Le cas d’Eliesse Ben Seghir ravive une blessure encore vive chez de nombreux supporters marseillais. À 20 ans seulement, l’international marocain s’impose comme l’un des milieux offensifs les plus prometteurs du moment. Formé à l’AS Monaco et transféré l’été dernier au Bayer Leverkusen pour 32 millions d’euros, son éclosion au plus haut niveau aurait pourtant pu s’écrire… au Vélodrome.
Un rendez-vous manqué entre Ben Seghir et l’OM
Dans un entretien fort en émotion accordé au média Afrikick pendant la CAN 2025, Ben Seghir a confessé : « J’ai pleuré quand on m’a dit que je n’allais pas à l’OM ». Ce passage à côté du club olympien, sur décision familiale, remonte à ses 15 ans : « Ma famille pensait que Marseille n’était pas le meilleur endroit pour moi pour évoluer. J’étais encore jeune, j’ai écouté ma famille ».
Un scénario qui laisse un goût amer aux dirigeants marseillais, d’autant plus que Ben Seghir brille désormais en Bundesliga et en Ligue Europa avec Leverkusen, au moment où l’OM lutte pour retrouver stabilité et ambition européenne. Ce énième échec à sécuriser un jeune talent local interroge sur les capacités du club à séduire durablement les pépites issues de la région ou du territoire national.
Une problématique structurelle pour l’Olympique de Marseille
La révélation d’Eliesse Ben Seghir illustre une problématique plus large à Marseille : malgré son statut mythique et son amour populaire, le club peine parfois à créer un environnement jugé « propice au développement de jeunes joueurs » par les familles ou les agents. Cette réalité, bien connue dans les cercles du football français, constitue un frein aux ambitions sportives du club phocéen.
Pablo Longoria et désormais Mehdi Benatia, tout juste nommé directeur sportif pour la saison 2025-2026, doivent s’atteler à restaurer la confiance autour du projet olympien. Si l’OM attire encore de beaux noms du championnat, il lui manque ce supplément d’âme dans la formation et l’accompagnement des jeunes talents pour rivaliser avec les modèles du PSG ou de Lyon sur le long terme.
Une rivalité PSG-OM qui se joue aussi sur le terrain du recrutement
Paris a su, ces dernières années, rafler les plus gros talents français et étrangers (Zaire-Emery en tête) et proposer un cadre attractif malgré une pression équivalente à celle vécue à Marseille. L’OM, à l’inverse, souffre de son instabilité sportive chronique, entre changements d’entraîneurs à répétition et manque de cohérence dans les projets de jeu.
L’échec Ben Seghir rappelle douloureusement ceux de précédents talents passés sous le radar, comme Allan Saint-Maximin ou Brahim Diaz, jamais convaincus que la Canebière représentait le bon tremplin. Un contraste glaçant avec la capitale, où la cellule de recrutement du PSG est parvenue à professionnaliser le relationnel avec les jeunes, les familles et les formateurs.
Quel tournant pour la saison 2025-2026 ?
Pour cette saison 2025-2026, l’OM, engagé en Ligue Europa et toujours en course pour une place sur le podium de Ligue 1, doit veiller à ne plus laisser filer les talents proches du club. Tandis que Pablo Longoria cherche deux renforts offensifs pour renforcer l’effectif, la cellule de recrutement doit aussi regarder vers l’avenir et ne plus commettre des erreurs comme avec Ben Seghir.
Ce dossier révèle un point d’amélioration crucial pour un OM qui souhaite se structurer durablement. Avec l’arrivée de Benatia, son aura auprès des jeunes binationaux pourrait constituer un levier précieux. Récupérer des talents comme Billal Brahimi (Nice) ou surveiller de près les U19 locaux pourrait éviter que le prochain Ben Seghir n’éclate définitivement loin du Vieux-Port.