L’Olympique de Marseille traverse une zone de turbulence en dehors du terrain, avec son entraîneur Roberto De Zerbi au cœur d’un tourbillon médiatique. En cause : des déclarations contradictoires sur le départ d’Adrien Rabiot, qui font grincer des dents chez les observateurs du football français… et pas seulement sur la Canebière.
Un changement de ton qui interroge les supporters et les anciens joueurs
Lors de son entretien accordé au Corriere della Sera le 3 mars 2025, Roberto De Zerbi est revenu sur le départ d’Adrien Rabiot en janvier, évoquant une décision stratégique : « Le club a choisi de se passer de Rabiot, qui n’a pas voulu faire un pas en arrière. » Une sortie qui tranche avec son discours de début de saison 2025-2026, où il encensait le professionnalisme du milieu aux 29 sélections avec les Bleus.
Invité à commenter ces déclarations sur RMC Sport, Éric Di Meco n’a pas masqué son incompréhension : « Le problème, c’est que De Zerbi, dans cette histoire, il a tout dit et son contraire. » L’ancien défenseur marseillais, figure respectée du club, pointe un manque de cohérence et une communication jugée « moyenne ».
Le cas Rabiot s’est particulièrement tendu après une altercation avec Jonathan Rowe à l’entraînement cet hiver, ce qui a scellé son sort à Marseille. Mais pour beaucoup, cela n’excuse pas la volte-face verbale de De Zerbi, surtout quand on se revendique d’un management basé sur la franchise et la clarté.
Rothen pousse un coup de gueule : « Il avait l’occasion d’être classe »
Dans son émission Rothen s’enflamme, l’ancien ailier du PSG et de Monaco n’a pas mâché ses mots. « La classe ne s’achète pas… Il avait l’occasion d’être classe », a-t-il lancé, rappelant que quelques mois plus tôt, De Zerbi décrivait Rabiot comme « un joueur à l’éthique irréprochable, presque comme un fils ».
Ce virage à 180 degrés passe mal, et pas seulement chez les ex-Marseillais. Même dans les travées du Parc des Princes, certains observateurs ironiques ne manquent pas de souligner le contraste entre la gestion interne de l’OM et la stabilité apparente d’un Luis Enrique justement salué pour sa constance. En pleine course à la Ligue des champions, où l’OM reste en balance sur plusieurs fronts, cette affaire pourrait écorner l’image du club.
Quel impact sur la dynamique de l’OM en 2025-2026 ?
Cette polémique survient à un moment crucial de la saison. Marseille, engagé en quarts de finale de Ligue Europa 2026 et encore en lice pour accrocher le podium en Ligue 1, ne peut se permettre des brèches en interne. La perte de Rabiot, combinée à la gestion maladroite de son départ, pourrait fragiliser l’autorité de De Zerbi dans le vestiaire.
Le groupe marseillais, rajeuni avec la montée en puissance de joueurs comme Maël Durand ou Yassine Ben Slimane, semble tenir le choc sur le plan sportif. Mais cette instabilité managériale pose question. À plus long terme, cela interroge également la capacité de la direction olympienne à maintenir un cap clair et à soutenir son coach face à l’adversité.
Face à un PSG construit autour d’une direction cohérente et d’un projet clarifié — incarné par le duo Luis Campos/Kang-in Lee —, l’OM donne l’impression d’un club en quête de repères. Et à mesure qu’approchent les grandes échéances, chaque accroc peut s’avérer décisif dans la course aux places européennes.
En somme, au-delà du simple dossier Rabiot, cette affaire jette une lumière crue sur les enjeux de communication dans le football moderne. À ce niveau, la moindre erreur d’interprétation peut devenir une faille stratégique. Et De Zerbi, dont le crédit avait augmenté depuis son arrivée, voit aujourd’hui son image écornée. Réaction attendue, dès le prochain match contre Toulouse…