La cité phocéenne rend hommage à son président. Pablo Longoria, président de l’Olympique de Marseille depuis 2021, est aujourd’hui représenté sur les murs de la ville grâce à une fresque de l’artiste Franck Conte. Cette reconnaissance témoigne de l’attraction qu’il exerce sur les supporters marseillais, mais aussi de son impact sur le projet sportif de l’OM. Mais que dit cette mise à l’honneur de la stratégie marseillaise ? Peut-elle inspirer ou influencer celle du PSG ? Décryptage.
Une stratégie sportive saluée… et efficace
Nommé président de l’OM après seulement une semaine comme directeur sportif en 2021, Pablo Longoria s’est rapidement imposé comme un dirigeant ambitieux et méthodique. Depuis son arrivée, les choix du club se sont orientés vers une approche bien plus structurée du mercato : valorisation de jeunes talents, acquisitions ciblées et intégration progressive de joueurs d’expérience. Le symbole fort est venu à l’été dernier, lorsque l’OM a franchi un palier inattendu en recrutant des joueurs d’envergure européenne comme Adrien Rabiot, Ismaël Bennacer ou encore Pierre-Emile Højbjerg.
Le club cherche désormais à renforcer sa solidité défensive avec la cible d’un « gros défenseur central » pour l’été prochain, ambition révélée par le média Onze Mondial. Cette logique d’investissement ciblé et adapté a renforcé l’identité du projet marseillais, séduisant au passage une partie des supporters, comme en témoigne la fresque hommage à Longoria peinte par Franck Conte. Une reconnaissance rarement accordée à un président de club en France.
Une gestion présidentielle inspirante… mais fragile
Ce que la fresque souligne également, c’est la gestion humaine de Longoria. L’ancien recruteur passé par Valence et la Juventus n’a pas uniquement misé sur les talents du mercato mais aussi sur la communication et la proximité avec les supporters. Une approche que le PSG, souvent critiqué pour son manque de lien entre la direction et le public parisien, pourrait observer de près.
Pour autant, la trajectoire de Longoria n’a pas été un long fleuve tranquille. Il a failli quitter l’OM à la suite de la démission de l’entraîneur Marcelino en 2023, après une réunion houleuse avec des groupes de supporters, comme l’a confirmé RMC Sport. Le projet marseillais reste donc jeune et encore instable à certains niveaux : changements d’entraîneurs fréquents, résultats irréguliers, et pression populaire constante.
Quel enseignement pour le PSG ?
Depuis plusieurs saisons, le Paris Saint-Germain cherche à harmoniser son projet sportif avec une identité plus enracinée et centrée sur la cohérence managériale. Sous l’impulsion de Luis Campos et de l’entraîneur Luis Enrique, le club parisien mise aujourd’hui sur une redéfinition claire : offrir plus de temps à une ossature jeune, française, et animée par des valeurs collectives. À cet égard, certaines inspirations peuvent être tirées du modèle marseillais actuel.
Cependant, le PSG reste une machine au budget et à l’exposition bien supérieurs, avec des ambitions quotidiennes sur la scène européenne. Si l’engagement émotionnel avec les supporters reste un axe à renforcer, comme le montre le décalage entre le Parc des Princes et ses dirigeants, le club de la capitale évolue quand même dans une autre dimension que l’OM.
Cela n’empêche pas de s’interroger : et si le PSG s’inspirait de la proximité instaurée par Longoria pour établir un lien plus fort avec ses supporters ? L’avenir montrera si cette orientation peut coexister avec les objectifs d’excellence internationale de Paris.
Conclusion : Marseille se construit dans l’admiration, Paris dans l’exigence
L’hommage rendu à Pablo Longoria à travers l’art urbain marseillais est révélateur de la nouvelle ère que l’OM souhaite incarner. Une ère humaine et compétitive, qui séduit les fans et donne une impulsion historique au club. Du côté du PSG, la leçon est claire : un projet, aussi ambitieux soit-il, gagne en force lorsqu’il est porté par une relation sincère avec son environnement.
Reste à savoir comment Paris continuera à articuler projecteurs mondiaux et enracinement local. Une fresque pour Nasser Al-Khelaïfi dans les rues parisiennes ? Difficile à imaginer… pour l’instant.