14 ans. C’est le temps qu’il aura fallu aux supporters marseillais pour savourer une victoire en Classique à domicile face à l’ennemi juré parisien. En s’imposant 1-0 au Vélodrome lors de la 9e journée de Ligue 1 2025-2026, l’Olympique de Marseille a non seulement brisé une malédiction mais aussi ravivé une lutte féroce en tête du classement. Retour sur un choc électrique, aux enjeux multiples.
Un Vélodrome incandescent, un OM conquérant
Dès les premiers instants, l’intensité est palpable. Devant un Vélodrome bouillant, l’OM frappe dès la 5ᵉ minute : Nayef Aguerd exploite une sortie hasardeuse du gardien parisien Lucas Chevalier et propulse le ballon au fond des filets. Marseille prend les devants et ne relâche jamais l’intensité.
Sur le plan tactique, Roberto De Zerbi réussit son coup. Son 4-2-3-1 hybride bloque les circuits préférentiels du PSG. Le pressing haut, coordonné à la perfection, contrarie les relances parisiennes. Gouiri, côté marseillais, confirme son état de forme et manque de peu le 2-0 avec une frappe sur la transversale. Emerson pense doubler la mise, mais son but est logiquement refusé pour hors-jeu.
En face, le Paris Saint-Germain – pourtant champion d’Europe en titre – présente un visage méconnaissable. Kvaratskhelia est le seul à surnager, mais ses accélérations s’éteignent face à un Chancel Mbemba impérial. Les entrées d’Aubameyang, Kang-In Lee et Mayulu ne changent rien. Le PSG multiplie les tentatives désespérées en fin de match, mais l’OM reste solide. Gerónimo Rulli réalise deux parades spectaculaires devant Vitinha et Nuno Mendes, et Greenwood frôle le KO marseillais en contre.
Un Classique sous haute tension, De Zerbi expulsé
Comme souvent dans les grands rendez-vous, la tension monte aussi hors du rectangle vert. À la mi-temps, un échange houleux éclate dans le tunnel entre Luis Campos, le conseiller sportif du PSG, et Mehdi Benatia, directeur sportif olympien. Le staff intervient rapidement, montrant que la rivalité OM-PSG dépasse largement les 90 minutes.
En fin de match, Roberto De Zerbi est expulsé pour protestation virulente après une faute non sifflée sur Ounahi. L’Italien, fidèle à son tempérament passionné, suit les dernières minutes depuis les tribunes. Son équipe tient, avec bravoure.
Ce succès a des répercussions fortes : l’OM remonte à la 3e place du Championnat, à seulement deux points du PSG, désormais deuxième derrière Monaco. Cette victoire ne vaut pas seulement trois points ; elle remet Marseille sur la scène nationale comme un prétendant crédible au titre. Et dans une saison où les deux clubs visent également la Ligue des Champions – où l’OM jouera son huitième de finale retour face à la Real Sociedad en février – cette dynamique pourrait peser lourd.
Et maintenant ? Enjeux pour la suite de la saison
Le principal défi pour De Zerbi est de maintenir ce niveau d’intensité et d’agressivité sur la durée. L’OM 2025-2026, c’est un savant mélange d’expérience (Rulli, Mbemba, Aguerd), de technique (Gouiri, Harit) et d’audace tactique apportée par l’Italien.
Côté PSG, Luis Enrique a du souci à se faire. Son équipe, parfois trop dépendante d’éclairs individuels, a vu ses limites colletées par un adversaire mieux organisé. La gestion mentale du groupe, notamment après cette défaite symbolique face au grand rival, sera un enjeu majeur. Un rebond est attendu dès la prochaine journée.
Ce Classique a tenu toutes ses promesses : intensité, ferveur, retournements, et un verdict clair. L’OM est de retour dans le haut du panier. Et cette fois, c’est le PSG qui tombe de haut. L’histoire est en marche.