Alors que l’OM s’apprête à solder le dossier Azzedine Ounahi pour 12 millions d’euros, cette opération pourrait bien révéler des leçons à prendre pour le PSG. Entre gestion des actifs, stratégie de prêt et valorisation des joueurs en dehors du projet sportif central, les Phocéens semblent cette fois avoir trouvé une issue favorable. En analysant ce départ annoncé, on peut entrevoir des parallèles intéressants avec la politique parisienne actuelle. Décryptage.
Un prêt payant pour Ounahi… et pour Marseille
Ciblé par l’Arabie saoudite après une saison convaincante avec le Panathinaïkos (33 matchs disputés, 3 buts et 7 passes décisives), Azzedine Ounahi a redonné de la valeur à un profil que l’OM ne souhaitait plus intégrer à son projet sportif. Arrivé en janvier 2023 pour environ 10 millions d’euros en provenance d’Angers, le milieu marocain n’a jamais vraiment convaincu sur la Canebière, notamment sous les ordres de Marcelino et Gattuso. Écarté des plans de Roberto De Zerbi, il était temps pour lui – et surtout pour l’OM – de tourner la page.
Ce prêt en Grèce, qui n’a pas débouché sur une option d’achat activée, aura pourtant permis à Marseille de retrouver un marché. Selon Foot Mercato, plusieurs clubs saoudiens s’intéressent de près à l’international marocain (21 sélections), et un transfert pour 12 millions d’euros semble désormais en bonne voie. Cela représenterait une bonne opération financière pour l’OM, qui sécuriserait une plus-value légère tout en réduisant sa masse salariale.
Un modèle dont le PSG peut s’inspirer pour certains profils
Ce type de deal a de quoi inspirer Luis Campos et la cellule sportive parisienne. Depuis plusieurs saisons, le Paris Saint-Germain peine à externaliser certains profils devenus secondaires dans le projet QSI. On pense à Hugo Ekitike (dont le rachat par Francfort reste flou), ou encore à des joueurs comme Leandro Paredes ou Draxler, souvent prêtés mais rarement vendus dans des conditions satisfaisantes.
La réussite du prêt d’Ounahi, couplée à une exposition régulière en championnat et en compétitions européennes, prouve que les prêts bien orientés dans des clubs au projet clair peuvent réévaluer des joueurs dont la cote chute. Le PSG pourrait, dans ce sens, repenser sa manière de prêter des joueurs non utilisés, notamment en privilégiant des championnats plus susceptibles de les valoriser – comme les ligues grecque, turque ou même les compétitions du Golfe.
L’appel du Golfe : une opportunité pour tous
Le marché saoudien a explosé depuis l’été 2023, avec des opérations spectaculaires (Neymar, Benzema, Kanté…). Même si Ounahi ne joue pas dans la même cour médiatique, son statut d’international et ses caractéristiques techniques conviennent à un championnat en quête de notoriété et de volume. Pour les clubs européens comme l’OM ou le PSG, qui cherchent à rationaliser leur effectif tout en capitalisant sur la valeur marchande de leurs joueurs indésirables, cette destination constitue un débouché intéressant.
Au PSG, on peut d’ores et déjà penser que certains profils peu utilisés (Carlos Soler, Renato Sanches…) pourraient faire l’objet de sollicitations similaires. En cas d’offre saoudienne à la hauteur, le club francilien a tout intérêt à se montrer réactif, comme l’OM l’est avec Ounahi.
Conclusion : un deal modèle à suivre de près
À l’heure où chaque euro compte dans les perspectives du fair-play financier et le remodelage du PSG post-Mbappé, l’efficacité du départ d’Ounahi pourrait influencer la politique de cession des joueurs à Paris. Marseille, critiqué pour ses recrutements chaotiques, réalise ici un mouvement stratégique maîtrisé. Et si le PSG s’en inspirait pour optimiser sa gestion des fins de cycle ?