Euro 2028 : l’UEFA prépare une révolution des qualifications

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

À quelques mois du lancement des qualifications pour l’Euro 2028, l’UEFA prépare une réforme d’envergure qui pourrait bouleverser les équilibres du football européen. Aleksander Ceferin a récemment confirmé son intention de repenser le format actuel, qu’il juge trop prévisible et peu attractif. Le modèle de la Ligue des Nations semble de plus en plus s’imposer comme solution de remplacement. Une perspective prometteuse, mais pas sans conséquences, notamment pour des clubs comme l’OM, dont les internationaux pourraient être encore plus sollicités sur le calendrier déjà surchargé.

Vers une qualification plus compétitive ?

Actuellement, les qualifications pour l’Euro suivent un schéma classique : des groupes relativement homogènes, souvent dominés par les têtes de série. Ce format, bien que structurant, est critiqué pour son manque d’intensité et de spectacle. Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, a déclaré à plusieurs reprises son intérêt pour un modèle inspiré de la Ligue des Nations, avec davantage de confrontations entre équipes de niveau similaire.

Ce changement vise à rendre chaque match décisif, à augmenter l’intérêt téléspectateur et à réduire les écarts de niveau trop flagrants, qui minent parfois les phases de qualifications. Pour les diffuseurs et les sponsors, l’enjeu est clair : plus de matchs « à enjeux », plus d’audience.

Du côté des sélections, cette réforme pourrait forcer des choix plus stratégiques quant aux convocations. Pour les clubs, comme l’OM, c’est une pression supplémentaire. Les internationaux marseillais – on pense notamment aux joueurs sud-américains et africains – devront jongler avec des rassemblements plus fréquents et intenses. Et dans une saison 2025-2026 où Roberto De Zerbi a besoin de ses cadres à 100%, cela pourrait faire grincer quelques dents au centre RLD.

Calendrier infernal et conflit d’intérêts pour les clubs

Le véritable souci posé par cette réforme, c’est le calendrier. Avec une Ligue des Champions désormais élargie à 36 équipes, une Coupe du Monde 2026 à 48 nations, et la Conférence Ligue dans laquelle l’OM pourrait être engagé, les fenêtres FIFA sont déjà denses. Cette réforme risque d’empiler encore plus les rencontres internationales, au détriment de la récupération des joueurs.

Rappelons que l’OM a récemment vu plusieurs de ses joueurs se blesser lors de fenêtres internationales « classiques ». L’attaquant marocain Azzedine Ounahi ou encore le défenseur Renan Lodi ont payé le prix fort ces dernières saisons. Si les qualifications deviennent de véritables mini-tournois à haute intensité, le staff médical olympien devra redoubler de vigilance.

Et en filigrane, la lutte fratricide avec le PSG sur la scène nationale n’attend aucune faiblesse. Chaque point en Ligue 1 compte dans cette rivalité historique, et pour espérer revivre les soirées européennes en Ligue des Champions dès 2026, De Zerbi aura besoin de son effectif au complet, frais et compétitif. Une équation quasiment impossible à résoudre si l’UEFA impose une refonte « à la Ligue des Nations ».

Quand les supporters s’en mêlent

Moins visible mais tout aussi importante : la grogne des supporters. La polémique récente sur le prix des billets pour la Coupe du Monde 2026 (en hausse vertigineuse selon Onze Mondial) montre que le football populaire est à un tournant. Si les matches de qualifications deviennent des événements « premium », les tarifs risquent d’exclure encore plus les fidèles des stades, justement ceux qui font vibrer le Vélodrome et d’autres enceintes mythiques.

L’UEFA veut plus de spectacle. Mais à quel prix ? Augmenter la qualité perçue des matches internationaux ne doit pas faire oublier les réalités économiques et sportives des clubs et de leurs fidèles. Et pour un OM ambitieux, cette réforme pourrait bien ressembler à une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la saison 2025-2026.

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