Le Classique entre l’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses lors de cette saison 2025-2026. Mais cette victoire phocéenne 1-0, au cœur d’un Vélodrome incandescent, ne fut pas un simple succès sur le terrain : c’est le fruit d’un travail psychologique et stratégique précis orchestré par Roberto De Zerbi. Retour sur les secrets d’une victoire qui pourrait bousculer la hiérarchie en Ligue 1.
De Zerbi, l’homme-orchestre mental derrière l’exploit marseillais
Depuis son arrivée à Marseille, Roberto De Zerbi ne cesse d’imprimer sa patte. Mais contre le PSG lundi soir, c’est un autre visage de l’Italien qui a émergé : celui du meneur d’hommes, du stratège émotionnel. Comme le rapporte L’Équipe, l’entraîneur olympien a tout mis en œuvre pour faire de ce choc contre le PSG un combat de fierté, une bataille identitaire.
Déjà en conférence de presse, ses mots étaient lourds de sens. Mais en interne, son message fut encore plus tranchant. Pour De Zerbi, le PSG n’est pas seulement un adversaire : il est le symbole de tout ce qu’il refuse d’accepter dans le football moderne. « Domination, arrogance, centralisation des pouvoirs » : tout ce que l’OM ne représente pas.
Les propos jugés provocateurs de Luis Enrique sur l’ambiance du Vélodrome ont servi de levier émotionnel. Dans le vestiaire, De Zerbi les a transformés en mantra. Et ses joueurs ont répondu présent. Emerson Palmieri, auteur d’une intervention musclée sur Hakimi dès les premiers instants, a donné le ton. Greenwood, Gouiri, Balerdi… Tous ont joué avec une intensité physique et mentale rarement vue depuis le début de saison.
Une performance collective nourrie par la tension et l’unité
Au-delà du combat, la victoire marseillaise traduit une montée en puissance collective. De Zerbi a su canaliser les frustrations accumulées depuis une entame de saison chahutée (souvenons-nous de la bagarre entre Rabiot et Rowe à Rennes début septembre). En prolongation de match, son exclusion pour contestation témoigne de l’incandescence de l’instant, mais aussi de sa totale implication.
Le technicien italien a prolongé la mise au vert avant ce Classique, optant pour une immersion collective loin des sollicitations médiatiques. Les leaders du vestiaire, comme Leonardo Balerdi ou Pierre-Emile Höjbjerg, ont amplifié cette dynamique de groupe.
Le PSG, pourtant offensif sur le papier avec Mbappé, Barcola et Asensio titulaires, s’est retrouvé piégé dans un match piège parfaitement préparé par l’OM. Impressionnant en bloc médian, solidaire dans les duels, Marseille a montré que lorsqu’il est solidaire, il peut rivaliser avec n’importe qui – même le champion de France sortant.
La hargne s’est prolongée après le match, avec des échauffourées en coulisses après certaines provocations parisiennes. Une tension symptomatique d’un match à haute charge émotionnelle, mais surtout révélatrice d’un groupe olympien désormais soudé autour d’un leader technique et mental.
Un tournant dans la saison marseillaise ?
Cette victoire ne rapporte que trois points, mais elle pourrait peser bien plus dans la saison 2025-2026 de l’OM. Après une défaite certes encourageante (1-2) à Madrid lors de la deuxième journée de Ligue des champions, Marseille entame un virage capital, tant en championnat qu’en Europe. Bousculer le PSG dans le Classique donne aux Phocéens un regain de confiance indéniable.
Là où Paris continue de dominer les débats en Ligue 1 grâce à son effectif XXL, Marseille tente de se reconstruire autour d’un projet cohérent, énergique, et humain. La main mise psychologique de De Zerbi sur son groupe pourrait être le vrai facteur X de la saison phocéenne.
Avec ce match comme acte fondateur, l’Olympique de Marseille espère désormais stabiliser son jeu, enchaîner les résultats positifs et pourquoi pas — rêvons un peu — contester la suprématie du PSG dans la durée. Le chemin est encore long, mais avec un De Zerbi aussi impliqué émotionnellement qu’intellectuellement, Marseille a peut-être trouvé le guide capable d’ouvrir une nouvelle ère.
Rendez-vous est déjà pris pour le match retour au Parc des Princes, où Paris devra répondre… avec bien plus que des mots.