Alors que la saison s’est achevée sur une note contrastée pour l’Olympique de Marseille, Pablo Longoria a tenu son traditionnel grand oral devant la presse. Un moment attendu avec impatience par les supporters phocéens, qui scrutent à la loupe les orientations du président en matière de mercato, d’effectif et de gouvernance sportive. Le PSG, toujours vigilant à ses concurrents directs en Ligue 1 et sur la scène européenne, aurait tort de négliger la trajectoire marseillaise.
Roberto De Zerbi : confirmation à venir, mais ambition commune
Interrogé sur l’avenir de Roberto De Zerbi, Pablo Longoria a calmé le jeu : l’OM souhaite poursuivre l’aventure avec l’entraîneur italien, et ce dernier partage la même volonté. Toutefois, la direction entend d’abord effectuer un bilan complet avant de confirmer la continuité. « On va bien analyser toutes les situations et se fixer sur l’avenir ensemble », a précisé Longoria lors de sa conférence de presse (source : conférence de presse OM du lundi 20 mai 2024).
Le PSG, construit autour d’un nouvel équilibre tactique sous Luis Enrique, pourrait prêter attention à ce duo technique entre De Zerbi et Longoria. L’Italien, dont le style de jeu offensif et structuré est parfois comparé à celui de Guardiola, pourrait faire de l’OM un adversaire plus dangereux pour Paris en Ligue 1.
Continuité et stabilité : le cœur du projet marseillais
Le mot d’ordre de Pablo Longoria est clair : continuité. Après une saison pleine d’irrégularités, le président souhaite garder les piliers de l’effectif. Et il affiche deux priorités : verrouiller les cadres de cette saison et élargir l’effectif dans la perspective d’un calendrier plus dense.
Des joueurs comme Pierre-Emile Højbjerg et Neil Maupay vont poursuivre à l’Orange Vélodrome, leurs options obligatoires ayant été levées. Cependant, certains cas restent flous, comme ceux de Ismaël Bennacer ou Amar Dedic.
Un focus particulier a été mis sur Valentin Rongier, pilier du milieu marseillais, récemment revenu de blessure. Bien qu’il n’ait plus qu’un an de contrat, Longoria joue la carte du respect : « Un club qui ne respecte pas ces choses-là, n’est pas un club respectable ». Une déclaration forte qui montre une autre facette de la politique contractuelle de l’OM, tournée vers l’humain.
Pas de folies sur le marché : le modèle responsable de l’OM
Face aux échos de transferts XXL, Pablo Longoria pose des limites nettes : aucun transfert à 40 millions d’euros. L’objectif est de sécuriser les meilleurs profils disponibles sur le marché, sans déséquilibrer la grille salariale.
Le dirigeant espagnol met en avant l’expertise du nouveau conseiller sportif Mehdi Benatia, censé identifier les bonnes opportunités. « Ce qu’on veut faire, c’est trouver les meilleures opportunités du marché, et Mehdi, là-dessus, est l’un des meilleurs d’Europe », affirme Longoria. Une stratégie qui contraste avec celle du PSG, capable de faire des coups d’éclat à 80 ou 100 millions, mais qui semble aussi évoluer vers des acquisitions plus rationnelles.
Autre aspect marquant : le refus catégorique de proposer des salaires disproportionnés aux nouvelles recrues, même libres. Longoria s’en explique via une anecdote personnelle : « J’ai fait cette erreur à Valence (NDLR : en 2018), et on a dû détruire le groupe après avoir créé des déséquilibres en interne ». Une mise en garde qui vaut dans toute grande équipe, y compris au PSG.
Quel impact pour le PSG ?
Si l’OM ne rivalise pas encore avec le PSG en termes de standing européen ou de budget, la clarté du projet marseillais peut représenter un vrai défi domestique. Le maintien de De Zerbi, combiné à une gestion cadrée et un vestiaire stabilisé, pourrait faire des Phocéens des outsiders sérieux la saison prochaine.
Pour Paris, qui aspire à retrouver les sommets européens tout en dominant la Ligue 1 avec autorité, surveiller les dynamiques de ses ennemis historiques restera crucial. Longoria trace un cap, De Zerbi applique, et l’OM s’organise pour durer. Une adversité mieux construite, et donc plus dangereuse.