L’Olympique de Marseille s’apprête à tourner une page, et pas des moindres. Arrivé en prêt avec option d’achat lors du mercato estival 2024, Neal Maupay est désormais poussé vers la sortie. Alors que l’international franco-anglais avait suscité une certaine attente parmi les supporters marseillais, son aventure phocéenne touche à sa fin dans une relative indifférence, pour une somme qui fait grincer des dents : cinq petits millions d’euros.
Maupay à l’OM : une adaptation contrariée
Formé à Nice, passé par Brest et Saint-Étienne, Maupay connaissait bien la Ligue 1. Pourtant, au Vélodrome, il n’a jamais totalement trouvé sa place. En conflit avec la dynamique tactique de Roberto De Zerbi, l’ex-Evertonien a commencé la saison 2024-2025 sur le banc, éclipsé par Elye Wahi. Son profil de renard des surfaces peinait à cohabiter avec le système proactif voulu par l’ancien coach de Brighton.
L’arrivée hivernale d’Amine Gouiri a définitivement scellé son sort. Malgré quelques éclairs – 4 buts et 4 passes décisives en 24 apparitions toutes compétitions confondues – l’international espoir français n’aura jamais été un titulaire en puissance. Le retour motivé de Pierre-Emerick Aubameyang, en grande forme depuis janvier, rendait sa présence encore plus marginale dans les plans de jeu marseillais.
Un prix dérisoire : opportunité ou abdication ?
Selon Foot Mercato, le board marseillais a fixé le prix de départ à seulement cinq millions d’euros. Une somme presque symbolique, quand on sait que l’OM avait investi des ressources pour rapatrier le joueur dans la perspective d’une profondeur offensive accrue. Mais avec des performances irrégulières et un impact limité dans les gros matchs – notamment lors du Classique face au PSG, où il est resté muet – la valeur du joueur s’est réduite comme peau de chagrin.
Ce montant pourrait paraître risible pour certains observateurs, surtout à l’heure où les clubs les plus modestes n’hésitent plus à mettre des dizaines de millions sur des profils prometteurs. Certains pourraient y voir une opportunité extraordinaire pour des formations comme Trabzonspor ou Sassuolo, intéressées par le joueur selon FotoMac. Mais pour l’OM, cela ressemble davantage à une volonté de faire de la place dans un effectif en recomposition.
Conséquences pour l’OM en saison 2025-2026
La faible valeur marchande attribuée à Maupay est symptomatique d’une stratégie de recrutement encore perfectible. De Zerbi et Pablo Longoria cherchent désormais à construire un effectif plus cohérent pour affronter la Ligue 1, la Coupe de France, et potentiellement l’Europa League. La concurrence féroce avec le PSG, qui continue de dominer le championnat avec autorité, oblige Marseille à épurer son effectif pour pouvoir attirer des renforts ciblés.
L’attaque olympienne repose désormais sur un trio Wahi-Gouiri-Aubameyang aux profils variés et complémentaires. La place pour Maupay semble donc inexistante. Et avec un mercato encore long jusqu’à fin août, l’OM devra non seulement vendre rapidement, mais surtout capitaliser sur les départs pour se renforcer efficacement, notamment au milieu et en défense centrale.
Un départ de Neal Maupay à prix « cassé » permettra au club de dégager de la masse salariale et de s’orienter vers d’autres cibles plus adaptées au projet de De Zerbi. Néanmoins, ce choix pose aussi question : l’OM ne rate-t-il pas une opportunité de mieux valoriser ses joueurs sur le marché, à l’image d’un PSG qui sait vendre ses remplaçants à prix d’or ?
Conclusion : une fin sans éclat, mais pleine d’enseignements
La mise à l’écart de Neal Maupay met en lumière les limites d’un recrutement de dernière minute, sans vision long terme. Alors que la rivalité marseillaise avec le PSG impose un niveau d’exigence extrême pour briller en Ligue 1 et en Europe, De Zerbi ne pouvait se permettre de conserver un joueur non conforme à son schéma de jeu. Ce départ annoncé, même à faible coût, est donc plus stratégique qu’économique. Mais il rappelle aussi que l’OM a encore des progrès à faire dans la gestion de ses actifs sportifs pour rivaliser durablement avec Paris, au-delà de l’émotion des Classiques.