Il y a des scénarios qu’on peine à croire, même sur la scène européenne. Ce mardi soir, à l’Estádio José Alvalade, l’Olympique de Marseille affrontait le Sporting Portugal lors de la 3e journée de la Ligue des Champions 2025-2026. Alors que les Phocéens avaient parfaitement entamé la rencontre, un fait de jeu majeur est venu tout bouleverser : l’expulsion pour simulation de l’arrière gauche Emerson. Un tournant qui relance le match – et interroge profondément sur la gestion mentale et tactique des Marseillais dans ces grandes affiches.
Une première période maîtrisée… jusqu’au drame
Dès l’entame, l’OM a affiché ses ambitions. Solides, haut placés, les hommes de Roberto De Zerbi ont rapidement pris le contrôle des opérations. Une domination concrétisée par une superbe ouverture du score signée Igor Paixão. Recruté cet été pour muscler les couloirs offensifs, le Brésilien justifie déjà son statut de recrue phare avec un enchaînement contrôle-frappe du gauche imparable, dès la 14e minute.
Le Sporting, pris de vitesse, n’a que rarement eu l’occasion de s’approcher de la surface marseillaise. Et juste avant la pause, le tournant. Sur une incursion de l’Italo-brésilien Emerson côté gauche, un contact suspect semble entraîner le latéral des Bleus au sol. L’arbitre n’hésite pas une seconde et désigne le point de penalty. Explosion de joie côté marseillais, mais rapidement interrompue.
Alerté par la VAR, le directeur de jeu revoit les images et inverse sa décision. Emerson, déjà averti plus tôt dans le match, écope d’un second carton jaune pour simulation, synonyme d’expulsion. En une minute, l’OM perd un penalty, un joueur, et sa dynamique.
Une gestion mentale en question pour l’OM
Ce fait de jeu cristallise plusieurs problématiques récurrentes à Marseille cette saison. Si l’état d’esprit collectif est salué depuis l’arrivée de Roberto De Zerbi, la discipline individuelle reste un talon d’Achille. Emerson, recruté cet été en provenance de Chelsea, n’en est pas à sa première incartade : déjà averti en Ligue 1 contre Rennes et Nice, sa nervosité se ressent sur les grands matchs à enjeu.
Difficile de ne pas dresser le parallèle avec le PSG, principal rival de l’OM, qui a récemment mis en place une cellule psychologique pour renforcer la gestion émotionnelle de ses cadres dans les gros matchs européens. Face à ce genre de mésaventure, les Marseillais accusent un retard structurel évident sur leur ennemi juré. Et dans une poule très relevée (aux côtés de Dortmund et Galatasaray), chaque point compte.
L’expulsion d’Emerson redistribue les cartes dans le match, mais laisse entrevoir aussi un enjeu de fond : la capacité de l’OM à rester lucide sous pression. Avec cet incident, c’est non seulement ce match à Lisbonne qui est compromis, mais aussi potentiellement la suite de leur parcours européen. Car jouer à dix pendant toute une mi-temps à l’extérieur en Ligue des Champions n’a rien d’anodin.
Et maintenant ? Conséquences pour la suite
Le coach De Zerbi va devoir trouver des solutions rapidement. Sanctionné automatiquement, Emerson manquera le match retour contre le Sporting au Vélodrome – un match qui pourrait s’avérer décisif pour la qualification en huitièmes. Face à cette absence, les regards se tournent vers Ulisses Garcia, le piston suisse, ou encore vers le jeune Ayoub Amraoui, en quête de temps de jeu depuis ses débuts professionnels.
À l’échelle collective, ce type de désillusion rappelle aux supporters marseillais les fantômes du passé, lorsque des décisions maladroites venaient entacher leurs chances sur la scène européenne. Pourtant, l’OM version 2025-2026 semblait plus serein, mieux coaché, plus ambitieux. Il faudra prouver dès la prochaine journée que ce faux pas n’était qu’un accident et non le symptôme d’un mal plus profond.
Une chose est sûre : le PSG et ses supporters observeront avec attention la suite du parcours marseillais. Moins pour les encourager que pour alimenter une rivalité qui, même à distance, n’a rien perdu de son intensité.