OM : Le spectre d’un gouffre financier de 90M€ plane sur la fin de saison

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

À sept journées de la fin du championnat, l’Olympique de Marseille joue bien plus que sa participation à la prochaine Ligue des Champions. Le club phocéen se retrouve face à un enjeu crucial : éviter un déficit annoncé de 90 millions d’euros qui pourrait bouleverser tout son modèle économique. Analyse d’une situation explosive aux répercussions multiples — y compris pour le Paris Saint-Germain…

Un OM en difficulté sur le terrain… et en coulisses

Sportivement, l’Olympique de Marseille est en chute libre. Avec trois défaites successives face au RC Lens (1-0), au Paris Saint-Germain (3-1) et au Stade de Reims (3-1), les Phocéens ont perdu de précieux points dans la course à l’Europe. Sous les ordres de Roberto De Zerbi, fraîchement nommé, l’OM occupe aujourd’hui une position fragile : troisième du championnat, mais talonné de près par l’OGC Nice et le LOSC. Autrement dit, la pression monte.

Mais le terrain n’est que la partie visible de l’iceberg. En coulisses, le club gère une équation budgétaire délicate. Selon les révélations du journaliste Romain Molina, un déficit de 90 millions d’euros est à prévoir d’ici le 30 juin 2025 si la qualification à la prochaine Ligue des Champions n’est pas assurée. Un gouffre financier aux conséquences potentiellement dramatiques pour une institution calibrée pour évoluer au plus haut niveau continental.

Un modèle économique rythmé par la Ligue des Champions

Ce n’est pas nouveau : l’OM a construit son modèle autour d’une régularité en C1. Pablo Longoria, président du club, le reconnaissait lui-même en décembre dernier : « L’OM est une structure construite pour participer chaque année à la Ligue des Champions » (source : conférence de presse, décembre 2023). Cette stratégie repose sur les revenus générés par la prestigieuse compétition européenne — droits TV, billetterie, partenariats — estimés entre 50 et 60 millions d’euros par saison.

Sans cette manne financière, l’OM devra opérer des coupes drastiques : cessions de cadres, réduction de la masse salariale, réajustement du centre de formation. Des décisions d’autant plus pressantes que le propriétaire Frank McCourt souhaiterait lui-même restreindre ses investissements futurs. Le message est clair : le club doit retrouver l’équilibre par ses propres moyens, sans recourir à des apports massifs de l’actionnaire.

Mercato : une vague de départs inéluctable ?

La conséquence directe de cette instabilité financière sera le marché estival. Des joueurs comme Adrien Rabiot, Luis Henrique, Mason Greenwood, ou encore Pierre-Emile Højbjerg pourraient être poussés vers la sortie. Si ces profils suscitent l’intérêt de nombreux clubs européens, ils sont également cruciaux pour le projet sportif marseillais. Medhi Benatia, le directeur sportif, s’en inquiète déjà ouvertement. Dans une interview accordée à L’Équipe (janvier 2024), il confie : « C’est usant mentalement, physiquement… Tu n’as pas de vie de famille quand tu diriges un tel projet à Marseille ».

Lui aussi pourrait envisager un départ, fatigué par la pression et les contraintes économiques. Reste à savoir si l’ancien défenseur résistera à un été qui s’annonce aussi chaud que l’Orange Vélodrome.

Un impact indirect… mais capital pour le PSG

Pour le Paris Saint-Germain, rival historique de l’OM, cette situation n’est pas anodine. Une désorganisation de l’effectif olympien fragiliserait la Ligue 1 dans sa globalité. Moins de concurrence, moins de spectacles, moins de points au coefficient UEFA… Des éléments qui affecteraient indirectement le club de la capitale dans sa quête de stature européenne.

Le PSG a tout intérêt à voir ses rivaux domestiques se stabiliser, pour que la Ligue 1 reste compétitive et attrayante. Une débâcle marseillaise pourrait aussi redistribuer certaines cibles communes sur le marché des transferts. À suivre de très près.

Conclusion : Chaque match devient une finale

L’Olympique de Marseille joue gros. Très gros. Une non-qualification pour la C1 serait un véritable séisme économique, avec un déficit de 90 millions d’euros à combler. Alors que la pression monte sur Pablo Longoria, Roberto De Zerbi et les cadres du vestiaire, le club n’a plus droit à l’erreur. La course à l’Europe ne se résume donc plus à une ambition sportive : c’est une question de survie stratégique.

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