Depuis son départ très sec de l’OM à l’été 2025, Chancel Mbemba vit une traversée du désert inattendue. Pilier de la défense phocéenne durant deux saisons et adulé par le Vélodrome, l’international congolais se retrouve libre de tout contrat. Mais avec des exigences salariales élevées et une saison 2024-2025 en eau trouble, le joueur peine sérieusement à rebondir. Analyse d’un cas qui illustre parfaitement les mutations stratégiques à l’OM… et la férocité du football moderne.
Un départ sous tension dicté par la révolution De Zerbi
Arrivé en 2022, Chancel Mbemba avait tout du stoppeur parfait : rugueux, charismatique, décisif. Mais l’ère Roberto De Zerbi, débutée en juillet 2024, a rapidement changé la donne. Le technicien italien, fidèle à ses principes de relance courte et d’intensité hybride, ne s’est pas embarrassé des statuts. Moins à l’aise balle au pied et parfois critiqué pour ses relances approximatives, Mbemba n’entrait pas dans la logique de jeu voulue. Dès la reprise, il est écarté du groupe professionnel, relayé chez les réservistes du club, à l’instar d’un Mbappé au PSG lors de l’été 2023.
Un traitement radical, ayant poussé Mbemba vers la sortie. Libéré de son contrat fin juin 2025, il espérait rebondir immédiatement. Mais l’enthousiasme des prétendants s’est rapidement estompé…
Des prétentions salariales déconnectées du marché
Selon Foot Mercato, plusieurs clubs se sont montrés intéressés, dont le Paris FC en Ligue 2 et des écuries du Golfe. Mais rien ne s’est concrétisé. La raison ? Des exigences salariales jugées déraisonnables. L’ancien Marseillais réclamerait un salaire supérieur à celui qu’il percevait à l’OM, soit plus de 320 000 euros mensuels, assorti d’une prime à la signature conséquente.
Un chiffre jugé irréaliste pour un joueur de 30 ans, surtout après une saison blanche. En comparaison, même au PSG, seuls des éléments majeurs du onze de Luis Enrique touchent de telles sommes. Comment justifier un tel montant dans un contexte post-Coupe du Monde 2022, où les salaires sont de plus en plus scrutés et rationalisés ?
Mbemba semble prisonnier de son image passée, refusant de s’aligner sur une réalité de marché bien différente. Une rigidité qui pourrait lui coûter cher s’il ne revoit pas sa copie rapidement.
Quel avenir pour Mbemba ? Un retour en Europe compromis
Bien qu’il privilégie, d’après les informations de Foot Mercato, un maintien en Europe, les portes se ferment jour après jour pour Chancel Mbemba. Peu de clubs acceptent l’idée d’un pari aussi coûteux, tant sur le plan sportif que financier. Même dans des championnats secondaires comme la Belgique, les Pays-Bas ou la Turquie, ses attentes salariales restent un frein majeur.
Il subsiste alors deux options : un exil doré au Moyen-Orient, où malgré tout la stratégie budgétaire s’est récemment durcie, ou une improbable baisse drastique de ses exigences pour revenir dans un championnat compétitif. Pour un joueur qui briguait l’Europe, voire la Ligue des Champions il y a peu, l’ironie est cruelle.
Du côté de l’OM, cette situation illustre bien la logique du nouveau directeur sportif, qui n’hésite pas à faire place nette afin d’imposer sa vision. Clauss, Gigot, Veretout… plusieurs cadres sont partis sans regret dès l’été 2024. Un virage stratégique assumé qui, au vu des bons résultats actuels en Ligue 1 (3e à la 10e journée) et en Ligue Europa, semble payant.
Un cas symptomatique des nouveaux équilibres à l’OM
Le dossier Mbemba met en lumière la rigueur imposée par Roberto De Zerbi et la direction marseillaise. L’idée ? Ne plus dépendre de statuts ou d’émotions, mais construire un effectif adapté au projet de jeu. Cette stratégie tranche avec celle du PSG, qui a longtemps été prisonnier des noms (Ramos, Neymar, Messi…), avant de redéfinir sa ligne en 2023.
Pour les supporters phocéens, le souvenir de Mbemba reste teinté d’amertume. Héros d’un soir contre le Sporting ou buteur providentiel en Ligue 1, il est aujourd’hui une figure du passé. Un passé que l’OM tente volontairement de tourner pour construire un avenir plus cohérent, plus stable… et pourquoi pas couronner une saison 2025-2026 pleine d’ambition.