La claque est brutale pour l’Olympique de Marseille. Une semaine après avoir régalé le public du Vélodrome avec une démonstration offensive contre Le Havre (6-2), les hommes de Roberto De Zerbi viennent d’enchaîner deux défaites consécutives dans des rencontres clés : face au Sporting Portugal en Ligue des Champions (2-1), puis contre le RC Lens en Ligue 1 (2-1). Au-delà du revers comptable, c’est la dynamique du groupe qui interroge… et c’est là que Medhi Benatia entre en scène.
Benatia en mode pompier : entre lucidité et volonté de rassurer
En coulisses à Bollaert, le directeur sportif olympien Medhi Benatia a tenu à apaiser les tensions. Officiellement en poste depuis novembre 2023, le Marocain n’a pas tremblé malgré la pression grandissante autour de l’OM. Interviewé en zone mixte (source : Onze Mondial), il a d’abord insisté sur la qualité du jeu proposé : “Quand tu perds en jouant de la sorte, cela laisse présager des jours meilleurs.”
Un discours positif, mais non déconnecté de la réalité. Benatia reconnaît la frustration qui ronge les joueurs et évoque une équipe fatiguée par l’enchaînement des matchs, notamment en Ligue des Champions — une compétition dans laquelle l’OM joue gros cette saison. Les phases de poules ne pardonnent aucun relâchement, comme le PSG peut également en témoigner dans son groupe relevé cette saison 2025-2026.
Une crise passagère ou révélatrice de failles plus profondes ?
Avec cette défaite contre Lens, concurrent direct dans la course à l’Europe, les Marseillais perdent bien plus que trois points. Ils cèdent leur fauteuil de leader de Ligue 1 au Paris Saint-Germain, relançant une rivalité toujours brûlante. Côté parisien, on se frotte les mains : voir l’OM trébucher reste un plaisir certain pour les supporters rouges et bleus, surtout après un mercato estival où l’OM avait affiché ses ambitions claires avec les arrivées de Pavard, Paixao, Aguerd ou encore Vermeeren.
Pourtant, Benatia reste confiant quant à leurs apports : “Le niveau s’est élevé, il y a plus de personnalité. Dans le jeu aussi.” Ces recrues ont montré de belles choses mais peinent pour l’instant à offrir la régularité attendue. De Zerbi, lui, semblait sonné après cette deuxième désillusion en quelques jours (source : Onze Mondial), sans doute inquiet par le manque de réalisme offensif et de tranchant dans les derniers mètres. Une constante que l’on retrouve dans les statistiques : 9 tirs cadrés mais un seul but face à Lens, malgré une domination stérile en première mi-temps.
Un calendrier sous haute tension : De Zerbi déjà dans le dur ?
Le timing de cette mini-crise tombe très mal pour l’OM. Dans les prochaines semaines, le club affrontera à la fois un PSG toujours affûté, Monaco, et poursuivra sa campagne en Ligue des Champions. La gestion mentale du groupe devient centrale. Et là encore, Benatia veut se poser en garant de la stabilité : “Ce soir, j’ai vu les vingt premières minutes les plus belles depuis que je suis au club.”
Un optimisme nécessaire, mais qui ne doit pas masqué l’urgence : l’OM doit rapidement retrouver son efficacité et sa constance pour éviter un début d’emballement médiatique – surtout dans une saison où les attentes sont énormes. Rappelons que le président Longoria vise un retour au sommet domestique et une place significative en C1, loin de la désillusion de 2023-2024.
OM – PSG : un Classique sous tension en ligne de mire
Avec le Paris Saint-Germain reprenant provisoirement les commandes du championnat, la pression monte d’un cran avant le prochain Classique. Pour les observateurs, ce duel promet d’être électrique, le PSG étant revanchard après la courte défaite de l’an dernier au Vélodrome (1-0). Les Marseillais, eux, devront faire bloc et espérer que leurs leaders techniques (Aubameyang, Vermeeren, Pavard) répondent présents sur le terrain… et pas seulement dans les analyses d’après-match.
Benatia a peut-être tenté d’éteindre l’incendie à Lens, mais le feu couve toujours. Et c’est sur le rectangle vert, bien plus que dans les couloirs, que l’OM devra prouver qu’il est armé pour rester au contact du PSG. Le mois de novembre pourrait bien définir l’avenir européen et national de Marseille cette saison.