Le départ de Roberto De Zerbi de l’Olympique de Marseille, confirmé début février 2026, agite toujours le microcosme footballistique français. Et parmi les voix qui s’élèvent, celle de Samir Nasri résonne avec force. L’ancien meneur de jeu emblématique de l’OM, aujourd’hui consultant pour Canal+ Foot, ne mâche pas ses mots : pour lui, le choix de limoger l’entraîneur italien après seulement 18 mois est une nouvelle preuve du manque de stabilité chronique du club phocéen.
Un projet sacrifié : l’analyse sans filtre de Nasri
Il était censé incarner le renouveau tactique de l’OM. Arrivé à l’été 2024 auréolé d’une réputation flatteuse après son passage décidé à Brighton, Roberto De Zerbi avait signé un contrat de trois ans. L’idée ? Installer un jeu de possession moderne et offensif, capable de concurrencer enfin le PSG et de mieux figurer en Europe. Mais après une première saison correcte (top 4 et qualification en Ligue Europa), la première moitié de saison 2025-2026 fut désastreuse : l’OM patinait en championnat, affichait une irrégularité criante en Coupe d’Europe, et une fracture perceptible entre le staff et les joueurs laissait craindre le pire.
Pour Samir Nasri, la direction a cédé trop vite à la pression. Sur le plateau de Canal+ Foot, il déclare : “Le projet c’était sur 3 ans. Tu recrutes selon les idées de De Zerbi et tu le vires au bout de 18 mois… Le prochain coach devra tout recommencer, avec une autre vision. C’est contre-productif.” (Canal+ Foot, 11 février 2026).
Et les faits semblent lui donner raison : en un peu plus de 5 ans, l’OM a connu 6 entraineurs principaux. Aucun n’a pu poser les fondations d’un cycle pérenne. Une instabilité nuisible dans l’optique de concurrencer durablement le Paris Saint-Germain, qui lui, continue d’assurer une gestion cohérente depuis la prise de fonction de Luis Campos côté sportif.
Encore un recommencement à Marseille : quelles conséquences pour la suite ?
Nasri ne s’arrête pas là. Pour lui, au-delà de l’échec d’un homme, c’est la perte d’un projet de fond qui est dramatique. La stratégie de recrutement, forgée autour de la philosophie de De Zerbi (relance courte, technicité au cœur du jeu, pressing haut), risque d’être balayée par un nouvel entraîneur au style diamétralement opposé. Pointant le côté affectif chez De Zerbi, Nasri ajoute : “C’était comme si c’était un supporter qui entraînait l’équipe… il vivait les défaites trop intensément, mais ce n’est pas une raison pour tout jeter.”
Ce court passage de De Zerbi pourrait bien marquer un tournant douloureux dans la saison 2025-2026. L’OM est actuellement 9e de Ligue 1 au moment de son départ, éliminé prématurément en Coupe de France, et en ballotage défavorable en 1/16e de finale de Ligue Europa. Le recrutement déjà entamé en janvier (Pellegrini, Ferhat) pourrait ne pas s’intégrer dans les plans du prochain coach, annoncé par certains comme étant Marcelino ou Bruno Genesio.
L’écart avec le PSG, lui, continue de se creuser. Avec un effectif construit sans scories et une direction stable, le club parisien domine encore cette saison le championnat et aborde les huitièmes de finale de la Ligue des Champions avec ambition. À Marseille, l’on s’interroge encore sur l’homme providentiel à trouver. Un épisode de plus dans une grande saga marseillaise qui semble tourner en boucle.
Conclusion : un club sans direction claire, un avenir incertain
Le cri d’alarme de Samir Nasri est surtout un appel à la cohérence. Un club comme l’OM ne peut viser le sommet sans colonne vertébrale solide. L’enjeu désormais est double : trouver un remplaçant compétent capable de rétablir l’unité sportive, mais aussi installer un vrai projet à long terme, quitte à faire preuve de patience. Car sans cela, Marseille risque de continuer à amasser les entraîneurs, les espoirs… et les désillusions.