À Marseille, l’été 2024 démarre sur des bases bien connues : une réorganisation musclée des effectifs avant la reprise. Et une fois de plus, Pablo Longoria ne fait pas dans la dentelle. Le président de l’OM, en étroite collaboration avec son entraîneur Roberto De Zerbi, a acté l’ouverture d’un nouveau ‘loft’. Objectif : pousser certains joueurs hors du projet, pour mieux construire autour des nouvelles priorités sportives.
Un nettoyage estival qui s’inscrit dans la continuité
Ce n’est pas une première pour Pablo Longoria. Déjà l’an dernier, l’homme fort de l’OM avait profité de l’arrivée de Roberto De Zerbi pour faire le ménage dans un effectif trop hétérogène. Résultat : des cadres écartés, et un vestiaire largement remanié. Un an plus tard, même recette. Le technicien italien, réputé pour sa vision pointue du jeu et son exigence tactique, ne veut pas composer avec des éléments en dehors de son projet. Six joueurs sont invités à rejoindre la Pro 2 : Ruben Blanco, Bamo Meïté, Azzedine Ounahi, Faris Moumbagna, Simon Ngapandouetnbu et Ismaël Koné.
Ils ne participeront pas à la reprise prévue la semaine prochaine avec le groupe professionnel, selon les informations révélées par Foot Mercato. Pour le PSG et ses supporters, observer la transformation marseillaise n’est pas anodin : un OM cohérent et mieux structuré représenterait un adversaire plus sérieux dans la quête du titre en Ligue 1.
Mobilité contrainte : des joueurs poussés vers la sortie stratégique
Le choix d’écarter ces six éléments ne relève pas du hasard. La stratégie de l’OM est claire : assainir la masse salariale et libérer des places dans l’effectif pour permettre au club de recruter de manière ciblée, en phase avec les ambitions de De Zerbi. Parmi les noms cités, Azzedine Ounahi est probablement le plus retentissant. Le milieu marocain, brillant lors de la Coupe du Monde 2022, n’a jamais réellement trouvé sa place sur la Canebière. Quant à Ruben Blanco, le gardien espagnol, il n’a jamais réussi à inquiéter Pau Lopez ou à s’imposer comme une réelle alternative.
En interne, le message est clair : toute résistance sera vaine. L’exemple de Chancel Mbemba l’an passé, totalement mis de côté et privé de temps de jeu, est encore vif dans les couloirs du Vélodrome. Pour les joueurs concernés, il s’agit désormais de trouver rapidement une porte de sortie, sous peine de voir leur carrière prendre un virage inquiétant.
Cette gestion, bien qu’austère, s’inscrit dans une tendance généralisée à l’optimisation des effectifs dans les grands clubs français. Au Paris Saint-Germain par exemple, Luis Campos a déjà plusieurs fois procédé à ce type de restructuration, notamment avec les prêts successifs de joueurs mis à l’écart au Camp des Loges. Un modèle de gestion de plus en plus assumé par la direction sportive, avec pour objectif une clarté de projet et une efficacité collective accrue.
Quel impact pour la Ligue 1 et la rivalité PSG-OM ?
Ce renouvellement radical pourrait-il permettre à l’OM de retrouver une compétitivité durable ? Sur le papier, le projet De Zerbi intrigue. Le technicien italien bénéficie d’un réel crédit, y compris hors des frontières françaises, depuis ses passages réussis à Sassuolo et Brighton. S’il parvient à bâtir un groupe cohérent et discipliné, Marseille pourrait redevenir une menace pour le PSG en championnat.
Cependant, ces grands chambardements posent aussi de réels défis en matière de continuité du projet sportif. Trop d’instabilité structurelle ou managériale pourrait condamner à une nouvelle saison de transition. Pour le Paris Saint-Germain, ce type de réorganisation chez son grand rival pourrait signifier deux choses : soit une forme d’instabilité chronique à surveiller, soit l’éclosion d’un OM en quête de renaissance. Dans les deux cas, les Parisiens devront rester vigilants.
Avec un mercato qui s’annonce agité sur la Canebière et le cap clair fixé par De Zerbi, l’OM vient peut-être de tirer un nouveau trait sur son passé pour mieux rebondir. Paris, en leader, aura tout intérêt à observer attentivement cette phase de transition phocéenne. Car si l’OM retrouve ses standards, alors le Clasico pourrait à nouveau retrouver tout son sens sur le terrain.