Le football moderne ne laisse plus de place à l’improvisation. Et pourtant, à l’Olympique de Marseille, depuis l’arrivée de Roberto De Zerbi, les décisions sortent du cadre habituel du football français. La dernière en date ? Une mise au vert XXL à Rome, inspirée des méthodes transalpines du technicien italien. Un ritiro qui pourrait coûter jusqu’à un million d’euros… pour (re)trouver une unité capable d’arracher un ticket pour la Ligue des champions.
Un choix audacieux et inédit en Ligue 1
À première vue, l’initiative a de quoi surprendre. À quelques journées de la fin du championnat, alors que la majorité des clubs organisent des entraînements internes dans leurs installations, De Zerbi décide d’embarquer ses troupes direction Rome. Mais attention, ce n’est pas un stage punitif. Tout l’effectif — y compris certains blessés comme Leonardo Balerdi —, le staff technique et des membres importants de la direction (comme Mehdi Benatia) sont du voyage. Le but ? Créer une véritable bulle de concentration, souder le vestiaire et en faire une arme face aux échéances finales que traverse l’OM. Comme l’indique L’Équipe, loin d’un environnement stressant, la mise au vert mêle entraînements classiques et vie de groupe dans un cadre plus serein. Pablo Longoria est même attendu pour rendre visite au groupe.
Ce choix tactico-psychologique vise à renforcer la cohésion et l’état d’esprit dans une période charnière. À ce jour, l’OM reste engagé dans la course à la Ligue Europa (et potentiellement à la Ligue des champions grâce à un excellent parcours européen), et chaque détail compte pour optimiser mental et performance.
Un ritiro au coût faramineux
Mais voilà : une telle opération a un coût, et pas des moindres. Selon les premières estimations relayées par L’Équipe, le déplacement d’une délégation d’environ cinquante personnes, le logement dans le nord de Rome, l’accès à des installations sportives adaptées et la gestion logistique pendant plusieurs semaines pourraient coûter jusqu’à un million d’euros. Un chiffre vertigineux, surtout pour un club qui cherche à gérer ses finances avec rigueur. Pour rappel, la direction phocéenne a multiplié les leviers pour assainir sa masse salariale ces derniers mois.
Alors, investissement intelligent ou dépense excessive ? Tout dépendra des résultats. Si l’OM parvient à décrocher une qualification européenne — notamment pour la Ligue des champions, qui garantit une manne de revenus pouvant dépasser les 40 millions d’euros —, la mise pourrait rapporter gros. C’est un pari de haut vol, mais calculé. De Zerbi, connu pour sa culture du jeu mais aussi de la psychologie de groupe, semble convaincu par l’approche.
Un impact indirect sur la concurrence, notamment le PSG
Pour le Paris Saint-Germain, qui domine la Ligue 1 mais garde toujours un œil sur ses rivaux nationaux, cette stratégie originale marque un renouveau dans l’approche des challengers. Un OM mentalement boosté pour les finales de saison pourrait poser problème sur le long terme, notamment dans les confrontations directes ou la lutte pour les places européennes. Le PSG, s’il conserve une avance confortable cette saison, doit anticiper la montée en puissance des concurrents qui structurent intelligemment leurs projets sportifs et psychologiques.
En Ligue 1 comme en Europe, la dimension mentale devient cruciale. Si Roberto De Zerbi réussit son pari avec ce ritiro, il pourrait bien imposer un nouveau standard de gestion humaine dans le vestiaire marseillais… et inspirer d’autres managers français, jusqu’à Paris ?