L’Olympique de Marseille espérait frapper un grand coup en Belgique. En déplacement sur la pelouse du Club Bruges, pour ce match décisif de phase de groupe d’Europa League 2025-2026, les Phocéens avaient en ligne de mire un ticket pour les barrages, voire mieux : une place de tête de série. Mais sur le terrain du Jan Breydel Stadion, les hommes de Gennaro Gattuso ont sombré face à une formation brugeoise bien plus inspirée.
Une défense en souffrance, un Rulli fautif
Côté marseillais, la défense a vécu un calvaire. Et cela a commencé dès la 10e minute, lorsque Gerónimo Rulli, par ailleurs portier numéro un de l’OM cette saison, manque totalement sa sortie et offre l’ouverture du score aux Belges. Si l’Argentin se rachète plus tard avec deux beaux arrêts, sa fébrilité sur le premier but coûte cher (5/10).
Devant lui, la charnière composée de Balerdi (4/10) et Aguerd (6/10) n’a pas rassuré. Balerdi, capitaine du soir, affiche un visage bien trop nerveux et laisse trop souvent ses vis-à-vis s’exprimer. À l’inverse, l’ancien Rennais fait preuve de solidité mais ne peut mener le sauvetage seul. Ni Medina (4/10) à gauche, ni Murillo (3/10) à droite ne parviennent à enrayer la dynamique brugeoise. Le Panaméen, dépassé, est logiquement remplacé dès le début de la seconde période.
Un milieu de terrain sans consistance
Gennaro Gattuso avait choisi d’associer Højbjerg et Kondogbia au cœur du jeu. En quête d’une vraie assise pour tenir la possession et casser les lignes adverses, les Olympiens ont cruellement manqué d’impact. Højbjerg (4/10) distribue proprement, mais ne prend aucun risque. Pire encore, Kondogbia (3/10), généralement solide, accumule les erreurs techniques. Le milieu marseillais, dominé, ne propose aucune solution pour renverser la pression.
Dans un match de ce calibre, l’absence de maîtrise au milieu est rédhibitoire — un contraste frappant avec les performances solides qu’affiche généralement le PSG en Europe cette saison, capable d’étouffer ses adversaires dans l’entrejeu.
Greenwood illumine un ligne offensive en panne
S’il fallait sauver un joueur dans ce naufrage, ce serait probablement Mason Greenwood (6/10). L’ex-Red Devil ne cesse de provoquer, tente quatre frappes, et reste le seul à véritablement mettre en difficulté le gardien brugeois. C’est mince, mais au moins, c’est visible. À sa droite, Weah (5/10) fait ce qu’il peut par ses appels et sa générosité, mais pèche dans le dernier geste.
En revanche, Amine Gouiri (3/10) et Hamed Traoré (3/10) affichent une inquiétante inefficacité. L’attaquant français n’a jamais pesé, ne touchant que 22 ballons, tandis que l’Ivoirien reste totalement transparent. À l’heure où l’OM veut concurrencer les clubs comme le PSG sur la scène européenne, l’absence de leader offensif capable d’enflammer un match pose question.
Rendez-vous manqué, leçons urgentes à tirer
Dans cette saison 2025-2026 où chaque point compte en Europe, cette défaite face au Club Bruges remet l’OM au pied du mur. Les barrages resteront accessibles, mais l’idée d’une qualification confortable s’éloigne. Plus inquiétant encore, la performance collective interroge : où est passé le pressing intense que prônait Gattuso ? Où sont les circuits rapides entre lignes ? Si l’OM veut troubler les ambitions du Paris SG en Ligue 1 ou aller plus loin sur la scène continentale, il va falloir vite tirer les enseignements de cette soirée belge.
Et surtout, retrouver l’orgueil. Car en football, les ambitions ne se décrètent pas : elles se démontrent, sur le terrain, ballon au pied.