Le PSG et l’Olympique de Marseille s’affronteront le 8 janvier 2026 au Koweït pour le Trophée des Champions. Une nouvelle étape dans la mondialisation du football français, mais une décision loin de faire l’unanimité, notamment du côté des supporters. Derrière la rivalité historique entre les deux plus grands clubs hexagonaux, ce déplacement soulève des interrogations : sportif, économique… et idéologique. Décryptage.
Un PSG toujours plus global, un OM à contre-courant
Pour cette édition 2026 du Trophée des Champions, la LFP a choisi une destination pour le moins atypique : le stade Jaber Al-Ahmad à Koweït City. Et si le choix du lieu peut déjà apparaître comme une déconnexion avec les supporters français, c’est surtout la stratégie commerciale du PSG qui fait débat.
Le club de la capitale proposera un package tout-inclus pour l’événement. Au menu selon Le Parisien : vol aller-retour Paris-Koweït, repas à bord, transferts et billet pour le match… Le tout pour la somme rondelette de 800 euros par personne. Un tarif élitiste et contesté, qui renforce la fracture entre le PSG et sa base populaire.
De son côté, l’Olympique de Marseille adopte une ligne plus austère. Le club phocéen a proposé à ses supporters des places à 150 euros, très loin du « Club Med version Qatar » de son rival. Mais les Ultras marseillais n’ont pas été dupes : entre boycott et critiques, nombre d’entre eux refuseront de faire le déplacement, dénonçant une marchandisation extrême du football.
Roberto De Zerbi, coach de l’OM depuis l’été dernier, a lui aussi pris position : « Je comprends les supporters, ce n’est pas un vrai déplacement, c’est du marketing », affirmait-il (source : Onze Mondial, 02/01/2026). Une déclaration forte, dans la lignée d’un OM qui tente (encore) de se démarquer du modèle parisien.
Un Classique qui dépasse les limites du terrain
Au-delà du choc sportif (et il le sera), ce PSG – OM délocalisé incarne un affrontement de plus en plus profond entre deux visions du football hexagonal : celle d’un football-business mondialisé d’un côté (incarné par le PSG), face à une approche plus identitaire et populaire côté marseillais.
Sur le terrain, ce Trophée des Champions revêt un enjeu important. Paris, auréolé de son sacre européen l’été dernier, tient à imposer sa domination nationale. Marseille, dauphin de la Ligue 1 lors de la saison 2024-2025 et désormais dirigé par un tacticien ambitieux, voit là une occasion de frapper fort dès l’entame de cette saison 2025-2026.
Mais c’est en dehors des lignes que la tension est palpable. Le choix du Koweït polarise : disparition du Parc, absence des supporters historiques, émissions carbones d’un match à 5 000 km de l’Hexagone… autant d’arguments qui nourrissent la grogne des puristes et ravivent les tensions entre les deux camps. Même au sein des fans parisiens, la pilule passe mal. Interviewé par Le Parisien, Alexandre, fidèle du Virage Auteuil, affirme ne pas pouvoir se permettre un tel tarif. Un comble, pour un match censé galvaniser les fidèles.
Quel impact pour l’OM dans cette saison 2025-2026 ?
Ce duel au Koweït est bien plus qu’un simple lever de rideau. Pour l’Olympique de Marseille, vainqueur de la Coupe de France 2025, il permettra de tester en contexte réel les ajustements tactiques opérés par De Zerbi. Après un mercato estival ambitieux (notamment avec l’arrivée du jeune meneur Franco Agustín Gonzalez et la confirmation d’Elye Wahi en attaque), ce match est un premier marqueur fort contre leur meilleur ennemi.
Sur le plan symbolique, une victoire face au PSG marquerait les esprits et pourrait relancer une dynamique positive, alors que le club reste sur deux saisons sans titre majeur « en dur ». En Ligue 1 comme en Ligue Europa, l’OM aura besoin de cet élan psychologique, tant les ambitions sont hautes. Et si la victoire ne permet pas à elle seule de gagner une saison, elle pourrait offrir une revanche cinglante face au mastodonte parisien.
En résumé, ce PSG – OM version Koweït est une vitrine du Grand Écart que vit aujourd’hui le football français : entre modernité assumée et traditions délaissées. Le résultat du 8 janvier comptera, assurément, mais il restera aussi un jalon dans la bataille d’influence entre deux clubs au destin bien différent.