passage contrasté mais profondément marseillais
Roberto De Zerbi repart sans titre, mais pas sans laisser sa marque. Son franc-parler, son amour sincère pour Marseille, et sa haine déclarée du PSG en font une figure marquante de l’OM moderne. Malgré l’échec relatif sur le plan sportif, il aura incarné avec authenticité cette passion brute qui fait de l’OM un club à part. Et il aura, à sa manière, ravivé la flamme d’une rivalité toujours brûlante avec Paris.