Alors que la saison 2025-2026 bat son plein, une statistique à peine croyable continue de hanter les supporters de l’Olympique de Marseille : le meilleur buteur de l’OM face au PSG depuis 2018… est un joueur contre son camp. Oui, vous avez bien lu. Depuis sept ans, aucun joueur marseillais n’a inscrit plus d’un but contre le Paris Saint-Germain en match officiel. En revanche, les buts contre leur camp (CSC) cumulés atteignent deux réalisations, plaçant ainsi cette catégorie insolite en tête du classement des buteurs olympiens face à l’éternel rival.
Un symbole de la domination parisienne dans les Classiques
Le chiffre fait sourire les supporters parisiens, mais il traduit surtout une réalité cruelle pour l’OM : malgré les nombreux talents qui se sont succédé sous le maillot marseillais depuis 2018, aucun n’a su s’imposer comme un véritable facteur décisif dans les Classiques. Ni Alexis Sánchez, ni Arek Milik, ni même Vitinha ou Aubameyang n’ont trouvé à plusieurs reprises le chemin des filets face aux Rouge-et-Bleu. Dans une rivalité aussi intense que celle du Classique OM – PSG, cela interroge.
Cette statistique est également révélatrice du déséquilibre sur le plan tactique et mental entre les deux clubs depuis quelques saisons. Le PSG domine la Ligue 1 et l’Europe avec une constance impitoyable, pendant que l’OM peine à trouver la recette miracle pour battre Paris, notamment à cause d’un manque criant de réalisme offensif dans les matchs à haute intensité.
Le cas Pacho : confirmation de cette improbable tendance
Le dernier exemple en date ne fait que renforcer cette anomalie. Lors du Trophée des Champions 2026 disputé à Koweït City, c’est le défenseur Jackson Pacho qui a relancé la statistique. Sur un centre de Bertrand Traoré à la 87e minute, Pacho, mal aligné, propulse involontairement le ballon dans ses propres filets. Un but qui donne temporairement l’avantage au PSG et vient s’ajouter à la longue liste des moments frustrants vécus par les Phocéens dans cette confrontation maudite.
Et pourtant, le reste du match avait tout d’un petit exploit marseillais. L’OM a montré du caractère, égalisant à la 95e grâce à Gonçalo Ramos sur penalty, transformé de sang-froid par Greenwood. Mais c’était sans compter sur un Lucas Chevalier en état de grâce pendant la séance de tirs au but. Le gardien parisien, récemment transféré de Lille, a écœuré les tireurs marseillais (4-1), réaffirmant que, même quand l’OM semble proche de faire tomber Paris, quelque chose – le destin, leur propre maladresse, ou un CSC – finit toujours par s’interposer.
Un enjeu tactique majeur pour Gattuso cette saison
Pour Gennaro Gattuso, nommé entraîneur de l’OM en début de saison 2025-2026, cette spirale négative dans les Classiques est un défi qu’il doit impérativement renverser s’il veut gagner en crédit auprès des supporters et du board phocéen. Le coach italien, réputé pour son exigence défensive et sa hargne sur le bord du terrain, a intérêt à trouver rapidement des solutions offensives pérennes face à l’armada parisienne. Car si les Marseillais veulent exister dans la course au podium en Ligue 1 et avancer en Ligue Europa, ils devront apprendre à capitaliser sur leurs moments forts, plutôt que de compter involontairement sur leurs propres erreurs pour alimenter le score.
Jusqu’à quand les « CSC » resteront-ils la meilleure arme offensive de l’OM face au PSG ? Derrière l’ironie du chiffre se cache un vrai enjeu : affirmer à nouveau l’OM comme un rival crédible aux yeux de l’élite nationale et européenne. Et pour cela, il faudra commencer par faire trembler les filets… mais du bon côté.