Le début de la saison 2025-2026 s’annonce houleux pour l’équipe féminine de l’Olympique de Marseille. Entre incidents sur le terrain, vestiaire en ébullition et entraîneur limogé, les Olympiennes traversent une tempête interne à quelques jours d’affronter l’OL, champion en titre. Retour sur une préparation estivale mouvementée.
Une bagarre générale en match amical met le feu aux poudres
Lors de leur stage de préparation en Espagne, les joueuses de l’OM affrontaient le Club Esportiu Europa (D2 espagnole) dans ce qui devait être une rencontre de rodage. Mais au lieu d’un test tactique, c’est une bagarre générale qui a éclaté après une altercation sur le terrain. Une joueuse marseillaise au sol, un staff qui réagit de manière virulente, et la situation dégénère. Selon un proche du club, rapporté par L’Équipe, « tout le staff est arrivé, cela a fini en bagarre générale alors que c’était un match amical ».
Ce moment de chaos a durablement marqué les esprits et fragilisé encore davantage un groupe déjà sous tension en interne. L’épisode est symptomatique d’un climat délétère qui couvait depuis plusieurs semaines.
Une recrue d’expérience claque la porte après dix jours
Maria Thorisdottir, robuste défenseure centrale norvégienne, arrivée cet été en provenance de Manchester United, n’a pas attendu plus de dix jours pour faire ses valises. Choquée par la scène vécue en Espagne, celle qui avait été recrutée pour apporter de l’expérience au sein de la défense a décidé de rentrer en Norvège. Toujours sous contrat avec le club, elle ne s’est plus présentée à l’entraînement depuis.
Selon La Provence, les dirigeants de l’OM tentent de calmer le jeu pour la convaincre de revenir à Marseille, en vain pour l’instant. Une source interne aurait confié : « Elle a paniqué, elle s’est dit qu’elle ne pouvait pas rester à Marseille. » Un véritable fiasco pour le recrutement marseillais et un sérieux coup dur à dix jours du début de la D1 Arkema, avec un match XXL à venir face à l’OL.
Le coach Frédéric Gonçalves limogé : « Ce n’est pas Mourinho… »
La tension était palpable depuis plusieurs mois autour de Frédéric Gonçalves. En poste depuis cinq ans, et artisan de la montée du club en D1 l’an passé, le coach n’a visiblement pas réussi à canaliser son groupe cette intersaison. Des témoignages recueillis par L’Équipe évoquent un management autoritaire mal perçu par les joueuses. L’une des sources du vestiaire déclare : « Il a dit à toutes les joueuses qu’elles repartaient de zéro, qu’il ne savait pas sur qui il allait compter. Il a fait du management à la Mourinho, sauf que ce n’est pas Mourinho… »
Des propos révélateurs d’un profond malaise et d’une perte de confiance irréversible. L’OM a tranché et officialisé son départ. C’est Dalin Anrifani, ancien adjoint, qui assurera l’intérim lors du choc contre l’OL le 7 septembre.
Quel impact sur la saison 2025-2026 de l’OM féminines ?
Le club olympien entame sa première saison complète en D1 féminine après sa remontée, avec des objectifs élevés mais une base instable. La perte de contrôle de Gonçalves, l’épisode Thorisdottir et les tensions internes fragilisent une escouade qui devra affronter l’ogre lyonnais d’entrée. À l’instar de l’équipe masculine, qui vit également des remous internes après les tensions entre Rabiot et Rowe, la section féminine semble s’enfoncer dans la même tourmente structurelle.
Face à une D1 toujours plus compétitive, où Lyon et le PSG imposent leur domination année après année, l’OM ne peut se permettre de faux pas. La stabilité intérieure est un prérequis pour exister au plus haut niveau. À défaut, le club phocéen pourrait revivre une saison douloureuse et compromettre son projet de reconquête nationale.
Dans ce contexte, les parallèles avec le PSG féminin sont intéressants : face à un Marseille fragile, Paris pourrait en profiter pour conforter sa deuxième place nationale derrière Lyon, tout en observant avec distance une rivalité OM-PSG féminine qui peine à s’installer sportivement. Reste à savoir si les Olympiennes parviendront à se relever rapidement de ce chaos interne.