CUP : un soutien musclé à Al-Khelaïfi et des missiles pour Marseille et Lyon

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Depuis quelques mois, l’ambiance est à couteaux tirés dans le football français. Le PSG, en tête de gondole, concentre les attaques, souvent dirigées vers son président emblématique, Nasser Al-Khelaïfi. Mais au Parc des Princes, la riposte s’organise. Et elle vient des tribunes. Lors du match contre Angers, le Collectif Ultras Paris (CUP) a déployé des banderoles coups de poing, ciblant les rivaux historiques du club et affichant un soutien appuyé à Al-Khelaïfi. Une prise de position forte, aux résonances bien plus profondes qu’un simple show de supporters.

Un message clair : le Parc derrière son président

Dans un Parc des Princes chauffé à blanc, les Ultras du CUP ont choisi l’humour acide et le sarcasme pour répondre aux critiques qui pleuvent sur leur président. Des banderoles telles que « Fessées à gogo lors des Classico, la faute de Nasser ? » ou encore « Les bras tendus à Lyon, la faute de Nasser ? » ont fusé comme autant de flèches décochées en direction de l’OM et de l’OL. En visant l’Olympique de Marseille – rival éternel du PSG – et l’Olympique Lyonnais, le CUP rappelle aux détracteurs les humiliations sportives vécues par ces clubs lors des confrontations directes avec Paris.

Mais le message va bien au-delà des simples provocations : il s’agit d’un soutien frontal à Al-Khelaïfi, récemment visé dans un reportage de Complément d’enquête (France 2) pour son influence supposée sur la gouvernance du football français. Une accusation vivement contestée par le club, et désormais défendue par ses fidèles ultras.

Le CUP n’a pas oublié Saint-Étienne non plus, lançant : « Bientôt la relégation pour Sainté, la faute de Nasser ? », dans une raillerie supplémentaire qui fait très clairement le choix de la dérision.

Le CUP, acteur politique du football français ?

Si les groupes ultras sont souvent considérés comme des acteurs culturels du football, le CUP se positionne de plus en plus comme une force politique au sein du paysage parisien. Leur soutien à Al-Khelaïfi ne relève pas uniquement de la fidélité aveugle : il s’agit d’une réponse concertée à ce qu’ils considèrent comme une campagne de dénigrement orchestrée contre le PSG par les adversaires traditionnels du club.

Le président du PSG, par ailleurs haut placé au sein de l’ECA (Association des Clubs Européens) et désormais influent dans les discussions de droits TV de la LFP, cristallise les tensions… et les jalousies. Pour ses détracteurs, il symbolise l’hyperpuissance du Paris Saint-Germain sur la scène nationale. Pour ses soutiens, il représente au contraire l’architecte d’un club moderne, compétitif, et respecté sur le plan européen.

Dans cette lutte d’influence, le message du CUP prend tout son sens. Il est aussi une manière d’unifier les supporters autour d’un axe fort : défendre la maison PSG, contre vents et marées. Une manœuvre habile qui ravive la fierté identitaire d’un public parisien parfois fracturé par les polémiques, mais toujours prêt à se ranger derrière son blason et son président.

Quels impacts pour la suite de la saison ?

À l’aube d’un sprint final où le PSG est encore engagé sur plusieurs fronts – Ligue 1, Ligue des Champions, Coupe de France –, cette offensive supporters pourrait aussi jouer un rôle crucial sur le plan émotionnel. En éteignant les feux autour d’Al-Khelaïfi, elle renforce la cohésion du club à un moment clé. Car dans les matchs à couteaux tirés qui attendent les Rouge & Bleu, chaque once de stabilité compte.

Il ne faut pas sous-estimer l’impact de cette mobilisation : un président conforté, une base de supporters unie et des adversaires sous pression médiatique pourraient être les ingrédients parfaits pour finir en beauté une saison déjà riche. Reste à voir si les hommes de Luis Enrique sauront capitaliser sur cette solidarité retrouvée en tribunes pour aller chercher de nouveaux trophées.

La guerre psychologique ne fait que commencer, et le CUP a montré qu’il savait manier les mots aussi bien que les fumigènes. Une démonstration de force… à la parisienne.

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