OM : De Zerbi face à un casse-tête tactique avant la Ligue des champions

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Si l’OM peut savourer sa qualification directe pour la phase de groupes de la prochaine Ligue des champions, une faille majeure pourrait bien freiner ses ambitions européennes. Malgré une attaque flamboyante sous la houlette de Roberto De Zerbi, les carences sur coups de pied arrêtés inquiètent et offrent un vrai sujet d’analyse. Pour un club qui affiche des ambitions européennes renforcées, cette faiblesse invisible dans les stats brutes est un véritable signal d’alarme.

74 buts marqués, mais une efficacité en trompe-l’œil

Côté offensive, la révolution De Zerbi a porté ses fruits. Avec 74 buts inscrits en championnat, l’OM signe sa meilleure performance offensive depuis la saison 1970-1971. Le système de jeu mis en place par l’ancien coach de Brighton — possession haute (63,6 %), pressing avancé, alternance entre attaques placées et transitions rapides — a permis un jeu séduisant et souvent efficace.

Ce jeu dynamique s’est matérialisé avec une moyenne de 2,18 buts par match, et un équilibre presque parfait entre attaques construites (19 buts) et contre-attaques bien menées (19 buts). Des chiffres qui montrent la patte De Zerbi, où le contrôle du ballon prime sur le chaos, et où l’intensité joue un rôle structurant dans la récupération.

Mais à y regarder de plus près, ce feu d’artifice cache un problème plus profond…

Un secteur trop négligé : les coups de pied arrêtés

Le talon d’Achille de De Zerbi à Marseille s’appelle les coups de pied arrêtés. En effet, sur les 74 buts marqués, seuls 6 sont venus d’actions sur phases arrêtées – un chiffre alarmant pour un club aspirant aux sommets européens. Plus alarmant encore, aucun défenseur n’a trouvé la faille sur ces phases, un fait rarissime au haut niveau où la menace aérienne est cruciale.

À titre d’exemple, Pierre-Emile Højbjerg est le seul joueur marseillais à avoir inscrit un coup franc direct cette saison. Du côté de Mason Greenwood, s’il a été chirurgical sur penalty (7 sur 8), son seul but sur coup de pied arrêté est venu d’un tir lointain chanceux. Les corners ? Une seule réussite signée Adrien Rabiot… contre Angers. Le reste : du vide ou des séquences confuses.

Cette stérilité offensive sur coups de pied pose également des questions sur la préparation tactique de ces séquences à l’entraînement. Dans les grands clubs européens, ces phases sont souvent des armes décisives, notamment lorsque l’adversaire ferme le jeu ou que les espaces sont rares. L’incapacité à valoriser ces moments clés du match trahit une forme de déséquilibre dans le projet de jeu, trop focalisé sur les phases dynamiques.

Cette défaillance pourrait coûter très cher en Ligue des champions, où chaque détail compte. Clubs comme le Real Madrid, Arsenal ou encore l’Atlético Madrid excellent dans l’utilisation clinique des coups de pied arrêtés pour débloquer des matchs fermés. Ne pas exploiter ce secteur, c’est se priver d’une arme majeure.

Quels ajustements pour De Zerbi ?

De Zerbi a désormais l’été pour corriger cette faiblesse. Cela passera probablement par une réévaluation de ses schémas sur corners, notamment en impliquant davantage ses centraux — souvent présents physiquement, mais absents statistiquement. Il pourrait aussi s’inspirer de modèles efficaces comme ceux d’Arsenal ou Leipzig, qui importent des séquences répétées et analysées par la data.

L’enjeu est double : améliorer le rendement offensif face à des équipes regroupées et éviter de perdre le fil tactique en Ligue des champions. Si Roberto De Zerbi veut faire franchir un cap à l’OM et rivaliser avec les cadors continentaux, ce lifting stratégique est incontournable.

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