Jacques-Alaixys Romao : le retour surprise d’un ancien taulier de l’OM en National 3

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

À 41 ans, Jacques-Alaixys Romao n’en a clairement pas fini avec le football. L’ancien cadre du milieu de terrain de l’Olympique de Marseille surprend tout le monde en s’engageant avec le club amateur de Six-Fours Le Brusc, fraîchement promu en National 3. Un choix qui interroge autant qu’il intrigue, et qui mérite une analyse plus poussée, entre nostalgie, passion et stratégie régionale.

Romao : un parcours riche et une dernière danse dans le Var

Formé à Toulouse mais révélé sur la scène nationale avec Lorient et surtout l’OM (2013-2016), Jacques-Alaixys Romao a toujours incarné un style de jeu sobre mais efficace. Sa capacité à gratter des ballons, sa rigueur tactique et son esprit de compétition en ont fait un élément incontournable de l’entrejeu marseillais, notamment lors des années Bielsa, où il formait une paire rugueuse avec Imbula ou Lemina.

Après son départ du Vélodrome, il a poursuivi sa carrière au plus haut niveau avec l’Olympiakos en Ligue des Champions, avant de revenir en France à Reims puis Guingamp. À plus de 35 ans, quand certains auraient opté pour une retraite bien méritée, Romao s’est lancé un nouveau défi en Grèce, à Ionikos puis Kallithea.

Et le voilà à 41 ans au Six-Fours Le Brusc FC, une modeste équipe du Var qui vient de décrocher sa montée en National 3. Un vrai retour aux sources pour celui qui connaît bien le sud, notamment grâce à son passage à l’OM. Ce choix est aussi en attente d’une validation officielle par la DNCG, preuve que même à ces niveaux-là, les règlements restent stricts.

Pourquoi ce choix et quel impact pour le club de Six-Fours Le Brusc ?

La décision de rejoindre un club de ce niveau peut sembler surprenante, mais elle témoigne d’une volonté claire de continuer à transmettre. En National 3, l’apport d’un joueur ayant disputé plus de 300 matchs professionnels – dont une partie en Ligue 1 et en compétitions européennes – est tout simplement colossal. Romao pourra jouer les mentors auprès d’un groupe jeune, moins expérimenté, et aider à structurer un vestiaire en pleine transition après une montée historique.

Du côté des supporters marseillais, cette nouvelle résonne comme un clin d’œil nostalgique. Romao reste l’un des visages d’une époque où l’OM se battait encore avec rage pour concurrencer un PSG conquérant. Même si les trophées se sont faits rares, l’état d’esprit qu’il incarnait était apprécié sur la Canebière.

Ce retour dans la région PACA peut également être vu comme une forme de continuité. Car aujourd’hui, de nombreux anciens professionnels participent à la valorisation du football régional, parfois en tant que joueurs, souvent comme encadrants. Le cas Romao pourrait ouvrir la voie à d’autres figures passées du football pro souhaitant accompagner la jeune génération.

L’ombre du Classique : quand l’OM inspire et se projette

Ce genre de trajectoire contraste avec ce que l’on observe au PSG, où de nombreux anciens joueurs raccrochent les crampons pour se reconvertir immédiatement dans le business ou à l’international. À l’OM, culture populaire oblige, le lien avec les racines et la région reste fort. Un Romao en National 3, c’est le reflet d’un club qui, même indirectement, continue de fédérer et de produire des hommes de terrain.

Alors que l’OM 2025-2026 reconstruit avec Roberto De Zerbi aux commandes, et se lance à nouveau dans une campagne européenne ambitieuse, ce genre d’actualité rappelle que le football ne s’arrête pas aux paillettes de la Ligue des Champions. Il vit aussi dans les divisions inférieures – et parfois, ce sont les anciens Olympiens qui ravivent ses flammes.

Six-Fours Le Brusc pourrait donc devenir, cette saison, le théâtre d’un baroud d’honneur inattendu mais inspirant. Et si Romao a montré qu’il avait du cœur sur le rectangle vert, il pourrait aussi insuffler à ce petit club l’énergie nécessaire pour se maintenir, voire rêver plus haut. L’histoire ne fait que recommencer.

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