Invitée dans l’émission Complément d’Enquête, Véronique Rabiot a rapidement fait parler d’elle. La mère du milieu de terrain de l’équipe de France Adrien Rabiot – ex-joueur du PSG – a exprimé sa colère suite à une comparaison jugée déplacée entre son fils et Mathieu Valbuena. Une séquence qui révèle non seulement les tensions persistantes autour de l’image de Rabiot, mais interroge aussi sur les rapports entre supporters, médias et joueurs professionnels.
Une interview qui vire à l’affrontement verbal
Diffusée jeudi soir sur France 2, l’émission Complément d’Enquête consacrée à Nasser Al-Khelaïfi a permis de recueillir plusieurs témoignages, dont celui de Véronique Rabiot. La mère d’Adrien Rabiot est connue pour son franc-parler et sa gestion très directe de la carrière de son fils. Mais c’est un parallèle établi entre l’attitude des supporters marseillais envers Mathieu Valbuena et les récentes critiques à l’égard d’Adrien Rabiot et de sa mère, qui a mis le feu aux poudres.
Le journaliste Tristan Waleckx a évoqué l’épisode survenu en 2015, lorsque des supporters de l’Olympique de Marseille avaient pendu une marionnette à l’image de Valbuena en tribunes, à la suite de son départ pour l’OL. Un fait choquant, largement commenté à l’époque par les instances du football français.
Interrogée sur ce précédent, Véronique Rabiot a interrompu sèchement le journaliste, jugeant la comparaison inappropriée. « Ah ouais, non mais là vous exagérez… Non, je ne peux pas répondre à ça », a-t-elle réagi, visiblement irritée. Elle a poursuivi en déclarant : « Vous ne pouvez pas me mettre en difficulté comme ça vis-à-vis de l’OM, enfin quand même ! ». Une réaction nourrie à la fois par la volonté de protéger son fils, aujourd’hui joueur à la Juventus – et non à l’OM comme mentionné à tort dans la source – et par un sentiment d’injustice persistant vis-à-vis des attaques subies.
Le malaise grandissant entre Rabiot et le Parc des Princes
Si Véronique Rabiot a refusé le parallèle avec Valbuena, c’est aussi parce qu’il cache une tension bien plus profonde avec le PSG et ses supporters. Depuis le départ mouvementé d’Adrien Rabiot en 2019, la fracture ne cesse de se creuser. Entre conflits contractuels, refus de prolongation et épisodes tumultueux en équipe de France, l’image du milieu formé au PSG s’est passablement ternie dans la capitale.
Lors de l’interview, la mère du joueur pointe plus globalement les attaques ciblées venues du Parc des Princes : « on ne cible pas deux personnes », affirme-t-elle pour dénoncer les banderoles virulentes et insultes reçues par elle et son fils. Une mise en accusation explicite des méthodes employées par une frange du public parisien, le Collectif Ultras Paris en tête. Cette hostilité montre combien certains anciens du club, même s’ils ont grandi au Camp des Loges, peuvent devenir persona non grata aux yeux de supporters déçus ou trahis.
Sur le plan symbolique, cette rupture traduit aussi une évolution dans le rapport à l’institution PSG. Autrefois fleuron du centre de formation parisien, Rabiot a vu son image s’effacer derrière d’autres figures plus consensuelles. Et ce désamour contraste fortement avec sa régularité en sélection sous Didier Deschamps ou ses performances à la Juventus, où il s’est imposé comme un élément clé du milieu turinois.
Un épisode symptomatique de la relation presse-joueurs en France
Au-delà du coup d’éclat de Véronique Rabiot, l’affaire révèle aussi le flou autour de la posture médiatique à adopter : jusqu’où peut-on questionner des personnalités à forte exposition sans tomber dans la provocation ? Le parallèle établi par le journaliste de France 2, s’il ne se voulait sans doute pas malveillant, a touché une corde sensible et cristallisé un malaise bien plus large entre la famille Rabiot, les supporters et les médias.
Pour le PSG, cet épisode illustre également combien ses anciens joueurs peuvent porter encore un poids symbolique important dans l’espace public. Que ce soit Rabiot, Pastore ou même Ben Arfa, la gestion de l’après-PSG reste souvent conflictuelle, voire orageuse. Une fois partis, les joueurs continuent à incarner les échecs, les espoirs déçus ou les fractures internes du club.
En attendant, cette sortie médiatique offre un éclairage nouveau sur la pression que subissent certains joueurs et leur entourage – pression parfois accentuée par les réseaux sociaux et la culture de l’indignation instantanée. Dans un championnat comme la Ligue 1, où le football est aussi politique qu’émotionnel, chaque mot compte. Et Véronique Rabiot vient, une nouvelle fois, de nous le rappeler de manière frontale.