Dans un Vélodrome sous tension, l’Olympique de Marseille est tombé à la surprise générale face au FC Nantes (0-2), signant un nouveau revers dans une saison 2025-2026 décidément chaotique. Si Rémy Cabella a brillé pour son retour, Ahmed Kantari tempère l’euphorie nantaise. Retour sur une soirée amère pour l’OM et une analyse stratégique d’un match aux implications inquiétantes.
Un Cabella décisif face à son ancien club
Il fallait un symbole fort pour lancer l’ère Kantari, et c’est Cabella qui l’a incarné. À 35 ans, l’ancien de la maison phocéenne a signé un come-back éclatant avec un penalty transformé en seconde période, scellant la victoire nantaise. Plus qu’un buteur, le milieu offensif a démontré une véritable intelligence de jeu, apportant un équilibre dans la transition offensive. Dans un match où l’OM a terminé à neuf, Cabella a su faire la différence au moment clé, soulignant cruellement les lacunes du collectif marseillais.
Pour les supporters marseillais, voir un ancien joueur célébrer face au Vélodrome ajoute une amertume particulière. Cabella, longtemps considéré comme un électron libre mais attachant, a montré qu’il avait gagné en maturité. Dans ses déclarations à Ligue 1+, il insistait sur sa volonté d’être un leader technique et mental : « J’espère apporter avec mon expérience, mon style de jeu », affirmant sa détermination à guider ce jeune Nantes vers le maintien.
Kantari lucide, l’OM inquiétant
Du côté nantais, si la victoire est précieuse, l’analyse d’Ahmed Kantari reste mesurée. « C’est une mission commando », a-t-il souligné dans ses propos rapportés en conférence de presse. Le coach, nommé en janvier, sait que cette performance, aussi solide soit-elle, ne préjuge pas d’une dynamique durable. Nantes n’avait plus gagné au Vélodrome depuis 2015. Ce succès est donc aussi prestigieux qu’inattendu. Mais en face, l’OM a montré des faiblesses tactiques alarmantes.
Le pressing désorganisé, des transitions mal gérées, et surtout une fébrilité mentale ont coûté cher. Réduits à 9 en fin de match, les Phocéens sont apparus dépassés, incapables de faire bloc ou de proposer une révolte collective. Pour un club qui ambitionne une place européenne et veut rivaliser notamment avec un PSG dominateur cette saison, cette prestation interroge fortement.
Dans le contexte de la Ligue 1 2025-2026, où chaque point comptera dans la course aux places européennes, l’OM n’a ni marge de manœuvre ni excuse. Le groupe marseillais devra réagir rapidement, et la réception prochaine du RC Lens constitue d’ores et déjà un tournant psychologique.
Le contraste avec le PSG se renforce
Alors que le PSG continue son cavalier seul en tête du championnat, fort de l’expérience de Luis Enrique et d’un effectif désormais stabilisé autour de Kolo Muani, Zaire-Emery et Asensio, Marseille piétine. L’écart entre les deux rivaux s’accentue. En matière de gestion de crise, d’efficacité tactique et de profondeur de banc, l’OM semble faire du surplace. Et ce nouveau camouflet face à Nantes, relégable avant le coup d’envoi, n’arrange rien.
La double absence d’Ounahi (blessé pour la CAN) et d’autres cadres clés aggrave la situation, mais ne saurait justifier une telle discontinuité dans les performances. Le classic internationale contre Paris prévu en mars prend une tournure explosive. Entre un PSG impérial et un OM en perte de repères, le rendez-vous pourrait s’apparenter à une boucherie… sauf sursaut phocéen.
Ce revers appelle aussi à une introspection générale dans le staff technique marseillais. Le plan de jeu manquait de lisibilité, les changements ont tardé et mentalement, la réaction fut inexistante. Pour espérer exister en Europa League et rester dans la course à l’Europe en Ligue 1, l’OM doit vite rectifier le tir.