Chaque printemps, les Trophées UNFP mettent le feu aux débats footballistiques en France. L’édition 2024 ne déroge pas à la règle : si les Parisiennes et Parisiens trustent les nominations, plusieurs absences suscitent de vives réactions. Alors, simple oubli ou vraie injustice ? On fait le point.
Une pluie de nominations pour le PSG, mais à quel prix ?
Difficile d’ignorer la domination parisienne dans les listes des Trophées UNFP 2024. Le Paris Saint-Germain place pas moins de quatre joueurs sur cinq dans la catégorie « Meilleur joueur de Ligue 1 » : Ousmane Dembélé, Vitinha, Achraf Hakimi et Warren Zaïre-Emery (également nommé parmi les meilleurs espoirs). Une performance exceptionnelle sur le papier, qui traduit la saison collective solide du club de la capitale — notamment en Ligue 1, où les hommes de Luis Enrique survolent la concurrence.
Mais cette omniprésence crée aussi des tensions. Plusieurs observateurs jugent injuste l’absence de certains profils qui ont brillé, parfois dans des contextes bien plus compliqués. Et c’est là que la polémique enfle.
Les oubliés qui fâchent : des absences difficilement explicables
Première surprise, et pas des moindres : Adrien Rabiot. De retour en Ligue 1 sous les couleurs de l’OM, il a réalisé une deuxième moitié de saison impressionnante, affichant un volume de jeu et une régularité qui ont transformé le milieu marseillais. Comment expliquer qu’un tel joueur ne figure même pas parmi les nominés ? Le cas Rabiot illustre parfaitement ce que certains dénoncent comme un favoritisme pour les grands clubs, PSG en tête.
Même chose pour Corentin Tolisso, relancé à l’OL cette saison. L’ancien champion du monde a retrouvé un rythme de haut niveau, porté par une meilleure condition physique et un rôle stratégique dans l’entrejeu lyonnais.
Côté attaque, Jonathan David demeure l’un des buteurs les plus réguliers de Ligue 1. À Lille, il n’a cessé de briller cette saison, avec à la clé une nouvelle campagne à plus de 15 buts toutes compétitions confondues. Pourtant, il reste hors des radars de l’UNFP… incompréhensible pour de nombreux fans.
Chez les jeunes, une autre incompréhension émerge : l’absence de Lucas Stassin (ASSE) et Malick Fofana (OL) dans la liste des meilleurs espoirs. Si Désiré Doué (bientôt officiellement parisien) part favori, de nombreux observateurs militaient pour une reconnaissance élargie de la nouvelle vague talentueuse du championnat.
Enrique nommé, mais le cas De Zerbi alimente les discussions
Dans la catégorie des entraîneurs, Luis Enrique, en lice pour le trophée, voit sa nomination largement méritée au vu de la saison quasi parfaite du PSG en Ligue 1 et d’un parcours européen encore en cours.
Mais l’absence de Roberto De Zerbi (OM) fait grand bruit. Non seulement les supporters marseillais montent au créneau, mais plusieurs spécialistes estiment que la capacité du coach italien à redresser un effectif en crise méritait récompense. À son corps défendant, la saison marseillaise, parfois en dents de scie, ne plaide pas totalement en sa faveur, malgré une remontée en seconde partie de championnat.
Chez les gardiens, Gianluigi Donnarumma (PSG) défend son statut acquis l’an passé. Mais les absences de Yehvann Diouf (Stade de Reims) et Donovan Léon (AJ Auxerre) interrogent. Ce dernier, après une prestation notée 10/10 contre le PSG par L’Équipe, semblait presque un choix évident. Encore une preuve que performer contre Paris ne suffit pas à gagner la reconnaissance médiatique.
Quel impact sur le PSG et la dynamique finale ?
Ces nominations — et les polémiques associées — traduisent finalement une réalité double pour le PSG : être incontournable, c’est aussi cristalliser les critiques. En se taillant la part du lion dans les nominations UNFP, le club parisien démontre l’efficacité de sa politique sportive, mais s’expose aussi aux accusations d’hégémonie, à tort ou à raison.
Cela peut générer une pression supplémentaire alors que le sprint final s’accélère en Ligue 1 comme en Ligue des champions. Luis Enrique devra faire jouer sa gestion des egos : féliciter les nominés tout en valorisant ceux restés dans l’ombre.
Quoi qu’il en soit, cette édition 2024 prouve une fois de plus que, dans le football français, les trophées individuels font toujours autant parler — pour le meilleur, mais parfois aussi pour le pire.