La ville de Marseille est à nouveau plongée dans le deuil après l’assassinat tragique de Mehdi Kessaci, un jeune Marseillais de 20 ans, victime d’une fusillade en plein jour dans le 4e arrondissement. Si ce drame dépasse largement le cadre du football, il a aussi profondément secoué le vestiaire de l’Olympique de Marseille. Geoffrey Kondogbia et Roberto De Zerbi ont tenu à réagir en conférence de presse, évoquant avec sincérité la portée humaine et sociale de cet événement tragique.
L’OM touché en plein cœur : un club au contact de la réalité marseillaise
Geoffrey Kondogbia, habitué aux joutes rudes de la Ligue 1 et des scènes européennes, a affiché un visage fermé et une voix mesurée au moment d’aborder ce sujet lors de la conférence de presse d’avant-match. Le milieu de terrain a insisté sur la nécessaire pudeur face à un drame de cette ampleur : « On reste touchés par ce genre d’événements. C’est dans une ville où on vit quotidiennement », a-t-il souligné (source : Onze Mondial).
Ce témoignage illustre l’impact du drame bien au-delà des murs du club. À Marseille, le club phocéen est bien plus qu’une institution sportive : c’est un repère identitaire. Et quand la violence frappe l’un des siens, les joueurs, souvent impliqués dans des causes sociales, ne peuvent rester indifférents. À l’image de Kondogbia, plusieurs cadres du club s’investissent régulièrement dans des actions de proximité, conscients que l’ancrage local est une part essentielle de l’ADN olympien.
Dans un contexte tendu où la jeunesse marseillaise semble parfois être livrée à elle-même entre espoir et fatalité, le message du vestiaire de l’OM fait écho à une réalité sociale qui ne peut être ignorée. En ce sens, la parole de Kondogbia sonne juste : un appel à la conscience collective, et peut-être aussi une reconnaissance du rôle que le club peut jouer en dehors des terrains.
Roberto De Zerbi : entre empathie et responsabilité sociale
Encore récent dans son poste d’entraîneur principal de l’OM, Roberto De Zerbi n’a pas tardé à saisir la complexité du tissu marseillais. Interrogé à son tour sur ce tragique événement, l’ancien coach de Brighton a confié une tristesse palpable : « Je viens d’une ville où il y a eu des épisodes similaires, ça laisse sans voix » (source : Onze Mondial).
Son propos va plus loin qu’une simple déclaration de compassion. De Zerbi perçoit son rôle bien au-delà du rectangle vert. Il voit l’OM comme une institution capable d’apporter un souffle d’optimisme dans une ville qui a trop souvent été le théâtre de violences urbaines : « Le foot ici a une portée encore plus forte. Le match ne dure pas 90 minutes mais une semaine », a-t-il ajouté.
Cette lucidité marque une différence notable avec le ton plus distant tenu par certains entraîneurs étrangers par le passé. En acceptant de s’exprimer publiquement malgré la douleur collective, De Zerbi envoie un message fort : celui d’un technicien impliqué et attentif à l’environnement social de sa formation. Et cela peut aussi constituer un véritable levier de cohésion pour son équipe, engagée dans une saison 2025-2026 déjà pleine de défis, notamment en Ligue Europa et dans la lutte pour le podium qui l’oppose, une fois encore, au PSG.
Et maintenant ? Le poids d’un club dans une ville meurtrie
Alors que l’OM bataille sur tous les fronts cette saison (Ligue 1, Ligue Europa et Coupe de France), ce drame vient rappeler que la mission d’un club va bien au-delà des statistiques et des performances. Dans un contexte où le PSG est souvent perçu comme une entité plus froide, tournée vers l’international, Marseille assume une posture plus viscérale, presque organique avec sa ville.
Ces dernières déclarations montrent également que le staff marseillais prend conscience du rôle éducatif et social du football dans les quartiers populaires. La guerre des titres face au PSG se joue certes sur le terrain, mais l’influence réelle d’un club se mesure aussi dans sa capacité à faire rayonner des valeurs positives face aux fractures sociales.
Le meurtre de Mehdi Kessaci glace les cœurs, mais la prise de parole de figures aussi importantes que Kondogbia et De Zerbi peut susciter un sursaut. C’est aussi dans ces moments sombres que se révèle la véritable grandeur d’un club comme l’OM : en assumant son rôle social, il donne à ses victoires – présentes et futures – une signification bien plus forte.