Le choc entre la Juventus et l’AC Milan ce dimanche à l’Allianz Stadium a un parfum particulier. Si Massimiliano Allegri revient sur ses terres en ancien héros, Adrien Rabiot, lui, s’attend à une atmosphère nettement moins chaleureuse. L’ancien milieu de terrain de l’Olympique de Marseille, aujourd’hui sous les couleurs du Milan AC, va fouler la pelouse turinoise dans une ambiance qui s’annonce froide… voire carrément hostile.
Rabiot et la Juventus : une histoire sans passion
Arrivé à la Juventus en 2019 après son départ tourmenté du PSG, Adrien Rabiot a passé cinq saisons en Bianconero. Titulaire régulier, il a su s’imposer dans un contexte souvent instable, marqué par les blessures et les changements d’entraîneur. Pourtant, malgré une régularité indéniable, Rabiot n’a jamais véritablement conquis le cœur des tifosi turinois.
« Rabiot a été un bon milieu, très solide physiquement, dans des années où beaucoup se blessaient. Mais il n’est jamais vraiment entré dans nos cœurs« , explique Massimo Zampini, figure influente chez les supporters de la Juve, dans les colonnes de L’Équipe. Autrement dit : efficacité oui, attachement non.
Ce manque d’émotion réciproque explique l’indifférence – voire l’hostilité – qui accompagnera son retour dimanche. Contrairement à d’autres anciens, comme Gianluigi Buffon ou Claudio Marchisio, Rabiot ne soulève ni nostalgie ni ferveur chez les Bianconeri. Son passage, bien que globalement positif sur le plan sportif, ne laisse pas de traces indélébiles dans la mémoire collective du club.
Un nouveau chapitre avec Milan et une renaissance en Serie A
Parti libre à l’été 2024 après une dernière saison correcte mais sans coup d’éclat, le natif de Saint-Maurice a choisi de rester en Serie A… mais en rejoignant l’ennemi rouge et noir. Un choix fort, qui illustre une volonté de continuer à évoluer au plus haut niveau tout en relançant sa carrière dans une équipe ambitieuse.
Poussé par un Stefano Pioli (ou son successeur, en cas de changement à la tête du Milan AC) désireux de renforcer son milieu de terrain, Rabiot s’est rapidement intégré au cœur du projet milanais. En cette saison 2025-2026, il s’impose comme un cadre de l’entrejeu, aux côtés de joueurs comme Reijnders ou Loftus-Cheek, avec une vision et une solidité défensive précieuses.
Rabiot revient donc à Turin avec un vrai statut, dans une équipe milanaise en course pour le Scudetto. Il pourrait même être l’un des éléments clés d’une victoire rossonera qui affaiblirait encore un peu plus une Juventus en crise de constance. Le geste serait symbolique… et piquant pour les supporters bianconeri.
Un parcours OM-PSG-Juve-Milan : les cicatrices d’une trajectoire hors norme
Le passage d’Adrien Rabiot à l’Olympique de Marseille lors de la saison 2024-2025 reste marquant. Prêté par la Juventus pour relancer son temps de jeu, le milieu tricolore avait surpris bon nombre d’observateurs par son choix courageux… et malin. À l’OM, Rabiot avait trouvé un environnement propice à son style de jeu : pressing haut, relance rapide et mentalité guerrière, sous la direction d’un De Zerbi alors en pleine ascension.
Sa saison marseillaise, bien que courte, l’a réconcilié avec une partie du public français. Et elle a surtout redonné du crédit à un joueur souvent critiqué pour ses choix de carrière. En rejoignant l’archirival millanais de la Juve, Rabiot poursuit cette trajectoire résolument atypique, entre grands clubs et ambiance explosive.
Quel impact pour les ambitions de l’OM ?
Si l’OM n’a pas pu prolonger l’aventure de Rabiot, son passage a laissé des traces positives sur le plan tactique et mental. Sous De Zerbi, le club phocéen s’appuie désormais sur un milieu équilibré, inspiré par les qualités qu’incarnait le Français : sobriété, intelligence de placement et agressivité au bon moment.
La trajectoire de Rabiot, observée de près par la direction de l’OM, rappelle que Marseille doit continuer à cibler des joueurs en quête de relance mais expérimentés, capables d’apporter immédiatement. L’épisode italien, lui, alimente encore un peu plus les tensions entre les clubs latins où se croisent anciens Marseillais et ex-Parisien. Le fait qu’un ancien de l’OM pourrait faire tomber la Juve sous les couleurs du Milan AC n’échappera à personne… surtout pas aux supporters du PSG, toujours prompts à alimenter la rivalité historique.
Dimanche, sur la pelouse de Turin, Rabiot jouera gros : pas pour regagner l’amour d’un public perdu, mais pour confirmer qu’à 30 ans, il est plus que jamais un acteur clé de la Serie A. Et peut-être, au passage, asséner un coup fatal à la Juventus, son ancien club.