Alors que le sprint final de la Ligue 1 bat son plein, l’Olympique de Marseille a créé la surprise en annonçant une mise au vert XXL en Italie, à Riano, dans les installations du Roma City FC. Une démarche hors-norme à ce stade de la saison, qui interroge même depuis Paris.
Un camp d’entraînement stratégique pour mobiliser les troupes
Pour préparer la réception de Brest, capitale dans la course à l’Europe, l’OM a mobilisé pas moins de cinquante membres de son staff et de son groupe professionnel pour un stage en Italie. Objectif annoncé ? « Renforcer une dynamique positive, dans un cadre différent« . Un message limpide communiqué par le club phocéen le 16 avril dernier. Et ce n’est pas une simple opération de communication : toute l’équipe – joueurs, staff, logistique – est concernée.
Le choix de quitter la Commanderie pour une retraite dans le nord de Rome témoigne d’une volonté de recentrer le projet sportif loin des pressions locales. L’enjeu est évident : relancer une dynamique collective pour retrouver une place européenne, et pourquoi pas rêver d’un retour en Ligue des champions – un objectif que le club a constamment martelé tout au long de la saison.
Longoria et Roberto : un tandem soudé et une communication maîtrisée
C’est dans un long communiqué publié par l’OM que Pablo Longoria a détaillé les raisons de cette aventure italienne, évoquant une décision née d’un « dialogue constructif » avec l’entraîneur Roberto De Zerbi. « L’idée a émergé de nos échanges avec Roberto qui, dès que nous en avons parlé, l’a tout de suite acceptée », déclare le président espagnol, qui insiste sur l’unité du club dans les prises de décisions (OM.fr, 16 avril 2024).
À travers ces mots, c’est aussi un signal fort envoyé : l’OM avance main dans la main. Dans une saison ponctuée par les remous et les changements, Longoria veut afficher une forme de sérénité et de cohérence. « On décide ensemble. On avance ensemble », martèle-t-il. Ce stage n’est donc pas qu’une parenthèse logistique : il est aussi un acte managérial pensé pour fédérer le groupe autour de la performance immédiate.
En filigrane, on devine aussi une volonté de désamorcer la pression médiatique locale, souvent exacerbée à Marseille. En choisissant l’Italie, Longoria permet à son entraîneur de travailler dans un relatif silence, loin des perturbations ambiantes.
Une mobilisation générale… qui intrigue jusqu’au PSG ?
Ce stage italien montre une forme d’audace rarement vue dans le football français. Et forcément, à Paris, cette initiative interpelle. Si le PSG a depuis longtemps l’habitude de stages millimétrés, souvent en hiver ou en intersaison, voir un concurrent direct à l’Europe – et qui pourrait croiser leur route en Coupe – mobiliser un tel dispositif à la mi-avril, c’est un signal fort.
Côté parisien, cette démarche montre aussi à quel point la concurrence sur le podium de Ligue 1 s’intensifie. Brest, Lille, Nice, Marseille… tous se battent pour une place en Europe, et certains comme l’OM n’hésitent pas à sortir des sentiers battus pour aligner les planètes. Cela pourrait forcer Luis Enrique, connu pour son exigence dans la préparation mentale et physique, à adapter lui aussi ses leviers de motivation à l’approche des chocs européens à venir – notamment les demi-finales de Ligue des champions… tout en gardant le cap sur la Ligue 1.
Une liste de joueurs presque au complet
De Geronimo Rulli à Keyliane Abdallah en passant par Mason Greenwood ou Geoffrey Kondogbia, tous les cadres (et jeunes talents) font partie du voyage italien. Le signal envoyé est clair : il ne s’agit pas d’un stage d’élite, mais d’une remobilisation collective. L’unité, encore et toujours, au cœur de la stratégie marseillaise.
Pour Paris, il s’agit d’une leçon à retenir : la gestion d’un effectif en fin de saison ne dépend pas seulement de la technique ou de la tactique. Le mental joue désormais un rôle déterminant, tant en championnat qu’en Ligue des champions. Cette mise au vert phocéenne pourrait bien s’avérer décisive… et donner des idées à d’autres.