Chaque année, les Trophées UNFP cristallisent les tensions entre reconnaissance méritée et injustices ressenties. L’édition 2024 n’a pas échappé à la règle. Si la domination du Paris Saint-Germain dans le Onze de l’année ne surprend guère, c’est davantage l’absence totale de joueurs de l’Olympique de Marseille parmi les finalistes qui a ouvert la voie à de nombreuses critiques – et à une réponse particulièrement piquante signée Adrien Rabiot.
Un Onze dominé par le PSG, l’OM totalement snobé
Avec neuf Parisiens dans le Onze type de la saison publié par l’UNFP, le message est clair : le PSG règne en maître sur la Ligue 1. Seuls Lucas Chevalier (Lille) et Rayan Cherki (Lyon) ont réussi à percer cette ossature bleu-blanc-rouge. En revanche, aucune trace de joueur phocéen, malgré une saison marseillaise globalement solide et une deuxième place au classement à une journée de la fin.
Le mécontentement gronde du côté du Vieux-Port. L’absence de nominations pour les Marseillais, couplée à celle de Roberto De Zerbi parmi les meilleurs entraîneurs, a de quoi surprendre quand on connaît l’impact de l’OM dans cette saison 2023-2024.
Adrien Rabiot, entre ironie et frustration
Après avoir quitté le PSG en 2019, Adrien Rabiot a souvent gardé une certaine distance avec son ancien club tout en restant un observateur attentif de la Ligue 1. Sur Instagram, l’international français a réagi à la désignation du Stade Vélodrome comme meilleur stade de la saison dans un post moqueur : « La question faisait-elle vraiment débat ? »
Mais c’est un commentaire d’un utilisateur, pointant son absence dans le Onze type de l’année – « celle de te mettre dans le XI de l’année non plus, et pourtant… » – qui a fait réagir Rabiot avec une sécheresse révélatrice. Sa réponse, concise mais tranchante : « Excellente réponse ». Une réaction glaciale chargée de second degré, qui illustre l’amertume d’un joueur toujours aussi exigeant envers lui-même et son statut dans le football français.
Bien que cette remarque émane plus d’un clin d’œil ironique que d’une véritable déclaration de guerre, elle soulève une question légitime : comment se construit ce fameux Onze et qui en décide ?
Des votes entre pairs et une légitimité contestée
Pour rappel, le collège électoral des Trophées UNFP est composé des joueurs eux-mêmes. Chaque joueur professionnel de Ligue 1 vote individuellement pour désigner les meilleurs à son poste. Sur le papier, cela garantit une forme d’objectivité. Mais dans les faits, cet exercice est souvent critiqué pour son manque de transparence et les dynamiques de popularité qui prévalent sur les performances pures.
L’absence de Rabiot, aujourd’hui à la Juventus mais très influent lors de ses passages en Ligue 1 et encore très suivi dans le championnat, pose effectivement la question de la mémoire collective du football français. Du côté du PSG, qui a massivement trusté les honneurs, la situation est tout autre. Cela confirme également une chose : les individualités parisiennes, portées par la médaille du titre de champion, continuent de dominer l’imaginaire des acteurs de Ligue 1, parfois au détriment d’autres collectifs pourtant solides.
Impact sur l’image du PSG et tension croissante dans le championnat
Pour le PSG, cette omniprésence dans le Onze de l’année renforce son image de rouleau compresseur en Ligue 1, mais alimente aussi cette idée d’un championnat déséquilibré. Le club parisien, déjà contesté pour sa puissance économique et sa domination, est au cœur d’une Ligue 1 plus polarisée que jamais. La frustration palpable à Marseille – renforcée par celle de joueurs comme Rabiot – témoigne de cette fracture grandissante.
À l’approche des playoffs européens et du mercato estival, cette tension médiatique peut aussi redéfinir les ambitions des clubs et mobiliser les dirigeants au moment de préparer la saison prochaine. Quant au PSG, ce genre de distinction individuelle ne pourra masquer bien longtemps l’attente cruciale qui entoure la Ligue des Champions, véritable juge de paix de la réussite sportive du projet qatari.