L’atmosphère est électrique en Ligue 1 cette saison 2025-2026. Après les frictions récurrentes entre l’OM et le PSG, c’est avec un autre poids lourd du championnat que Pablo Longoria entre en collision : le FC Nantes. Waldemar Kita, président au verbe aiguisé du FCN, a ouvertement attaqué le président marseillais lors du dernier conseil d’administration de la LFP. En toile de fond : des divergences profondes sur la gouvernance, l’arbitrage, mais aussi une série de transferts houleux qui empoisonnent les relations entre les deux clubs depuis plusieurs saisons.
Une altercation publique à la LFP : un fossé politique et personnel
Lundi dernier, les murs de la LFP ont tremblé. Devant un parterre médusé de dirigeants de Ligue 1, Waldemar Kita a dégainé frontalement face à Pablo Longoria : « Je suis un immigré comme toi (…), on n’insulte pas la Ligue comme ça », aurait lancé le patron nantais, selon L’Équipe. Une sortie violente en réaction aux critiques formulées par Longoria sur le corps arbitral après une rencontre tendue à Auxerre, en février dernier.
L’homme fort de l’OM avait alors pointé du doigt une série de décisions arbitrales jugées partiales. Pour Kita, ces déclarations nuisent à la crédibilité des instances et alimentent un climat de défiance. En privé comme en public, le président des Canaris milite pour un cadre disciplinaire plus strict. Il est même allé jusqu’à réclamer la démission de Longoria de son poste de vice-président de la LFP.
Des transferts envenimés : la mèche allumée dès Rongier
Le conflit ne date pas d’hier. Déjà en 2019, la transaction de Valentin Rongier vers l’OM avait posé les premiers jalons de cette rivalité larvée. Cette saison, Nantes a saisi la commission juridique de la LFP pour réclamer 1,5 million d’euros à Marseille, au titre d’un bonus lié à un potentiel transfert en interne. Mais le club olympien n’a pour l’instant pas bougé.
Autre épisode épineux : le transfert de Quentin Merlin. Arrivé de Nantes en janvier 2024, l’OM n’aurait toujours pas versé 1,3 million d’euros de bonus. Cette dette persistante plombe les relations, surtout dans un contexte où les comptes doivent être rigoureusement surveillés du côté nantais.
Enfin, le cas Matthis Abline a mis le feu aux poudres. L’OM aurait directement approché le joueur en vantant son projet et en dénigrant les Kita, tout en proposant un montant de 15 millions d’euros, sans négociation. Une stratégie que Nantes a jugée cavalière et irrespectueuse.
OM vs Kita : un nouveau front tendu après le PSG
Ces tensions entre Marseille et Nantes viennent s’ajouter à celle déjà très médiatisée opposant Longoria à Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG. Là encore, les échanges s’étaient durcis lors de précédents votes à la LFP et lors de discussions autour des droits TV. Longoria, souvent perçu comme critique à l’égard d’un certain centralisme parisien, semble désormais cristalliser les oppositions.
Tactiquement, cette rivalité avec Nantes s’invite aussi sur les terrains. Le match OM-Nantes du 2 mars dernier, où Marseille avait dominé 2-0 dans une ambiance tendue, en est l’illustration parfaite. Aucun geste entre dirigeants, une froideur assumée en tribune et une gestion sportive tendue : l’OM est désormais engagé dans une guerre d’influence avec plusieurs clubs du haut de tableau.
Quel impact pour la saison 2025-2026 ?
Alors que l’OM vise une qualification directe en Ligue des champions, voire plus selon le discours offensif du board phocéen, ce climat de tension peut avoir un double effet. D’un côté, il renforce l’image d’un club qui refuse de se laisser marcher dessus. De l’autre, il pourrait freiner certains deals ou agacer l’environnement LFP.
Contactée par les médias, la direction de l’OM a tenté d’apaiser les choses : « En tant que club, nous souhaitons entretenir des relations cordiales avec tout le monde, même lorsqu’il existe des divergences. » Une déclaration d’intention qui sonne creux face à la réalité du terrain.
Dans une Ligue 1 2025-2026 toujours plus compétitive, chaque détail compte. Longoria, déjà dans le viseur du PSG, doit désormais manœuvrer avec prudence pour éviter que ces conflits personnels ne se transforment en handicaps structurels. Car si le terrain peut tout pardonner… les coulisses, elles, n’oublient rien.