OM : Après De Zerbi, Nasri tacle un projet à la dérive

Photo of author

Aricle écrit par Maxime Nauzit

La secousse Roberto De Zerbi n’en finit pas d’agiter les travées de l’Orange Vélodrome. Alors que la saison 2025-2026 approche, c’est une autre figure emblématique du club, Samir Nasri, qui monte au créneau. Sur le plateau de Canal+, l’ancien minot attaque frontalement l’ancien coach et déplore un projet marseillais en perte de sens. Analyse d’un constat qui fait mal.

De Zerbi : une passion mal canalisée, selon Nasri

Invité sur Canal+ en tant que consultant, Samir Nasri n’a pas mâché ses mots à l’égard de Roberto De Zerbi, officiellement parti en mai 2025 après une saison mi-figue mi-raisin à la tête de l’OM. « C’est comme si c’était un supporter qui entraînait l’équipe », balance le Marseillais pur jus, regrettant le manque de détachement émotionnel du coach italien. Une critique qui fait écho à l’instabilité chronique du banc phocéen ces dernières années, contrastant avec la stabilité affichée du côté du PSG, où Luis Enrique enchaîne les saisons avec une maîtrise tactique saluée dans toute l’Europe.

Le départ prématuré de De Zerbi, initialement engagé pour trois saisons jusqu’en 2027, a laissé un goût d’inachevé. Nasri met en cause l’absence de résilience mentale : « Il n’a pas pris la hauteur que devrait prendre un coach », souligne-t-il. En clair, De Zerbi n’a pas su encaisser la pression inhérente au poste, dans un club où une défaite est toujours un drame national. Une faiblesse psychologique aux conséquences sportives directes, puisque l’OM a terminé à une décevante 6e place en Ligue 1 2024-2025, loin derrière le PSG, champion sans conteste une fois encore.

Un projet sportif sans colonne vertébrale ?

Mais l’analyse de Nasri va bien au-delà du cas De Zerbi. Ce que l’ancien numéro 8 pointe du doigt, c’est l’incapacité du club à maintenir une cohérence stratégique. Selon lui, le recrutement avait été pensé pour un cycle de trois ans, conforme aux idées du coach italien. Changer de technicien maintenant, c’est risquer de déséquilibrer toute la cellule de performance : « Tu vas prendre un entraîneur qui ne partagera pas la même philosophie », met-il en garde. Ce risque de reconstruction permanente pourrait coûter cher à Marseille dans la course à l’Europe et même en Ligue Europa Conférence, où l’OM espère au moins atteindre les demi-finales cette saison.

Direction sportive : Longoria, Benatia, bientôt sur le départ ?

La question de la direction sportive est tout aussi névralgique. Nasri ne cache pas ses doutes quant à la pérennité de Medhi Benatia, bras droit de Pablo Longoria, intégré comme conseiller en 2024. « Est-ce que Medhi sera encore là en fin de saison ? Et Longoria ? », s’interroge-t-il. Ces incertitudes en haut de l’organigramme fragilisent tout l’édifice. Pire encore, il évoque la montée en puissance d’un membre du conseil de surveillance, non nommé, qui pourrait bouleverser les équilibres internes du club.

Dans ce contexte, difficile de ne pas comparer avec le modèle parisien où, malgré les rumeurs régulières, les rôles sont relativement clairs entre Luis Campos, Nasser Al-Khelaïfi et Luis Enrique. L’OM, en revanche, semble s’enfoncer dans une culture du court terme, rendant impossible toute vraie trajectoire de croissance à long terme.

Quel OM pour la saison 2025-2026 ?

À l’aube de la nouvelle saison, l’Olympique de Marseille avance encore à l’aveugle. Entre le départ de De Zerbi, les doutes sur sa direction, et des objectifs européens a minima, le club doit impérativement redéfinir une vision claire, stable et ambitieuse. La question est désormais de savoir si un nouveau coach pourra s’inscrire dans un projet à long terme et stabiliser un effectif remodelé en 2024 autour de joueurs comme Amine Harit, Iliman Ndiaye et le jeune espoir Jules Doué.

En attendant, les supporters oscillent entre incertitude et fatalisme. Sur fond de rivalité éternelle avec le PSG, il devient urgent pour l’OM de trouver ce supplément d’âme et d’organisation pour redevenir un véritable opposant au rouleau compresseur parisien.

Laisser un commentaire