L’Olympique de Marseille retrouve la compétition ce samedi soir avec un choc piégeux face au Havre au stade Vélodrome. Mais alors que les supporters attendaient de surfer sur la belle dynamique d’avant trêve, Roberto De Zerbi a décidé de bouleverser son onze de départ. Entre absents de poids, enchaînement de rencontres et nécessité de garder un effectif compétitif à long terme, le coach italien a choisi une stratégie radicale : rotation massive. Un choix fort qui pourrait redistribuer les cartes au sein d’un groupe en pleine confiance… et faire grincer quelques dents.
Une trêve malvenue qui casse l’élan phocéen
Avant la trêve internationale, l’OM semblait irrésistible : 5 victoires lors des 6 dernières rencontres toutes compétitions confondues, un pressing tout-terrain parfaitement huilé et un onze stable. Mais cette coupure internationale est tombée au pire moment pour De Zerbi. Plusieurs joueurs clés revenant tardivement de sélection, des cadres touchés physiquement, et un marathon de sept rencontres en vingt-et-un jours rendent la reprise particulièrement périlleuse.
Privé de Kondogbia (ischios), Traoré (mollet), Medina (entorse), et désormais d’Amine Gouiri (cuisse), Roberto De Zerbi est contraint de revoir sa copie. À cela s’ajoute l’impératif de gérer la fraîcheur physique à l’approche d’échéances capitales, notamment en Ligue Europa et en Ligue 1 où l’OM joue le podium face à des concurrents comme Monaco, Lille… et l’éternel rival, le PSG.
De Lange titulaire, les cadres reposés : une décision forte du coach italien
Selon La Provence, De Zerbi a tranché : Jeffrey De Lange, habituellement n°2 dans la hiérarchie des gardiens, débutera dans les cages. Geronimo Rulli, solide sur la première partie de saison, assistera depuis le banc, comme d’autres internationaux très sollicités tels que Balerdi, Murillo ou encore Timothy Weah. Une sorte de turnover XXL dicté par le calendrier démentiel à venir et entièrement assumé par le coach marseillais.
Toujours fidèle à sa philosophie du jeu total inspirée de ses expériences à Sassuolo et Brighton, De Zerbi souhaite maintenir une intensité maximale sans brûler ses hommes clés. Une gestion stratégique des effectifs qui contraste avec d’autres entraîneurs plus conservateurs… y compris du côté du PSG où Luis Enrique mise souvent sur un onze type peu modifié. Une divergence tactique qui pourrait compter dans la course au titre.
Une compo inédite et des automatismes à reconstruire
La composition probable de l’OM face au Havre a de quoi surprendre : De Lange – Pavard, Egan-Riley, Aguerd, Emerson – Hojbjerg, Vermeeren – Greenwood, Gomes, Paixao – Vaz. Une charnière inédite en défense, un milieu basé sur la récupération et la verticalité, et une attaque tournante où Luis Vaz, souvent joker, aura l’occasion de se montrer. En clair : une équipe B sur le papier, mais surmotivée.
« Il n’y a pas de matchs faciles. Chaque rencontre est une opportunité de prouver qu’on mérite de jouer », aurait rappelé De Zerbi lors d’une réunion à huis clos à La Commanderie, selon La Provence. En instaurant une mise au vert musclée, le Mister italien a insisté sur l’esprit collectif et l’humilité, conscient que tout excès de suffisance pourrait être fatal — comme l’a montré le naufrage parisien à Clermont la saison passée malgré un onze surnommé « galactique ».
Un risque calculé pour préserver les ambitions marseillaises
Ce match contre Le Havre ne doit pas être sous-estimé. L’équipe normande, solide défensivement et redoutable en contre, pourrait profiter des éventuels automatismes manquants côté OM. Mais De Zerbi assume sa prise de risque. Au fond, il prépare déjà les futures batailles européennes et les chocs décisifs à venir, notamment le déplacement à Lyon et la réception de Lille.
Si ce pari osé s’avère payant, il pourrait bien renforcer l’autorité du technicien italien dans un vestiaire acquis à sa cause. En revanche, en cas de contre-performance… les critiques risquent de pleuvoir — et pas que depuis le Virage Sud. Le PSG, de son côté, reste aux aguets. Chaque faux pas de l’OM est scruté et pourrait profiter à Paris dans une Ligue 1 plus serrée que jamais.
En somme, la réception du Havre sera bien plus qu’un match de reprise : c’est un test grandeur nature pour un OM version De Zerbi… prêt à défier les lois de la logique pour durer au sommet.